vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2201952 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | ROLF-PEDERSEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2022, M. A B forme opposition à la contrainte du 10 mai 2022 de la caisse d'allocations familiales des Yvelines en vue du recouvrement d'un indu d'aide personnalisée au logement de 996,97 euros pour les périodes de septembre à octobre 2020 et de février à avril 2021.
Il soutient que :
- la contrainte lui a été notifiée le 26 mai 2022 ;
- l'indu demandé ne correspond pas aux montants d'APL qui lui ont été versés tels qu'ils sont mentionnés sur ses quittances de loyer ;
- ses difficultés financières sont connues de l'assistante sociale de Chatou.
Par un mémoire en défense, enregistré au tribunal le 3 mars 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- c'est à tort qu'avaient été exclus les revenus de M. B qui avait repris une activité après chômage pendant chaque période considérée ;
- la compensation pour le premier indu est fondée sur une période antérieure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Crandal a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B bénéficient de l'aide personnalisée au logement pour leur logement situé à Montesson ( Yvelines ). Se fondant sur le fait que M. B percevait l'allocation spécifique de solidarité à compter du 1er août 2020, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a calculé leurs droits à l'APL en excluant les ressources de M. B. Après vérification auprès de Pôle Emploi, il s'est avéré que M. B était salarié en septembre et octobre 2020 et de février à avril 2021. La caisse d'allocations familiales a notifié par courrier du 17 octobre 2020 un premier indu d'APL d'un montant de 279,56 euros pour la période de septembre et octobre 2020 et, par courrier du 24 avril 2021, un second indu d'APL de 884,05 euros pour la période de février à avril 2021. Après mises en demeure du 6 août 2021 pour le premier indu réduit à 112, 92 euros après compensation sur les prestations versées, et du 10 septembre 2021 pour le second indu de 884,05 euros, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a émis la contrainte du 10 mai 2022 mettant à la charge de M. B un montant total d'indus d'APL de 996,97 euros. Par sa requête, M. B forme opposition à cette contrainte.
2. D'une part aux termes de l'article R. 822-14 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint se trouve, depuis au moins deux mois consécutifs, à la date d'effet de la demande ou pendant au moins deux mois consécutifs au cours de la période de paiement, en chômage total et qu'il perçoit l'allocation d'assurance prévue à l'article L. 5422-1 du code du travail ( ) les revenus d'activité professionnelle dont bénéficie l'intéressé sont affectés d'un abattement de 30 %./ Cette mesure s'applique à partir du premier jour du deuxième mois civil suivant celui au cours duquel est intervenu le changement de situation./ ( ) / Lorsque l'intéressé reprend une activité professionnelle rémunérée, l'abattement est supprimé à partir du premier jour du mois civil au cours duquel intervient la reprise d'activité. " Aux termes de l'article R. 822-15 du même code, dans sa version applicable à la période en litige : " Il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage perçues par le bénéficiaire durant l'année civile de référence, lorsque celui-ci ou son conjoint est en chômage total depuis au moins deux mois consécutifs à la date d'effet de la demande ou pendant au moins deux mois consécutifs au cours de la période de paiement et s'il se trouve dans l'une des situations suivantes :/ 1° Il ne bénéficie pas ou ne bénéficie plus d'une indemnisation dans les conditions mentionnées par l'article R. 822-14 ;/( )/ 3° Il perçoit l'allocation de solidarité spécifique prévue par les articles L. 5423-1 à L. 5423-3 du code du travail./ Les droits sont examinés sur cette nouvelle base à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel sont intervenus le changement de situation, la cessation du versement ou la diminution du montant de l'allocation d'assurance, ou l'admission à l'allocation de solidarité spécifique./ Lorsque l'intéressé reprend une activité professionnelle rémunérée, il est tenu compte de ses ressources à partir du premier jour du mois civil au cours duquel intervient la reprise d'activité. "
3. Aux termes d'autre part de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale rendu applicable aux aides personnelles au logement par l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie règlementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la lettre recommandée mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. L'huissier de justice avise dans les huit jours l'organisme créancier de la date de signification. Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié () par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe () ".
4. Dans le cadre d'une opposition à contrainte, M. B ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles de n'avoir une incidence, hormis sur la régularité de la contrainte, que sur le principe, sur la quotité et sur l'exigibilité de la créance.
5. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la contrainte décernée par la caisse d'allocations familiales des Yvelines le 10 mai 2022 n'ait été notifiée que le 21 mai 2022, comme en atteste l'accusé de réception postal, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
6. En second lieu, le moyen fondé sur la situation financière du requérant, s'il pouvait à bon droit être soulevé à l'encontre d'une demande de remise de dette, soulevé à l'appui d'une opposition à contrainte ne peut qu'être écarté comme inopérant.
7. En troisième lieu, M. B soutient que les indus mis à sa charge ne correspondent pas à ses quittances de loyer. Tel qu'il est formulé ce moyen qui n'est assorti d'aucune précision de droit, ni d'aucune production documentaire qui aurait permis au tribunal d'en apprécier la portée, ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de l'instruction que M. B, bénéficiaire de l'aide personnalisée au logement, qui lui était servie par la caisse d'allocations familiales des Yvelines, s'est vu appliquer pour la détermination de ses droits, le mécanisme de neutralisation des revenus d'activité professionnelle prévu par les dispositions citées ci-dessus au point 2. Informée par Pôle Emploi de la reprise de son activité salariée du 17 septembre jusqu'au 31 octobre 2020, et du 1er janvier 2021 au 30 avril 2021, après qu'il eut perçu l'allocation spécifique de solidarité et qu'il se fut trouvé en chômage total du 1er novembre au 31 décembre 2020, la caisse d'allocations familiales lui a demandé le reversement de l'APL qui lui avait été versée au titre des mois de septembre et d'octobre 2020 et de février à avril 2021. D'une part, la caisse d'allocations familiales était fondée à ne pas faire bénéficier M. B du mécanisme de neutralisation résultant des dispositions citées au point 2 au titre des mois de septembre et d'octobre 2020, dès lors que la période pendant laquelle il se trouvait au chômage total restait inférieure à deux mois consécutifs. D'autre part, dès lors qu'il avait repris le travail au 1er janvier 2021, il cessait d'être éligible, à compter de cette date, au mécanisme de neutralisation des revenus d'activité prévu par les dispositions citées au point 2, dès le premier jour de reprise de son activité, après s'être vu appliquer ce mécanisme pendant les deux mois de chômage total en novembre et décembre 2020. Il en résulte que les conclusions à fin d'opposition à contrainte de M. B ne sont pas fondées et ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 2 juin 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M. Crandal La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026