jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2201696 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre - Juge unique |
| Avocat requérant | SELARL QUANTUM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 3 mars 2022 et le 31 août 2022, la société civile immobilière Eurasia Finance, représentée par la SELARL Quantum Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations primitives de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 dans la commune de Lisses (Essonne) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
SCI Eurasia Finance soutient que :
- l'ensemble immobilier dont elle est propriétaire à Lisses, eu égard à ses caractéristiques très particulières, n'entre dans aucune des catégories visées à l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts et relève donc de la catégorie 1 du sous-groupe X : établissement présentant des caractéristiques exceptionnelles ;
- elle est ainsi fondée à contester le rattachement de cet ensemble immobilier, retenu par l'administration fiscale, à la catégorie 2 du sous-groupe II, correspondant à des locaux à usage de bureaux ;
- par conséquent, l'administration ne pouvait appliquer la méthode tarifaire afin d'évaluer la valeur locative de ce local, qui conduit à faire peser sur elle une charge excessive au regard de la perte de valeur de son bien depuis plusieurs années et aux difficultés qu'elle rencontre pour le donner à bail, et il convenait au contraire d'appliquer la méthode prévue, pour les locaux qui présentent des caractéristiques exceptionnelles, par le III. de l'article 1498 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 1er juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Le directeur soutient que :
- en vertu des dispositions de l'article 1518 F du code général des impôts, la SCI Eurasia Finance n'est pas fondée à contester des décisions prises sur le fondement des articles 1504 et 1518 ter de ce code ;
- les moyens soulevés par SCI Eurasia Finance ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier, notamment celles produites par SCI Eurasia Finance, enregistrées le 6 mars 2022.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Vaillant, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- et les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Eurasia Finance, auparavant SCI PPI Lisses Finance, est assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) dans la commune de Lisses, à raison d'un ensemble immobilier dont elle est propriétaire sur le territoire de cette commune. Par deux réclamations du 29 juillet 2021 et du 16 novembre 2021, elle a sollicité la réduction de cette imposition primitive au titre des années 2020 et 2021. Par une décision du 3 janvier 2022, l'administration fiscale a partiellement fait droit à ses demandes, en acceptant de retenir une surface moindre pour ce local. La SCI Eurasia Finance estime cependant, en particulier, que l'évaluation de la valeur locative de son bien devrait être réalisée en application de la méthode prévue pour les établissements présentant des caractéristiques exceptionnelles. Elle demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de TFPB restant à sa charge, dans la commune de Lisses, au titre des années 2020 et 2021.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie () est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / () III. - A. - La valeur locative des propriétés ou des fractions de propriété qui présentent des caractéristiques exceptionnelles est déterminée en appliquant un taux de 8 % à la valeur vénale de la propriété ou fraction de propriété, telle qu'elle serait constatée si elle était libre de toute location ou occupation à la date de référence définie au B du présent III. () " Aux termes de l'article 310 Q de l'annexe II au même code : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : / () Sous-groupe II : bureaux et locaux divers assimilables : / () Catégorie 2 : locaux à usage de bureaux d'agencement récent. / () Sous-groupe X : établissements présentant des caractéristiques exceptionnelles : / Catégorie 1 : locaux ne relevant d'aucune des catégories précédentes par leurs caractéristiques sortant de l'ordinaire ".
3. La SCI Eurasia Finance a acquis l'ensemble immobilier sis 10 A rue des Malines à Lisses le 8 décembre 2006. Ce bien était, jusqu'à l'année 2001, la propriété de l'établissement public industriel et commercial Electricité de France (EDF), qui en a cédé à la propriété à une société privée, laquelle lui a, ainsi que les propriétaires successifs, donné à bail une partie des locaux édifiés sur le site. Ce bail, conclu le 30 octobre 2001 et transmis à la SCI PPI Lisses Finance lors de son acquisition du bien en 2006, a été renouvelé le 17 janvier 2011 pour une moindre partie des locaux, avant d'être définitivement rompu en 2016. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé de l'état des surfaces de plancher existantes réalisé par un cabinet de géomètres-expert, dont se prévaut la société requérante, que l'ensemble immobilier, qui comprend un bâtiment administratif, une cafétéria, un bâtiment initialement destiné à la caisse d'activités sociales d'EDF, un bâtiment médical, un local technique annexe, un magasin, des logements et diverses annexes de moindre superficie, comporte 16 005 m² de bureaux, 3 242 m² d'ateliers/magasins/entrepôts et 367 m² d'habitations. Il est par ailleurs constant que le site comporte également une aire de stationnement de 4 824 m². Eu égard à sa nature et à sa destination, cet ensemble immobilier a été, pour l'imposition de la société requérante à la TFPB, classé dans le sous-groupe II " bureaux et locaux divers " et, eu égard à son utilisation, à ses caractéristiques physiques, à sa situation et à sa consistance, il a été classé dans la catégorie 2 de ce sous-groupe, " locaux à usages de bureaux d'agencement récent ".
4. La SCI Eurasia Finance soutient qu'eu égard à ses caractéristiques particulières, cet ensemble immobilier, dans son intégralité, ne relève d'aucune des catégories précédent le sous-groupe X " établissements présentant des caractéristiques exceptionnelles " à l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts et devrait, par conséquent, être classé dans la catégorie unique de ce dernier sous-groupe. Elle se prévaut en particulier de la présence d'équipements dont la présence sur le site était justifiée par son exploitation par EDF, à savoir le magasin, le local technique annexe, la caisse d'activité sociales, les logements, le bâtiment médical et la cafétaria. Cependant, il résulte du relevé des surfaces de plancher mentionné au point précédent, dont se prévaut la société elle-même et qui indique que les affectations qui y sont indiquées résultent des constatations de l'expert et/ou des indications portées sur les plans communiqués, que ces bâtiments abritent eux-mêmes, pour certaines, des espaces à usage de bureaux, dont la surface a d'ailleurs été prise en compte dans le calcul de la répartition mentionnée au point précédent, dont il résulte que près de 80 % de la superficie des locaux est destinée à cet usage. Par ailleurs, si la société soutient que les locaux techniques abriteraient notamment des ateliers de charge d'accumulateurs, des transformateurs électriques, une station essence et un atelier d'entretien de véhicule, elle se borne à se prévaloir, afin d'établir la réalité de ces allégations, qu'elle est seule en mesure de démontrer, de ses propres déclarations portées à l'acte du 9 mars 2021 par lequel elle a cédé cet ensemble immobilier. De plus, les bâtiments abritant une cafétaria, un local médical et l'ancienne caisse d'activités sociales d'EDF ne sauraient, par leur seule dénomination, être regardés comme ayant une destination étrangère à celle d'un immeuble à usage de bureaux. Au surplus, il résulte des contrats de bail conclus avec EDF que les espaces donnés à bail avaient essentiellement une destination de bureaux et il résulte des photos de l'entrée du site après la fin de cette occupation et des affirmations de la société elle-même, que cet ensemble immobilier était proposé à la location avec une telle destination. Les circonstances, dont se prévaut la société, que le bien a subi plusieurs occupations illégales et dégradations et que sa valeur a été considérablement réduite depuis son acquisition en 2006, sont, en tant que telles, sans incidence sur l'appréciation portée sur sa nature, sa destination, ses caractéristiques physiques, sa situation et sa consistance. Par suite, la SCI Eurasia Finance n'est pas fondée à soutenir que l'ensemble immobilier dont elle est propriétaire à Lisses devrait être classé dans la catégorie unique du sous-groupe X de l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts ni, par conséquent, que l'évaluation de sa valeur locative devrait être effectuée en application des dispositions du III de l'article 1498 du même code.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le directeur départemental des finances publiques des Yvelines en défense, que la SCI Eurasia Finance n'est pas fondée à demander la réduction des cotisations primitives de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 dans la commune de Lisses (Essonne). Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de SCI Eurasia Finance est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à société civile immobilière Eurasia Finance et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
A. Le Vaillant
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026