LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2201483

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2201483

mardi 9 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2201483
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantBENTAHAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2022, M. B F, représenté par Me Bentahar, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

- la procédure est irrégulière dès lors qu'il n'a pas été destinataire d'un avis d'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle conformément à l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ; il n'a, de ce fait, pas davantage reçu l'information, que cet avis doit contenir, quant à la faculté de consultation de la charte des droits et obligations du contribuable ni, de la même façon, la demande de l'administration de production de relevés de compte ;

- cette procédure est également irrégulière au regard de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales, dès lors que sa durée ne peut être calculée dans la mesure où il n'a pas été destinataire de l'avis d'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle ;

- il n'a pas été informé de manière suffisamment précise, avant la proposition de rectification, de l'origine et de la teneur des renseignements recueillis dans l'exercice du droit de communication et utilisés pour établir les bases d'imposition, en méconnaissance de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ;

- la proposition de rectification n'est pas suffisamment motivée en ce qui concerne les crédits bancaires imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers ;

- sa demande tendant au bénéfice du sursis de paiement en application de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales est demeurée sans réponse ;

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

- parmi les sommes taxées d'office au titre des revenus d'origine indéterminée, 48 900 euros correspondent à une créance en date du 15 juin 2018 détenue sur la société Centre Auto Preneuse et 71 500 euros constituent des avances en compte courant à cette même société ; d'autres sommes ont été avancés à la société et ont fait l'objet de remboursement en 2016 et 2017 ; il ne pouvait ainsi être imposé dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée à concurrence de l'ensemble de ces sommes ;

- les rectifications relatives aux prélèvements sociaux sont contestées.

En ce qui concerne les pénalités :

- les pénalités et majorations sont irrégulières dès lors qu'il ne peut être vérifié si la proposition de rectification a été visée par un inspecteur principal ou divisionnaire conformément aux articles L 80 E et R 80 E-1 du livre des procédures fiscales ;

- les majorations pour manquement délibéré sont insuffisamment motivées et ne sont pas justifiées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par M. F ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 2 mai 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le décret n° 2010-986 du 26 août 2010 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ghiandoni,

- et les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique,

Considérant ce qui suit :

1. M. F, qui était le dirigeant et associé unique de l'EURL Centre Auto Freneuse dont l'activité est la pose de pare-brise sous l'enseigne " Rapid Auto Services ", crée en décembre 2015 et placée en liquidation judiciaire le 29 mai 2018, a fait l'objet d'un examen contradictoire de situation fiscale personnelle portant sur les années 2016 et 2017. Par une proposition de rectification du 13 décembre 2019, l'administration fiscale a notifié à M. F, d'une part, des rectifications portant sur les revenus de capitaux mobiliers à hauteur de 61 094 euros pour l'année 2016 et 38 786 euros pour l'année 2017 imposés selon la procédure de rectification contradictoire prévue aux articles L. 55 à L. 61 du livre des procédures fiscales et, d'autre part, des rectifications portant sur des revenus d'origine indéterminée d'un montant de 113 230 euros pour l'année 2016 et 92 408 euros pour l'année 2017 imposés selon la procédure de taxation d'office prévue aux articles L. 16 et L. 69 du même livre. M. F a présenté des observations en réponse à cette proposition de rectification le 14 février 2020. Les rectifications ont toutefois été intégralement maintenues par une réponse aux observations du contribuable du 18 juin 2020 et mises en recouvrement le 31 octobre 2020. Par la requête visée ci-dessus, M. F doit être regardé comme sollicitant la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017.

Sur les conclusions tendant à la décharge des impositions litigieuses :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité / () L'avis informe le contribuable que la charte des droits et obligations du contribuable vérifié peut être consultée sur le site internet de l'administration fiscale ou lui être remise sur simple demande. / L'avis envoyé ou remis au contribuable avant l'engagement d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle peut comporter une demande des relevés de compte. / () ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'avis de vérification doit être notifié au contribuable. En cas de contestation sur l'existence d'une telle notification, il incombe à l'administration fiscale d'établir que celle-ci a été régulièrement adressée au contribuable et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.

4. Il résulte de l'instruction, d'une part, que le pli recommandé contenant l'avis de vérification daté du 8 février 2019, expédié à l'adresse exacte de M. F, a été retourné à l'administration, accompagné d'un avis de réception comportant la date à laquelle ce pli a été présenté et avisé, soit le 12 février 2019. En outre, l'enveloppe de ce pli recommandé est revêtue d'une étiquette sur laquelle la case " non réclamé ", correspondant au motif de non-distribution, est cochée. Compte tenu de ces mentions précises, claires et concordantes, l'avis de vérification doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié au requérant. D'autre part, cet avis comportait à la fois l'information quant à la faculté du contribuable d'être assisté du conseil de son choix et de consulter la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ou de la recevoir sur simple demande ainsi que la demande de production de leurs relevés de comptes de toute nature. Par suite, le moyen invoqué tiré de la méconnaissance de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales précité manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes du troisième alinéa de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales : " Sous peine de nullité de l'imposition, un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle ne peut s'étendre sur une période supérieure à un an à compter de la réception de l'avis de vérification ". Le délai maximum d'un an, calculé de quantième à quantième, a pour point de départ la date de réception ou de remise au contribuable de l'avis d'examen de situation fiscale personnelle et pour point d'arrivée la date d'envoi de la proposition de rectification qui, clôture la procédure de contrôle.

6. Ainsi qu'il a été exposé au point 4 du présent jugement, M. F doit être regardé comme ayant été régulièrement avisé de l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle dont il a fait l'objet le 12 février 2019. Il résulte par ailleurs de l'instruction que la proposition de rectification consécutive à ce contrôle, en date du 13 décembre 2019, a été adressée au requérant par lettre recommandée avec accusé réception présentée le 14 décembre 2019 et que l'intéressé a retirée le 17 décembre 2019. Dès lors, il est établi que le contrôle fiscal dont M. F a fait l'objet a duré moins d'un an et ce dernier n'est ainsi pas fondé à se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions du troisième alinéa de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales précité.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 57-1 du livre des procédures fiscales : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée () ". Il résulte de ces dispositions et de celles de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile.

8. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 13 décembre 2019 mentionne les impôts concernés, en l'occurrence l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, la période d'imposition qu'elle vise, à savoir les années 2016 et 2017, ainsi que les conséquences financières du contrôle. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, cette proposition comporte en page 9 le détail de l'imposition, sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du livres des procédures fiscales, d'une somme globale de 61 093 euros pour l'année 2016, détaillée en annexe 3 à la proposition de rectification et d'une somme de 38 786 euros pour l'année 2017, détaillée en annexe 4 à la proposition de rectification et constituant une partie du chiffre d'affaires de l'EURL Centre Auto Freneuse dont M. F était dirigeant et associé unique. Dans ces conditions, la proposition de rectification du 13 décembre 2019 comporte les éléments de droit et de fait permettant au requérant de présenter utilement ses observations. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des documents et renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressé d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Lorsque le contribuable lui en fait la demande, l'administration est, en principe, tenue de lui communiquer, alors même qu'il en aurait eu connaissance, les renseignements, documents ou copies de documents obtenus auprès de tiers qui lui sont opposés, afin de lui permettre d'en vérifier l'authenticité ou d'en discuter la teneur ou la portée. Il en va autrement s'agissant des documents et renseignements qui, à la date de la demande de communication, sont directement et effectivement accessibles au contribuable dans les mêmes conditions qu'à l'administration. Dans cette dernière hypothèse, si le contribuable établit qu'il ne peut avoir effectivement accès aux mêmes documents et renseignements que ceux détenus par l'administration, celle-ci est alors tenue de les lui communiquer.

10. D'une part, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 13 décembre 2019, dont le requérant a accusé réception le 17 décembre suivant, précise la liste des comptes bancaires du requérant obtenus par la vérificatrice dans le cadre du droit de communication qu'elle a exercé et sur lesquels elle s'est fondée pour établir les impositions en litige. D'autre part, il résulte également de l'instruction que la vérificatrice a communiqué à M. F l'ensemble de ces comptes bancaires par un courriel du 4 septembre 2020 auquel le requérant a répondu le même jour. Ainsi, l'administration fiscale s'est acquittée de l'ensemble de ses obligations prévues par l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales avant la mise en recouvrement des impositions en litige et M. F n'est dès lors pas fondé à se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions.

11. En dernier lieu, la circonstance que M. F ait, notamment lors de sa réclamation préalable, formulé une demande de sursis de paiement à laquelle il n'a pas été répondu est sans incidence sur la régularité des impositions mises à sa charge.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions litigieuses :

12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".

13. Il résulte de l'instruction que l'administration a eu recours à la procédure de taxation d'office prévue par les dispositions de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales pour réintégrer, dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, des revenus imposables de M. F, dont le montant s'élève à 113 230 euros pour l'année 2016 et 92 408 euros pour l'année 2017. Le requérant supporte la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions supplémentaires restant à sa charge à raison de ces rectifications, en application des dispositions de l'article L. 193 précitées.

14. D'une part, pour démontrer qu'au titre des sommes taxées dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, la somme de 48 900 euros correspondrait à une créance détenue sur l'EURL Auto Freneuse, dont M. F était le gérant et unique associé, ce dernier se borne à produire une déclaration de créances de cette société en date du 16 juin 2018 qui ne saurait suffire, à elle seule, à démontrer la réalité de la créance en cause. D'autre part, si le requérant soutient qu'il détenait des avances en compte courant d'associé auprès de l'EURL Centre Auto Freneuse à concurrence de 71 500 euros, correspondant à un droit de bail d'un montant de 40 000 euros, la franchise Rapid Service d'un montant de 4 000 euros, le stock de pare-brise d'un montant de 25 000 euros et, enfin, des fournitures et matériels de bureau pour un montant de 2 500 euros, il ne produit notamment pas le compte courant d'associé attestant des inscriptions et ne démontre ainsi pas la réalité de ces avances par la seule production d'un document intitulé " reprise d'acte " en date du 28 janvier 2015, qu'il a lui-même établi. Enfin, si le requérant soutient que certaines sommes, dont le montant n'est pas précisé, qui ont été regardées comme des revenus d'origine indéterminée à l'issue du contrôle en litige, constituent des remboursements d'avance consenties à l'EURL Centre Auto Freneuse, il n'apporte aucune précision, ni aucun commencement de preuve à cet égard. Dès lors, M. F n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a qualifié de revenus d'origine indéterminée les sommes de 113 230 euros et de 92 408 euros encaissées sur ses comptes bancaires en 2016 et 2017 et les a imposés dans cette catégorie.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () ; / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / () ".

16. Il résulte de l'instruction qu'au cours du contrôle en litige, la vérificatrice a constaté que de nombreuses sommes inscrites sur les relevés bancaires du requérant, d'un montant global de 61 093 euros pour 2016 et 38 786 euros pour 2017, provenaient de la société Centre Auto Freneuse. En outre, en réponse aux demandes adressées aux émetteurs des chèques dont elle a obtenu la copie, plusieurs personnes ont indiqué qu'ils correspondaient au paiement de prestations en lien avec l'activité de cette société. M. F n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les constats ainsi opérés par la vérificatrice, c'est dès lors à bon droit que l'administration a regardé ces sommes comme des revenus distribués, et les a imposées entre ses mains dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement des dispositions du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts précitées.

17. En troisième et dernier lieu, en se bornant à soutenir que les cotisations et prélèvements sociaux sont contestés, le requérant n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il doit être écarté.

En ce qui concerne les pénalités :

18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. / Les sanctions fiscales ne peuvent être prononcées avant l'expiration d'un délai de trente jours à compter de la notification du document par lequel l'administration a fait connaître au contribuable ou redevable concerné la sanction qu'elle se propose d'appliquer, les motifs de celle-ci et la possibilité dont dispose l'intéressé de présenter dans ce délai ses observations ". Il résulte de ces dispositions que l'administration a l'obligation, au moins trente jours avant la mise en recouvrement de pénalités visées par le second alinéa de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales, d'adresser au contribuable un document comportant la motivation des pénalités qu'elle envisage de lui appliquer, et indiquant qu'il dispose d'un délai de trente jours pour présenter ses observations.

19. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification adressée à M. F énonce les considérations de droit, à savoir le a. de l'article 1729 du code général des impôts, et les considérations de fait sur lesquelles se fonde la majoration de 40 % pour manquement délibéré dont ont été assorties les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles l'intéressé a été assujetti au titre des années 2016 et 2017. Elle fait notamment état de ce que M. F a été bénéficiaire pour les années en cause de sommes très importantes sur ses comptes bancaires, correspondant à plus de vingt-quatre fois le montant des revenus imposables déclarés par l'intéressé au cours des années en litige et dont le requérant ne pouvait ignorer le caractère imposable. Elle ajoute que les rectifications en cause procèdent également de l'appréhension intentionnelle par le requérant d'une partie du chiffre d'affaires de sa société tandis que celle-ci avait déclaré un résultat déficitaire en 2016 et était défaillante au regard de ses obligations fiscales en 2016. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les majorations de 40 % qui lui ont été appliquées seraient insuffisamment motivée.

20. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 80 E du livre des procédures fiscales : " La décision d'appliquer les majorations et amendes prévues aux articles 1729, 1732,1735 ter et 1740 A bis du code général des impôts est prise par un agent de catégorie A détenant au moins un grade fixé par décret qui vise à cet effet le document comportant la motivation des pénalités. ". Aux termes de l'article R. 80 E-1 du même code : " La décision d'appliquer les majorations et amendes mentionnées à l'article L. 80 E est prise par un agent ayant au moins le grade d'inspecteur divisionnaire. ". L'article 2 du décret n° 2010-986 du 26 août 2010 portant statut particulier des personnels de catégorie A de la direction générale des finances publiques dispose que : " Les fonctionnaires de la catégorie A mentionnés à l'article 1er sont répartis dans les grades ci-après : 1° Administrateur des finances publiques adjoint ; ce grade comporte six échelons et un échelon spécial ;/ 2° Inspecteur principal des finances publiques ; ce grade comporte dix échelons ;/ 3° Inspecteur divisionnaire des finances publiques ; ce grade comporte deux classes :a) La hors classe qui comporte trois échelons et un échelon spécial ; b) La classe normale qui comporte quatre échelons ;/4° Inspecteur des finances publiques ; ce grade comporte onze échelons et un échelon d'inspecteur stagiaire. ".

21. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 13 décembre 2019 a été signée par Mme C E, inspectrice des finances publiques, puis visée par Mme A D, inspectrice principale des finances publiques, qui est un grade supérieur à celui d'inspecteur divisionnaire, ainsi que le prévoit l'article 2 du décret du 26 août 2010 précité. Dès lors, le moyen tiré d'une irrégularité de la procédure doit être écarté.

22. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ".

23. Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.

24. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a appliqué la majoration de 40 % pour manquement délibéré aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à la charge de M. F au titre des années 2016 et 2017 en se fondant sur les circonstances énoncées au point 16. Compte tenu de l'importance considérable des minorations des déclarations de revenus de M. F, en outre réitérées sur plusieurs années, ce dernier ne pouvait ignorer le caractère imposable des sommes perçus sur ses comptes bancaires au cours des années en litige. Ainsi, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, de l'intention délibérée du requérant, de minorer sa base d'imposition à l'impôt sur le revenu au titre des années en litige. Par suite, c'est à bon droit qu'elle a assorti les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. F a été assujetti au titre de ces années d'une majoration de 40 % pour manquement délibéré.

25. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, des majorations et intérêts de retard mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. F la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B F et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président,

Mme Bartnicki, première conseillère,

Mme Ghiandoni, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.

La rapporteure,

Signé

S. Ghiandoni

Le président,

Signé

R. FéralLa greffière,

Signé

V. Retby

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions