lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2202533 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI EYMARD SABLIER ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 mars 2022 et le 8 septembre 2023, la société générale de faux-plafonds et isolation (SOGEFI), représentée par Me Chamard-Sablier, demande au tribunal :
1°) de fixer le solde du lot n°5 du marché conclu en vue de la construction d'un nouveau bâtiment dénommé " FLI " à la somme de 295 621,24 euros TTC à son bénéfice ;
2°) de condamner l'université Paris-Saclay à lui verser la somme de 295 621,24 euros assortie des intérêts moratoires à compter du 5 octobre 2021 et de la capitalisation de ces intérêts et augmentée d'une somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ;
3°) de mettre à la charge de l'université Paris-Saclay la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'université Paris-Saclay a appliqué une réfaction injustifiée du prix du marché à hauteur de 47 945,57 euros TTC ;
- les pénalités de retard qui lui ont été appliquées à hauteur de 148 000 euros sont injustifiées ;
- il y a lieu d'intégrer dans le décompte général définitif la somme de 59 221,58 euros TTC au titre de l'indemnisation du préjudice résultant du rallongement de la durée du chantier ;
- une erreur a été commise dans le calcul de la révision de prix pour un montant de 246,34 euros TTC ;
- les retards de paiement des situations de travaux n°1, 2, 4, 5, 6, 7 et 8 ouvrent droit au versement d'intérêts moratoires à hauteur de 1 269,51 euros TTC ;
- la retenue de garantie, d'un montant de 10 668,49 euros TTC, doit lui être restituée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 avril 2023 et le 13 novembre 2023, l'université Paris-Saclay, représentée par sa présidente Mme A, conclut au rejet de la requête, à la condamnation de la société SOGEFI au paiement des sommes dues en application du décompte général de l'université, à la condamnation de la société SOGEFI aux entiers frais et dépens de la procédure et à ce qu'il soit mis à la charge de la société SOGEFI la somme de 975,96 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative..
Elle soutient que :
- les réfactions qu'elle a opérées sur le prix sont justifiées ;
- l'application de pénalités de retard à hauteur de 139 000 euros est justifiée ;
- l'université n'est pas responsable de l'allongement de la durée des travaux et n'a pas à indemniser la société requérante du préjudice qu'elle aurait subi de ce fait ;
- le montant de la révision de prix s'élève à 20 169,97 euros HT, soit une différence de 238,98 euros HT et de 286,74 euros TTC par rapport au calcul initial ;
- seules les situations 1, 4, 6 et 9 sont concernées par un retard de paiement, ce qui rend l'université redevable d'intérêts moratoires à hauteur de 1 551,51 euros TTC ;
- le solde du décompte s'élève à la somme de 37 421,75 euros TTC au bénéfice de la société SOGEFI, auquel s'ajoutent 1 551,51 euros TTC d'intérêts moratoires, soit une somme de 38 577,26 euros TTC.
Par une ordonnance de clôture immédiate du 17 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Perez,
- les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Samadi, substituant Me Chamard-Sablier.
Considérant ce qui suit :
1. Au cours de l'année 2016, l'université Paris-Sud, à laquelle s'est substituée l'université Paris-Saclay depuis le 1er janvier 2020, a lancé une consultation sous la forme d'une procédure d'appel d'offres ouvert en vue de la construction d'un nouveau bâtiment dénommé " FLI " sur le campus de la ville d'Orsay. Par un acte d'engagement du 25 octobre 2016, notifié le 27 octobre 2016, l'université a confié l'exécution du lot n°5 " menuiseries intérieures " à la SOGEFI, pour un prix global et forfaitaire de 584 259,93 euros HT, soit 701 111,92 euros TTC. Des travaux supplémentaires ont été commandés au cours du chantier, ce qui a porté le montant total du marché à 633 998,99 euros HT, soit 760 798,79 euros TTC. Par une lettre recommandée du 13 septembre 2021, notifiée le 15 septembre 2021, l'université a adressé son décompte général à la SOGEFI. Ce décompte intègre une réfaction du prix, l'application de pénalités de retard, la limitation de la révision de prix, et n'intègre aucun paiement des intérêts moratoires, aucune indemnisation du préjudice tiré de l'allongement de la durée du chantier et aucun paiement au titre de la restitution de la retenue de garantie. La SOGEFI a formulé ses réserves sur ces points du décompte par un courrier du 1er octobre 2021 et l'université a reçu ce mémoire en réclamation le 5 octobre 2021. Une décision implicite de rejet étant intervenue à l'expiration d'un délai de trente jours à compter du 5 octobre 2021, la SOGEFI demande au tribunal de fixer le solde du marché.
Sur la fixation du solde du marché :
En ce qui concerne la réfaction du prix et les réserves :
2. Aux termes de l'article 41.7 du cahier ces clauses administratives générales (CCAG) Travaux fixé par arrêté du 8 septembre 2009 dans sa version consolidée au 1er avril 2014 :
" Si certains ouvrages ou certaines parties d'ouvrages ne sont pas entièrement conformes aux spécifications du marché, sans que les imperfections constatées soient de nature à porter atteinte à la sécurité, au comportement ou à l'utilisation des ouvrages, le maître de l'ouvrage peut, eu égard à la faible importance des imperfections et aux difficultés que présenterait la mise en conformité, renoncer à ordonner la réfection des ouvrages estimés défectueux et proposer au titulaire une réfaction sur les prix. / Si le titulaire accepte la réfaction, les imperfections qui l'ont motivée se trouvent couvertes de ce fait et la réception est prononcée sans réserve. / Dans le cas contraire, le titulaire demeure tenu de réparer ces imperfections, la réception étant prononcée sous réserve de leur réparation. ". En outre, aux termes de l'article 41.6 du même cahier : " 41. 6. Lorsque la réception est assortie de réserves, le titulaire doit remédier aux imperfections et malfaçons correspondantes dans le délai fixé par le représentant du pouvoir adjudicateur ou, en l'absence d'un tel délai, trois mois avant l'expiration du délai de garantie défini à l'article 44. 1. / Au cas où ces travaux ne seraient pas faits dans le délai prescrit, le maître de l'ouvrage peut les faire exécuter aux frais et risques du titulaire, après mise en demeure demeurée infructueuse. ".
3. Les travaux correspondants au lot n°5 " Menuiseries intérieures " ont été reçus avec réserve le 20 mars 2019. Le 19 juillet 2021, l'université a maintenu, par procès-verbal de levée des réserves, les réserves initiales. Elle a alors décidé, dans le décompte général notifié le 15 septembre 2021 à la SOGEFI, d'appliquer une réfaction de prix correspondant à ces réserves pour un montant global de 126 820,29 euros HT, qui se décompose à hauteur de 25 152,88 euros HT pour l'habillage acoustique, de 29 713,70 euros HT pour les panneaux acoustiques, de 25 746,66 euros HT pour l'encadrement bois, de 3 731,73 euros HT pour les plinthes aluminium, de 14 928 euros HT pour les rideaux d'occultation, de 3 295,06 euros HT pour les patères, de 4 757,80 euros HT pour les banquettes bois, de 220,39 euros HT pour les boîtes aux lettres, et de 19 274,07 euros HT pour les gâches électriques. Toutefois, il résulte de l'instruction que le titulaire n'a pas accepté le principe de cette réfaction de prix, dès lors que dans le mémoire en réclamation notifié le 5 octobre 2021 la société SOGEFI indique qu'elle entend contester cette réfaction tant sur la forme que sur le fond, et que ce n'est qu'à titre subsidiaire qu'elle formule son opposition sur le montant de cette réfaction. De plus, il résulte de l'instruction que l'université n'a pas entendu renoncer à ordonner la réfection des ouvrages défectueux et n'a pas estimé que les imperfections revêtaient une faible importance dès lors qu'elle a chargé l'entreprise Roux Frères, par un marché du 9 mars 2020, d'assurer l'exécution des travaux de reprise. Par suite, l'université n'était pas fondée à procéder à une réfaction du prix, une telle réfaction méconnaissant les stipulations de l'article 41.7 du CCAG Travaux précité. En revanche, il résulte de l'instruction que par un courrier du 9 mai 2019 l'université a mis en demeure la SOGEFI de lever l'intégralité des réserves la concernant à l'exception de celles portant sur l'habillage mural et l'encadrement bois ; elle l'a également avertie que, sans résultat, elle engagerait à son encontre la procédure de résiliation pour frais et risques pour faute du titulaire. Si l'université n'a pas donné suite à cette procédure, elle était fondée, dès lors qu'elle avait adressé à la SOGEFI une mise en demeure, avait chiffré le montant des travaux non réalisés dans le décompte général notifié le 15 septembre 2021, et compte tenu du caractère infructueux de la mise en demeure, à faire procéder à la reprise des imperfections par la société Roux Frères dans le cadre d'un marché passé avec cette dernière le 9 mars 2020 et à imputer à la SOGEFI les montants de ces travaux correspondants aux reprises mentionnées dans le décompte général. Par suite, il y a lieu d'intégrer dans le solde du marché, au débit de la SOGEFI, les frais correspondants à la reprise des imperfections aux frais et risques du titulaire, conformément aux stipulations de l'article 41.6 du CCAG Travaux de 2009.
4. Dans un premier temps, en ce qui concerne la moins-value de 29 713,70 euros HT au titre de la pose de panneaux acoustiques, la SOGEFI soutient que cette somme ne peut pas être mise intégralement à sa charge dès lors qu'elle a acquis ces panneaux acoustiques pour un montant de 15 562,77 euros HT, qu'elle les a fait livrer sur le chantier mais qu'elle ne les a pas posés en raison d'une demande expresse du maître de l'ouvrage. Toutefois, il résulte de l'instruction que ces panneaux ont été livrés au siège de l'entreprise et non sur le chantier, que le maître de l'ouvrage n'a pas demandé à ce que ces panneaux ne soient pas posés mais au contraire a mis en demeure le 9 mai 2019 la SOGEFI de lever toutes les réserves à l'exception de l'habillage mural et de l'encadrement bois, ce qui inclut de lever la réserve concernant les panneaux acoustiques. L'université est donc fondée à appliquer dans le décompte général du marché une moins-value de 29 713,70 euros HT au titre de la reprise aux frais et risques de la société requérante de la pose des panneaux acoustiques.
5. Dans un deuxième temps, si l'université fait valoir que les réserves liées à l'absence de pose de banquettes en bois étaient indiquées dans un document intitulé " BGA " et joint au procès-verbal de réception des travaux, il ne résulte pas de l'instruction qu'une telle réserve apparaîtrait explicitement. En tout état de cause, si l'université soutient que cette pose de banquette de bois a été réalisée par l'entreprise Roux Frères dans le cadre du marché de substitution, il résulte de l'instruction, et particulièrement de la décomposition du prix global et forfaitaire (DPGF), établie par la société Roux Frères, qu'il n'y a pas eu de travaux de reprise concernant les banquettes en bois. Par suite, la moins-value de 4 757,80 euros HT au titre de la reprise de la pose des banquettes n'est pas fondée, et cette somme doit être réintégrée au crédit de la SOGEFI.
6. Dans un dernier temps, l'université soutient que les gâches électriques des portes ne fonctionnaient pas ; toutefois, il résulte de l'instruction, et particulièrement du compte-rendu des essais du système de sécurité incendie du 19 mars 2019, que le mauvais fonctionnement de deux gâches électriques était souligné et il résulte du rapport de l'huissier de justice établi le 22 mai 2019 à la demande de l'établissement public d'aménagement de Paris-Saclay, que les gâches de quatre portes ne fonctionnaient pas et qu'une cinquième n'a pu être testée faute d'alimentation électrique, ce qui ne permet pas d'établir un défaut général sur l'ensemble des gâches électriques de toutes les portes. Par suite, la moins-value de 19 274,07 euros HT au titre de la reprise aux risques et frais des titulaires des gâches électriques n'est pas fondée, et il y a lieu de réintégrer cette somme au crédit du titulaire du marché.
7. Enfin, les autres moins-values portant sur l'habillage acoustique (25 152,88 euros HT), l'encadrement bois (25 746,66 euros HT), les plinthes aluminium (3 731,73 euros HT), les rideaux d'occultation (14 928 euros HT), les patères (3 295,06 euros HT) et les boîtes aux lettres (220,39 euros HT) ne sont pas contestées par la SOGEFI, ni dans leur principe, ni dans leur montant.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de mettre à la charge du titulaire du marché la somme de 102 788,42 euros HT pour la reprise aux frais et risques du titulaire des imperfections correspondant aux réserves mentionnées dans le décompte général. Par suite, dès lors que le décompte établi par le maître de l'ouvrage intègre une somme de 126 820,29 euros HT sur ce fondement, il convient de mettre au crédit de la SOGEFI pour fixer le solde du marché la somme de 24 031,87 euros HT, soit 28 838,24 euros TTC.
En ce qui concerne les pénalités de retard :
9. Aux termes de l'article VIII.5.1 du CCAP du marché, l'entrepreneur subira une pénalité journalière de 500 euros à retenir en cas de retard à l'achèvement des travaux. De plus, aux termes de l'article VIII.5.13 du même cahier : " Si certaines réserves ne sont pas levées dans le délai imparti, le titulaire se verra appliquer une pénalité de 1 000 euros HT par jour calendaire de retard. ".
10. La date de fin des travaux a été fixée contractuellement au 10 septembre 2018 et les travaux ont finalement été reçus le 20 mars 2019, soit avec 191 jours de retard, sur lesquels l'université a retenu 104 jours de retard imputables à la SOGEFI, soit 52 000 euros de pénalités. Toutefois, il résulte de l'instruction, et particulièrement d'un bilan sur les retards de calendrier établi en mars 2019 par le coordonnateur " Ordonnancement, pilotage et coordination " que sur les 27 semaines de retard, 13 semaines sont imputables aux entreprises en charge des travaux de gros-œuvre et 14 semaines sont imputables aux corps d'état secondaires, dont 50 % sont imputables à la SOGEFI. Il résulte de cette règle de calcul que la SOGEFI ne peut se voir appliquer de pénalités de retard liées à la réception des travaux qu'à hauteur de 7 semaines de retard, soit 49 jours, soit un montant de 24 500 euros, et non de 52 000 euros comme il est inscrit dans le décompte général et définitif.
11. De plus, le procès-verbal de réception des travaux du 4 avril 2019 indique que les réserves mentionnées en annexe doivent être levées avant le 20 avril 2019. Par un procès-verbal du 16 juillet 2019, soit 87 jours après la date du 20 avril 2019, il a été constaté que ces réserves n'étaient pas levées et l'université dans ses écritures soutient, à juste titre au regard des pièces du dossier, qu'elle est fondée à réclamer 87 000 euros au titre de pénalités de retard liées à la levée des réserves. Par suite, la SOGEFI ne peut se voir appliquer de pénalités de retard liées à la levée des réserves qu'à hauteur 87 000, et non de 96 000 euros comme il est inscrit dans le décompte général et définitif.
12. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de mettre à la charge de la SOGEFI la somme totale de 111 500 euros de pénalités de retard, sans qu'il soit établi qu'une telle somme, représentant 17,5 % du montant global du marché HT, serait manifestement disproportionnée, et non pas la somme de 148 000 euros inscrite dans le décompte général et définitif. Par suite, il y a lieu de mettre au crédit de la SOGEFI pour fixer le solde du marché la différence, soit la somme de 36 500 euros au titre des pénalités de retard indues.
En ce qui concerne la demande de réparation du préjudice lié à l'allongement de la durée des travaux :
13. Les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché à forfait ne peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l'entreprise titulaire du marché que dans la mesure où celle-ci justifie soit que ces difficultés trouvent leur origine dans des sujétions imprévues ayant eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat, soit qu'elles sont imputables à une faute de la personne publique commise notamment dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l'estimation de ses besoins, dans la conception même du marché ou dans sa mise en œuvre, en particulier dans le cas où plusieurs cocontractants participent à la réalisation de travaux publics.
14. Si la société requérante soutient qu'elle a subi un préjudice qu'elle évalue à un montant de 49 739,06 euros HT du fait de l'allongement de la durée des travaux qui devaient initialement être achevés le 10 septembre 2018 et qui ont été finalement reçus le 20 mars 2019, elle ne justifie ni que les difficultés rencontrées dans l'exécution du marché trouveraient leur origine dans des sujétions imprévues ayant eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat, ni que celles-ci seraient imputables à une faute de la personne publique commise notamment dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l'estimation de ses besoins, dans la conception même du marché ou dans sa mise en œuvre. Par suite, la responsabilité du maître de l'ouvrage ne peut être engagée pour obtenir réparation du préjudice lié à l'allongement de la durée des travaux, et les conclusions indemnitaires présentées par la SOGEFI tendant à obtenir réparation de ce préjudice doivent être rejetées.
En ce qui concerne la révision de prix :
15. Si le décompte général et définitif intègre une révision de prix pour un montant de 19 930,82 euros HT, la SOGEFI soutient que le taux de révision de prix à partir duquel ce montant a été calculé n'a pas été arrondi au millième, contrairement à ce que prévoit l'article III.3 du CCAP. Dans ses écritures, l'université reconnaît que le taux de révision de prix à partir duquel le calcul doit être fait est 1,049 et qu'à partir de ce taux, arrondi au millième, le montant dû à la SOGEFI au titre de la révision de prix s'élève à 20 169,77 euros HT, soit un montant supérieur de 238,95 euros HT à celui initialement intégré dans le décompte général et définitif. Par suite, il y a lieu de mettre au crédit de la SOGEFI, pour le calcul du solde du marché, la somme de 238,95 euros HT, soit 286,74 euros TTC, au titre de la révision de prix.
En ce qui concerne les intérêts moratoires :
16. Aux termes de l'article VII.2 du CCAP : " Le défaut de paiement dans le délai susvisé fait courir des intérêts moratoires. Le taux applicable est celui de la Banque Centrale Européenne en vigueur à la date à laquelle les intérêts moratoires commencent à courir, augmenté de 8 (huit) points, auquel est ajoutée une indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement".
17. Si la SOGEFI demande le versement de 1 269,51 euros au titre des intérêts moratoires, et ce inclus l'indemnité forfaitaire de recouvrement, pour des retards de paiement de 24 jours sur la situation n°1, de 2 jours sur la situation n°2, de 20 jours sur la situation n°4, d'un jour sur la situation n°5, de 15 jours sur la situation n°6, de 4 jours sur la situation n°7 et de 4 jours sur la situation n°8, elle n'apporte pas les pièces permettant de justifier de ces retards. En revanche, l'université produit un document, intitulé " Récapitulatif des intérêts moratoires ", montrant qu'elle est redevable envers la SOGEFI de la somme de 1 155,51 euros au titre des intérêts moratoires, et ce inclus l'indemnité forfaitaire de recouvrement, pour des retards de 17 jours sur la situation n°1, de 16 jours sur la situation n°2, de 8 jours sur la situation n°6 et de 133 jours sur la situation n°9. Par suite, il y a lieu de mettre au crédit de la SOGEFI la somme de 1 155,51 euros TTC au titre des intérêts moratoires, et ce inclus le versement de l'indemnité forfaitaire de recouvrement.
En ce qui concerne la retenue de garantie :
18. Aux termes de l'article IV du CCAP : " Il est prévu une retenue de garantie de 5% qui sera appliquée sur chaque demande de paiement, dans les conditions fixées par la réglementation en vigueur. Le titulaire pourra remplacer la retenue de garantie par une garantie à première demande. Le maître d'ouvrage n'accepte pas qu'une caution personnelle et solidaire remplace la garantie à première demande. Il est rappelé qu'en cas de réserves notifiées au titulaire et non levées avant la date d'expiration du délai de garantie, la retenue de garantie ne sera remboursée ou les personnes ayant délivré leur garantie ne seront libérées qu'un mois après la date de la levée effective de ces réserves. "
19. Si la SOGEFI demande la restitution de la retenue de garantie s'élevant selon elle à hauteur de 10 668,49 euros TTC, l'université fait valoir qu'elle ne conteste pas le principe d'une restitution de cette retenue de garantie, mais que celle-ci s'élève, d'après le récapitulatif du décompte général, à un montant de 10 167,73 euros TTC, ce que la SOGEFI ne conteste pas. Par suite, il y a lieu de mettre au crédit de la SOGEFI, pour le calcul du solde du marché, une somme de 10 167,73 euros TTC, au titre de la restitution de la retenue de garantie.
20. Le montant total du marché s'élève à 760 798,79 euros TTC. Toutefois, le décompte général et définitif intègre à tort au débit de la SOGEFI la somme de 28 838,24 euros TTC s'agissant de la reprise des réserves, la somme de 27 500 euros au titre des pénalités de retard liées à la réception des travaux et la somme de 9 000 euros au titre des pénalités de retard liées à la levée des réserves. De plus, ce décompte aurait dû intégrer la somme de 286,74 euros TTC au titre de la révision de prix, la somme de 10 167,73 euros TTC au titre de la restitution du dépôt de garantie et la somme de 1 155,51 euros TTC au titre des intérêts moratoires. Par suite, le solde du marché s'établit à la somme de 76 948,22 euros TTC, à laquelle il y a lieu de condamner l'université Paris Saclay.
Sur les intérêts moratoires et leur capitalisation :
21. Aux termes de l'article VII.1.5 du CCAP : " Le règlement des sommes dues au titre du contrat se fera dans un délai maximal de 30 jours à compter de la réception de la facture à condition que le service fait soit certifié. ".
22. Par son mémoire en réclamation notifié à l'université Paris Saclay le 5 octobre 2021, la SOGEFI a demandé le paiement des sommes contestées dans le décompte général et définitif qui lui avait été notifié. Par suite, la SOGEFI a droit au versement des intérêts moratoires à compter du 4 novembre 2021. Ces intérêts porteront eux-mêmes intérêts à compter du 4 novembre 2022, puis à chaque échéance annuelle ultérieure.
Sur l'indemnité forfaitaire de recouvrement :
23. En application de VII.2 du CCAP, il y a lieu de condamner l'université à verser à la SOGEFI une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement d'un montant de 40 euros.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SOGEFI, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'université Paris-Saclay demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'université Paris-Saclay une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SOGEFI et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'université Paris-Saclay est condamnée à verser à la SOGEFI la somme de 76 948,22 euros, assortie des intérêts contractuels à compter du 4 novembre 2021 et capitalisation de ces intérêts.
Article 2 : L'université Paris-Saclay est condamnée à verser à la SOGEFI la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement.
Article 3 : L'université Paris-Saclay versera à la SOGEFI une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de l'université Paris-Saclay présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société générale de faux-plafonds et isolation et à l'université Paris-Saclay.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
M. Perez, premier conseiller,
M. Bélot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
J-L Perez
Le président,
signé
C. GosselinLa greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026