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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2202498

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2202498

lundi 4 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2202498
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantDE LA BRIÈRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés le 29 mars 2022, le 3 janvier 2024 et le 7 février 2024, M. B A et Mme D C, représentés par Me Mazzei-Beaugrand, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'enjoindre solidairement à la commune de Rosay, à la société d'aménagement urbain et rural (SAUR) et au syndicat intercommunal de la région d'Yvelines pour l'adduction de l'eau (SIRYAE) de réaliser les travaux sur le réseau d'eau défectueux dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte définitive de 500 euros par jour de retard, et d'ordonner la liquidation de l'astreinte ;

2°) de condamner in solidum la commune de Rosay, la société d'aménagement urbain et rural (SAUR), le syndicat intercommunal de la région d'Yvelines pour l'adduction de l'eau (SIRYAE) et leurs assureurs respectifs à leur verser la somme totale de 46 440 euros, avec indexation sur l'indice TP01 jusqu'à la date du complet règlement, en réparation des préjudices subis du fait de la rupture d'une canalisation le 25 octobre 2019, assortie d'intérêts moratoires qui ne pourront être inférieurs au double des intérêts au taux légal capitalisés, sous astreinte définitive de 500 euros par jour de retard à intervenir sous 8 jours au plus à compter de l'enrôlement de l'affaire, et d'ordonner la liquidation de cette astreinte ;

3°) de mettre à la charge solidaire de la société d'aménagement urbain et rural (SAUR) et du syndicat intercommunal de la région d'Yvelines pour l'adduction de l'eau (SIRYAE) une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité, notamment sans faute, de l'administration ou des exploitants gestionnaires d'un ouvrage public, est engagée pour les dommages résultant du défaut d'entretien ou de fonctionnement d'un ouvrage public ; en l'espèce, l'inondation dont ils ont été victimes a été causée par le réseau public d'évacuation des eaux fuyard ; ils ont la qualité de tiers par rapport à la canalisation principale ; ils sont victimes d'un préjudice anormal et spécial ; il existe également un défaut d'entretien normal de l'ouvrage, qui présentait des caractéristiques de vétusté ;

- les désordres constatés sont en lien direct avec la rupture de canalisation ;

- le SIRYAE, chargé de l'entretien du réseau d'assainissement qui collecte les eaux sur le territoire de la commune de Rosay, a délégué l'exploitation du service de production, de transport et de distribution de l'eau potable de la commune à la SAUR ; le SIRYAE est responsable des dommages imputables à l'existence, à la nature et au dimensionnement de l'ouvrage public et la SAUR, en qualité de responsable de la gestion du service litigieux, doit indemniser les dommages causés aux tiers du fait du défaut d'entretien ou de fonctionnement de l'ouvrage public ;

- l'état de vétusté du réseau nécessite qu'il soit enjoint au SIRYAE et à la SAUR, et à leurs assureurs, de réaliser les travaux nécessaires à la remise en état des canalisations litigieuses, dans les règles de l'art et des normes en vigueur, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

- le chiffrage des préjudices effectué par l'expert pour un montant de 8 179, 92 euros ne permet pas de couvrir la réparation des désordres et leur évolution ; le préjudice matériel comprenant la remise en état de la maison et du mur de clôture doit être réévalué à 40 250 euros permettant la reprise des désordres affectant l'immeuble tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du bien d'habitation ; le recours à une assurance dommage ouvrage pour les travaux à réaliser peut être évalué à 5 500 euros ; le préjudice esthétique et de jouissance, lié à la gestion de la fuite d'eau, à l'humidité de la maison, au report de travaux projetés et à l'atteinte portée à la solidité de l'ouvrage, peut être évalué à 5 000 euros ; ils sont fondés à demander une somme de 3 000 euros au titre de leur préjudice moral dès lors qu'ils vivent dans la crainte constante d'un nouveau sinistre et que la gestion des suites de l'inondation a entraîné pour eux un stress important et la nécessité de recourir à un psychologue ; le SIRYAE, la SAUR et leurs assureurs respectifs doivent être condamnés in solidum au paiement de 5 000 euros pour réticence abusive en l'absence de toute mesure prise pour procéder à la rénovation du réseau et pour les indemniser.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2023, la MAAF Assurances SA, assureur de M. A et Mme C, conclut à sa mise hors de cause.

Elle oppose une exception d'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de l'action tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, et fait valoir qu'elle a réglé les indemnités dues au titre de la garantie " dégât des eaux ".

Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2023, la commune de Rosay et la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles Paris Val de Loire, exploitant sous l'enseigne Groupama Paris Val de Loire, représentées par Me de la Brière, concluent à leur mise hors de cause, au rejet de la requête, à ce que le SIRYAE et la SAUR soient condamnés in solidum à les garantir de toute condamnation qui serait prononcée à leur encontre et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A et Mme C une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elles opposent une fin de non-recevoir tirée de l'absence de demande préalable indemnitaire, et font valoir que les ouvrages et la compétence eau potable ont été transférés au SIRYAE.

Par quatre mémoires en défense enregistrés le 27 octobre 2023, le 10 novembre 2023, le 23 janvier 2024 et le 29 mars 2024, la société d'aménagement urbain et rural (SAUR), représentée par Me Beaumont, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que les demandes indemnitaires formulées relatives aux préjudices matériels subis soient ramenées à de plus justes proportions, dans la limite de la somme de 8 179,92 euros retenue par l'expert amiable et sous réserve de la déduction des sommes déjà versées aux requérants par leur assureur au titre des mêmes préjudices, au rejet des conclusions d'appel en garantie formulées à son encontre et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants ou de toute autre partie succombante une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que sa responsabilité n'est pas engagée et qu'en tout état de cause, M. A et Mme C demandent la réparation de préjudices non retenus par l'expert et sans lien avec la fuite d'eau en cause.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 13 décembre 2023 et le 15 mars 2024, le syndicat intercommunal de la région d'Yvelines pour l'adduction de l'eau (SIRYAE), représenté par Me Robert, conclut à titre principal à sa mise hors de cause, à titre subsidiaire au rejet de la requête, à titre infiniment subsidiaire, à ce que les demandes indemnitaires formulées relatives aux préjudices matériels subis soient ramenées à de plus justes proportions, dans la limite de la somme de 8 179,92 euros retenue par l'expert amiable et sous réserve de la déduction des sommes déjà versées aux requérants par leur assureur au titre des mêmes préjudices, à ce que la SAUR soit condamnée à le garantir de toute condamnation prononcée à son encontre, au rejet des conclusions d'appel en garantie formulée à son encontre et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que le fonctionnement et l'entretien du réseau relève exclusivement de la responsabilité de la SAUR et que les préjudices dont les requérants demandent réparation sont sans lien avec la fuite d'eau ou non justifiés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lutz,

- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique,

- les observations de Me Brun, représentant la société SAUR, Me Robert, représentant le SIRYAE, et Me de la Brière, représentant la commune de Rosay et Groupama Paris Val de Loire.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A et Mme D C sont propriétaires d'une maison d'habitation située 31 rue Saint Corentin à Rosay dans les Yvelines, acquise en janvier 2019. Le 25 octobre 2019 vers 19 heures, ce bien a été inondé par le mur au niveau de la cuisine, en provenance de la voirie extérieure. M. A et Mme C ont signalé cet incident au syndicat intercommunal de la région d'Yvelines pour l'adduction de l'eau (SIRYAE), titulaire de la compétence eau notamment pour la commune de Rosay. Ce syndicat ayant délégué à la société d'aménagement urbain et rural (SAUR) la compétence eau potable par contrat de délégation de service public, pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2024, c'est cette société qui est intervenue et qui a finalement, après une première intervention infructueuse, fait cesser l'afflux d'eau le 26 octobre 2019 vers 15 heures. Une réunion d'expertise amiable en présence de l'ensemble des parties a été diligentée par la société MAAF Assurances, assureur de M. A et Mme C le 27 janvier 2021. Par la présente requête, M. A et Mme C demandent au tribunal d'enjoindre au SIRYAE et à la SAUR de procéder aux travaux de remise en état du réseau et de condamner in solidum la commune de Rosay, la société d'aménagement urbain et rural (SAUR), le syndicat intercommunal de la région d'Yvelines pour l'adduction de l'eau (SIRYAE) et leurs assureurs respectifs à leur verser la somme totale de 46 440 euros, avec indexation sur l'indice TP01 jusqu'à la date du complet règlement, assortie d'intérêts moratoires qui ne pourront être inférieurs au double des intérêts au taux légal capitalisés.

Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :

2. D'une part, le juge administratif n'est pas compétent pour connaître des relations entre M. A et Mme C et la MAAF, leur assureur, qui sont régies par un contrat de droit privé.

3. D'autre part, l'action directe exercée par la victime d'un accident contre l'assureur de l'auteur de cet accident est distincte de son action en responsabilité contre cet auteur et ne poursuit que l'exécution de l'obligation de l'assureur à la réparation du préjudice, laquelle est de droit privé. Le juge administratif n'est donc pas non plus compétent pour connaître des conclusions dirigées par les requérants contre les assureurs des personnes publiques dont la responsabilité est recherchée.

4. Il y a donc lieu d'accueillir l'exception d'incompétence soulevée en défense et de rejeter les conclusions présentées par M. A et Mme C contre la MAAF et les assureurs des personnes publiques.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne le fondement de la responsabilité :

5. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel. Le maître de l'ouvrage ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure, sans pouvoir utilement invoquer le fait du tiers.

6. Les dommages subis par la propriété de M. A et Mme C résultent de la fuite d'une canalisation d'eau en provenance de la voirie communale. M. A et Mme C ont la qualité de tiers par rapport à cet ouvrage.

En ce qui concerne la personne responsable :

7. D'une part, aux termes de l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales : " L'établissement public de coopération intercommunale est substitué de plein droit, à la date du transfert des compétences, aux communes qui le créent dans toutes leurs délibérations et tous leurs actes ". La commune de Rosay, qui a adhéré au SIRYAE à compter du 1er juillet 2016, a ainsi transféré à ce dernier sa compétence eau.

8. D'autre part, en cas de délégation limitée à la seule exploitation d'un ouvrage, comme c'est le cas en matière d'affermage, si la responsabilité des dommages imputables au fonctionnement de l'ouvrage relève du délégataire, sauf stipulations contractuelles contraires, celle résultant de dommages imputables à son existence, à sa nature et à son dimensionnement appartient à la personne publique délégante. Ce n'est qu'en cas de concession d'un ouvrage public, c'est-à-dire de délégation de sa construction et de son fonctionnement, que peut être recherchée par les tiers la seule responsabilité du concessionnaire, sauf insolvabilité de ce dernier, en cas de dommages imputables à l'existence ou au fonctionnement de cet ouvrage. Ainsi, des dommages causés à un tiers par l'insuffisante capacité d'un réseau d'assainissement engagent la responsabilité de la communauté urbaine, maître d'ouvrage, et non celle de la société ayant, en sa qualité de fermier, reçu délégation de la seule exploitation de l'ouvrage.

9. Il résulte de l'instruction que le SIRYAE a délégué à la SAUR la compétence eau potable par contrat de délégation de service public pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2024. L'article 2 de ce contrat, " Objet de l'affermage ", prévoit que " le SIRYAE confie au Délégataire le soin exclusif d'assurer la gestion du service de production, de transport et de distribution de l'eau potable à l'intérieur du périmètre défini à l'article 3 ci-après. La gestion du service [inclut] l'exploitation, dont notamment l'entretien, la surveillance, les réparations [] nécessaires à des installations de façon à assurer la continuité du service aux usagers [] ". L'article 5 de ce contrat précise que " Le Délégataire est responsable, tant vis-à-vis du SIRYAE que vis-à-vis des tiers des dommages occasionnés par le fonctionnement du service affermé. [] La responsabilité du Délégataire recouvre notamment : vis-à-vis du SIRYAE et des tiers, l'indemnisation des dommages corporels, matériels et financiers qu'il est susceptible de causer lors de l'exercice de ses activités telles que définies par le présent contrat ". En l'espèce, si le rapport d'expertise mentionne une fuite d'une canalisation d'eau en provenance du réseau d'alimentation public, sans préciser si cette fuite relève du fonctionnement de l'ouvrage ou de son existence, sa nature ou son dimensionnement, la SAUR ne conteste pas que les dommages sont liés au fonctionnement de l'ouvrage et l'absence de tout autre incident depuis le mois d'octobre 2019 tend à confirmer que la structure même de l'ouvrage ou son dimensionnement ne sont pas en cause. Par suite, seule la responsabilité du délégataire, la SAUR, peut être engagée pour les dommages causés aux tiers.

10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de mettre hors de cause la commune de Rosay et le SIRYAE.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne le préjudice matériel :

11. Le préjudice matériel de M. A et Mme C a été évalué par l'expert le 27 janvier 2021 à une somme totale de 8 179,92 euros incluant la remise en état du mur de clôture et de la cuisine, le mobilier endommagé et les frais annexes liés aux mesures conservatoires et au déblaiement. Les requérants contestent ce montant et demandent la condamnation de la SAUR au paiement d'une somme de 40 250 euros à ce titre.

12. Il y a lieu d'écarter les demandes liées à la réalisation de l'étanchéité le long de la maison. En effet, si un problème d'étanchéité a été révélé par l'inondation, il ne résulte pas de l'instruction qu'il constituerait une conséquence de l'incident du 25 octobre 2019. Il y a lieu d'écarter également les devis ou parties de devis liés au démontage et à la reconstruction complète du mur de clôture. L'expert a en effet retenu uniquement la nécessité d'une réfection partielle. En tout état de cause, le lien entre les fissures du mur de clôture en 2024 et l'inondation ponctuelle survenue en 2019 n'est pas établi. L'expert ayant chiffré les dégâts causés au mur extérieur et la réfection partielle qu'ils nécessitent à 3 795 euros TTC, il y a lieu d'allouer cette somme aux requérants.

.

13. S'agissant des dégâts affectant la cuisine, l'expert a chiffré la remise en état en janvier 2021 à 2 604,58 euros. Si les époux A invoque le contexte inflationniste, ils n'apportent aucun élément de nature à démontrer qu'ils n'auraient pas été en mesure de réaliser les travaux dès l'obtention de l'indemnisation versée par leur assureur le 12 février 2021. Il y a donc lieu de limiter la somme à laquelle les requérants peuvent prétendre au titre de la remise en état de leur cuisine aux 2 604,58 euros retenus par l'expert.

14. Une indemnité correspondant au remplacement du mobilier endommagé, pour un montant de 871,98 euros, et aux frais afférents (nettoyage et pompage des eaux, dépose et mise en déchetterie) retenus par l'expert, à savoir 908,36 euros, doit également être accordée aux requérants.

15. Enfin, la demande tendant au versement d'une somme de 5 500 euros au titre d'une assurance dommages ouvrages pour les travaux à réaliser doit être écartée comme non justifiée.

16. Il résulte de tout ce qui précède que le préjudice matériel de M. A et Mme C doit être évalué à 8 179,92 euros. Les requérants ayant perçu de leur assureur une somme de 4 454,09 qu'il y a lieu de déduire, la société SAUR doit être condamnée à leur verser une somme de 3 725,83 euros au titre du préjudice matériel.

En ce qui concerne le préjudice esthétique et de jouissance, le préjudice moral et la réticence abusive :

17. En premier lieu, les requérants se prévalent de troubles de jouissance liés à l'inondation elle-même et des travaux de la cuisine. Il y a lieu de leur allouer une indemnité de 1 000 euros à ce titre.

18. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. A et Mme C ont été contraints de multiplier les démarches et que la SAUR a refusé de procédé à leur indemnisation à l'amiable dans un délai raisonnable. Il y a lieu de leur allouer une somme de 500 euros en réparation de ces désagréments.

19. En revanche, les demandes présentées au titre du préjudice moral et du préjudice esthétique, non justifiées, doivent être rejetées.

20. Il résulte de tout ce qui précède que la SAUR doit être condamnée à payer à M. A et Mme C une somme totale de 5 225,83 euros.

Sur les conclusions accessoires :

21. M. et Mme A demandent à ce que la condamnation soit indexée sur l'indice TP01. Cet index général tous travaux ne pourrait trouver application qu'en matière de travaux, soit en l'espèce sur la somme de 3 795 euros allouée pour procéder à la reprise partielle du mur de clôture. Toutefois, les requérants ne démontrent pas avoir été dans l'impossibilité technique ou financière de faire procéder aux réparations nécessaires dès le dépôt du rapport d'expertise daté du 27 janvier 2021. Ils ne sont donc pas fondés à demander à ce que la condamnation prononcée à leur profit soit réévaluée en fonction de la variation ayant affecté l'indice TP 01 du coût de la construction

22. D'autre part, les intérêts au taux légal liés à une condamnation judiciaire sont expressément prévus par le code civil à l'article 1231-7. Il n'y a donc pas lieu d'assortir la condamnation du versement du double des intérêts au taux légal. En revanche, les sommes dues seront assorties des intérêts au taux légal à compter du 19 janvier 2022, date de réception de la réclamation préalable, et de la capitalisation des intérêts à compter du 19 janvier 2023 et à chaque échéance annuelle.

23. Enfin, il n'y a pas lieu d'assortir les condamnations prononcées d'une astreinte.

Sur les conclusions aux fins d'injonction de remise en état de la canalisation :

24. La personne qui subit un préjudice direct et certain du fait du comportement fautif d'une personne publique peut former devant le juge administratif une action en responsabilité tendant à ce que cette personne publique soit condamnée à l'indemniser des conséquences dommageables de ce comportement. Elle peut également, lorsqu'elle établit la persistance du comportement fautif de la personne publique responsable et du préjudice qu'elle lui cause, assortir ses conclusions indemnitaires de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets. De telles conclusions à fin d'injonction ne peuvent être présentées qu'en complément de conclusions indemnitaires.

25. En l'espèce, en l'absence de tout nouvel incident depuis octobre 2019 ou de tout autre élément, il n'est pas démontré que la canalisation nécessiterait des travaux de réfection. Les conclusions aux fins d'injonction doivent en conséquence être écartées.

Sur les frais liés au litige :

26. Il y a lieu de mettre à la charge de la SAUR une somme de 1 800 euros à verser à M. A et Mme C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

27. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par la commune de Rosay et Groupama Paris Val de Loire et par le SIRYAE au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La SAUR est condamnée à verser à M. A et Mme C une somme de 5 225,83 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 19 janvier 2022, date de réception de la réclamation préalable, et de la capitalisation des intérêts à compter du 19 janvier 2023 et à chaque échéance annuelle.

Article 2 : La SAUR versera à M. A et Mme C une somme gloabale de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et Mme D C, à la société d'aménagement urbain et rural, au syndicat intercommunal de la région d'Yvelines pour l'adduction de l'eau, à la commune de Rosay, à la MAAF Assurances SA et à Groupama Paris Val de Loire.

Délibéré après l'audience du 14 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Sauvageot, présidente,

- Mme Lutz, première conseillère,

- Mme Degorce, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024.

La rapporteure,

signé

F. Lutz La présidente,

signé

J. Sauvageot

La greffière,

signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2202498

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