mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2202761 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SYLVAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 et 11 avril et 15 novembre 2022, M. B C, représenté par Me Sylvain, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les impositions en litige ont été établies au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'administration fiscale n'a pas fait droit à sa demande de recours hiérarchique, en méconnaissance du paragraphe 36 de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er septembre 2022 et 25 juillet 2023, la directrice de la direction spécialisée du contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par M. C n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 23 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 août 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ghiandoni,
- et les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle portant sur les revenus des années 2015 et 2016. Par une proposition de rectification en date du 19 décembre 2018, l'administration fiscale lui a notifié, au titre de l'année 2016 notamment, selon la procédure de rectification contradictoire et la procédure de taxation d'office, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, ainsi qu'une cotisation de contribution sur les hauts revenus, assorties d'intérêts de retard et de majorations. Ces impositions supplémentaires et les pénalités correspondantes, d'un montant total de 411 307 euros, ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2021.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. L'article L. 10 du livre des procédures fiscales dispose : " L'administration des impôts contrôle les déclarations ainsi que les actes utilisés pour l'établissement des impôts, droits, taxes et redevances. / Elle contrôle, également les documents déposés en vue d'obtenir des déductions, restitutions ou remboursements, ou d'acquitter tout ou partie d'une imposition au moyen d'une créance sur l'Etat. / A cette fin, elle peut demander aux contribuables tous renseignements, justifications ou éclaircissements relatifs aux déclarations souscrites ou aux actes déposés. / Les dispositions contenues dans la charte des droits et obligations du contribuable vérifié mentionnée au troisième alinéa de l'article L. 47 sont opposables à l'administration. ". Le paragraphe 6 du chapitre Ier de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié, dans sa version applicable au litige, prévoit que : " En cas de difficultés, vous pouvez vous adresser à l'inspecteur divisionnaire ou principal et ensuite à l'interlocuteur désigné par le directeur. Leur rôle vous est précisé plus loin (voir page 20). Vous pouvez les contacter pendant la vérification ".
3. La possibilité pour le contribuable de s'adresser, dans les conditions précisées par les passages précédemment cités de la charte, au supérieur hiérarchique du vérificateur puis, le cas échéant, à l'interlocuteur départemental ou régional constitue une garantie substantielle ouverte à l'intéressé à deux moments distincts de la procédure de rectification, en premier lieu, au cours de la vérification et avant l'envoi de la proposition de rectification ou la notification des bases d'imposition d'office pour ce qui a trait aux difficultés affectant le déroulement des opérations de contrôle et, en second lieu, pour les contribuables faisant l'objet d'une procédure de rectification contradictoire, après la réponse faite par l'administration fiscale à leurs observations sur la proposition de rectification en cas de persistance d'un désaccord sur le bien-fondé des rectifications envisagées.
4. M. C produit une lettre, datée du 28 décembre 2018, envoyée par recommandé avec accusé réception, portant la référence 1 A 158 567 7844 7 et adressée à " la direction générale des finances publiques du Nord / Mme A D / E / 27023 Evreux " dont l'objet était " demande concernant mon contrôle personnel 2014, 2015, 2016 et de la société AGP Transport " dans laquelle il mettait en cause l'impartialité du vérificateur qui a notamment procédé à l'examen de sa situation fiscale personnelle et formulait, pour ce motif, une demande d'entretien avec sa supérieure hiérarchique, Mme D. M. C produit, en outre, un procès-verbal de constat d'huissier qui comporte notamment une photographie de l'accusé réception du pli postal, dont la référence est reportée sur la lettre mentionnée ci-dessus, attestant que ce pli a été réceptionné par la direction générale des finances publiques du Nord le 7 janvier 2019. L'administration fiscale ne démontre pas, ni même n'allègue, que la lettre du 28 décembre 2018 dont se prévaut M. C ne serait pas celle contenue dans le pli postal portant la référence 1 A 158 567 7844 7. Ainsi, alors même que seule la société AGP Transport figure en qualité d'expéditeur sur ce pli et que ce pli n'identifiait pas la brigade de vérification dirigée par Mme D, M. C établit, par les pièces qu'il produit, qu'il avait régulièrement sollicité un entretien avec le supérieur hiérarchique du vérificateur ayant procédé à son contrôle fiscal personnel au cours des opérations de contrôle et l'administration ne pouvait, sans méconnaître les énonciations de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié, refuser d'y faire droit. Il en résulte que M. C a ainsi été privé d'une garantie substantielle, et que les impositions en litige ont été établies à la suite d'une procédure irrégulière.
5. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à solliciter la décharge des impositions en litige.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est déchargé, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016.
Article 2 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la direction de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dely, présidente,
Mme Bartnicki, première conseillère,
Mme Ghiandoni, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
S. Ghiandoni
La présidente,
Signé
I. DelyLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026