lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203484 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat Mathou |
| Avocat requérant | SCP DE NERVO, POUPET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par une décision du 28 avril 2022, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, saisi d'un recours présenté par M. B A, a annulé l'ordonnance du tribunal administratif de Versailles du 6 janvier 2021 et renvoyé l'affaire devant le même tribunal.
Procédure antérieure devant le tribunal :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2020, M. A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision du 7 août 2020 du président du conseil départemental de l'Essonne mettant fin à ses droits au revenu de solidarité active, la décision du même jour par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Essonne a décidé de récupérer un indu de revenu de solidarité active pour la période de 1er mars 2019 au 1er juillet 2020, ainsi que sa décision du 15 août 2020 de récupérer un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 274,14 euros au titre de 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2022, le département de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés dans le requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 7 août 2020, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne agissant au nom du président du conseil départemental de l'Essonne a décidé de mettre fin au droit au revenu de solidarité active de M. A. La caisse d'allocations familiales a réclamé à M. A, par une décision du même jour, le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active et d'aides personnalisées au logement d'un montant total de 8 996,71 euros pour la période du 1er mars 2019 au 1er juillet 2020 et, par une décision du 15 août 2020, un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année de 274,41 euros au titre de l'année 2019. M. A, par deux lettres recommandées avec accusés de réception datées du 20 août 2020, a respectivement adressé un recours administratif préalable au président du conseil départemental de l'Essonne et un recours contentieux au tribunal administratif de Versailles. Par lettre du 7 janvier 2021, le département de l'Essonne a rejeté son recours administratif préalable. M. A conteste les décisions du 7 août 2020 en tant qu'elles portent sur ses droits au revenu de solidarité active et sur l'indu de revenu de solidarité active ainsi que la décision du 15 août 2020 portant sur l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année.
Sur l'entendue du litige :
2. D'une part, le premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles prévoit que : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ".
3. L'institution d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, vise à laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il appartient au juge administratif, statuant après que l'autorité compétente a définitivement arrêté sa position, de regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours administratif préalable, qui s'y est substituée.
Sur les conclusions en contestation de l'indu de RSA :
4. Lorsque le recours dont le juge est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
5. L'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; () 4° Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière ". L'article R. 262-6 du même code prévoit que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". Aux termes de l'article R. 262-11 du même code : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : () 14° Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ". L'article R. 262-14 de ce code prévoit que : " Sur décision individuelle du président du conseil général au vu de la situation exceptionnelle du demandeur au regard de son insertion sociale et professionnelle, il n'est pas tenu compte des libéralités consenties aux membres du foyer ". Enfin, l'article R. 262-37 de ce code dispose que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
6. Il résulte des dispositions législatives et réglementaires citées ci-dessus que les aides apportées par des proches ne sauraient être assimilées ni à des " aides et secours financiers dont le montant et la périodicité n'ont pas de caractère régulier ", ni à des " aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation " mentionnés au 14° de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles, lequel vise, en application du 4° de l'article L. 262-3 du même code, des prestations et aides sociales à finalité sociale particulière, mais pourraient seulement relever, le cas échéant, des dispositions de l'article R. 262-14 de ce code.
7. Par ailleurs, il résulte également de ces dispositions qu'il appartient au bénéficiaire du revenu de solidarité active de faire connaître à l'autorité administrative l'ensemble des ressources dont il dispose ainsi que sa situation familiale et tout changement en la matière. S'il est établi que le bénéficiaire du revenu de solidarité active a procédé à des déclarations inexactes ou incomplètes et qu'il n'est, en outre, pas possible, faute de connaître le montant exact des ressources des personnes composant le foyer, de déterminer s'il pouvait ou non bénéficier de cette allocation pour la période en cause, l'autorité administrative est en droit de mettre fin à cette prestation et, sous réserve des délais de prescription, de décider de récupérer les sommes qui ont ainsi été indûment versées à l'intéressé.
En ce qui concerne la période du 1er mars 2019 au 1er juillet 2020 :
8. Il résulte de l'instruction que dans le cadre d'une enquête effectuée par les services du département de l'Essonne, il est apparu que le requérant disposait d'un compte créditeur dont le solde s'élevait à 12 705,08 euros en juillet 2020 alors que, sur la période litigieuse, il avait déclaré un total de ressources de 4 758 euros pour le foyer. Si M. A fait valoir que les sommes versées sur son compte courant correspondent à de l'argent prêté et remboursé par de la famille ou des amis, il n'apporte aucun élément de nature à justifier ses allégations. Ces aides financières qu'il a reçues de sa famille et de ses amis devaient être déclarées par l'allocataire au titre de ses ressources prises en compte pour le calcul de son revenu de solidarité active.
9. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est pas allégué que les montants des indus de revenu de solidarité mis à la charge de M. A seraient erronés.
10. Si M. A fait valoir qu'il n'a pas les moyens financiers de s'acquitter des sommes qui lui sont réclamées, cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur le bien-fondé des indus en litige.
En ce qui concerne la période postérieure au 1er juillet 2020 :
11. M. A ne produit aucun élément de nature à établir que sa situation se serait modifiée après le 1er juillet 2020 et notamment qu'il aurait cessé de bénéficier de l'assistance financière de ses proches. Il en résulte que, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 9, il n'est pas fondé à soutenir que le département de l'Essonne aurait commis une erreur de droit ou une erreur d'appréciation en ne lui accordant pas le bénéfice du RSA après le 1er janvier 2020.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à se voir reconnaître le droit au RSA et à l'annulation de l'indu mis à sa charge à ce titre ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur la contestation d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année :
13. L'article 3 des décrets n° 2015-1870 du 30 décembre 2015 et n° 2016-1945 du 28 décembre 2016, relatifs à l'aide exceptionnelle de fin d'année attribuée à certains allocataires du revenu de solidarité active, prévoit qu'une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre ou, à défaut, du mois de décembre, à condition que les ressources du foyer n'excèdent pas un certain montant. Les articles 5 et 6 desdits décrets précisent que cette aide, qui n'est pas une prestation mais une aide à la charge de l'Etat, est versée par l'organisme débiteur du revenu de solidarité active et que tout paiement indu de cette aide est récupéré par cet organisme.
14. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus au point 9 que M. A n'avait pas droit au RSA pour les mois de mars 2019 à juillet 2020. Dès lors, il n'avait pas droit non plus à la prime de fin d'année au titre de l'année 2019. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander au tribunal d'être rétabli dans son droit à la prime exceptionnelle de fin d'année pour l'année 2019.
15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au département de l'Essonne et à la caisse d'allocation familiales de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. C La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026