LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2203779

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2203779

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2203779
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantSTEFANO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés les 14 mai 2022 et 2 février 2023, la société Hygie, M. C D et Mme E D, représentés par Me Stefano, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner solidairement les communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains à verser à la société Hygie une indemnité de 2 771,50 euros et aux époux D une indemnité de 1 180,90 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis ;

2°) d'enjoindre aux communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains de réparer la voie communale n°1 dans les plus brefs délais, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre solidairement à la charge des communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains une somme de 1 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- le contentieux est lié à l'égard des deux communes ; en vertu de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration, la commune de Briis-sous-Forges aurait dû transmettre leur demande indemnitaire à la commune de Forges-les-Bains ;

- à titre principal, la responsabilité pour faute des communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains doit être engagée pour défaut d'entretien de la voie communale sur laquelle leur véhicule a été endommagé en raison de l'état dégradé de la route ;

- la voie communale en litige se situant sur le territoire de ces deux communes, il y a lieu d'engager leur responsabilité solidaire ;

- le défaut d'entretien de cette voie communale provient également d'un défaut de signalisation suffisante des dangers présents sur la chaussée ; d'une part, le panneau de signalisation " chaussée déformée " n'a été posé qu'en 2021 et n'est pas de nature à prévenir de l'existence d'un danger du type de celui qui a engendré la crevaison de leurs pneus ; d'autre part, les communes, si elles ne pouvaient remédier au défaut d'entretien, devaient soit interdire l'accès à cette voie, soit signaler de façon adéquate les dangers ;

- à titre subsidiaire, la responsabilité sans faute des communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains doit également être engagée pour rupture d'égalité devant les charges publiques, le dommage qu'ils ont subi revêtant un caractère anormal et spécial ;

- la société Hygie est fondée à être indemnisée à hauteur de 1 771,50 euros en réparation de son préjudice matériel et de 1 000 euros en réparation du préjudice extrapatrimonial lié aux nombreux déplacements et démarches administratives et juridiques qu'elle a dû entreprendre à la suite de ses sinistres ;

- M. et Mme D sont fondés à réclamer les sommes de 680,90 euros en réparation de leur préjudice matériel et de 500 euros au titre de leur préjudice moral.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 4 août 2022 et 11 juin 2023, la commune de Briis-sous-Forges conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Hygie et de M. et Mme D une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- aucune demande préalable n'a été adressée à la commune de Forges-les-Bains, la requête est donc irrecevable ;

- faute d'établir à quel niveau de la voie communale n°1 les époux D ont été victimes de plusieurs crevaisons, ni de démontrer que l'état de cette route est à l'origine des crevaisons qu'ils allèguent, les requérants ne sont pas fondés à engager sa responsabilité pour faute ou sans faute ;

- le chemin en litige est signalé comme chaussée déformée par un panneau qui invite ses usagers à la plus grande prudence ;

- les préjudices ne sont pas établis.

Par une ordonnance du 27 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Degorce ;

- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique ;

- et les observations de M. A pour la commune de Briis-sous-Forges.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B et F D, représentant la société Hygie, propriétaire, entre le 15 décembre 2017 et le 9 octobre 2021, d'un véhicule immatriculé CZ-986-MS, soutiennent avoir subi la crevaison, à deux reprises, du pneumatique droit alors qu'ils circulaient sur le chemin communal n°1 qui sépare les communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains. M. et Mme C et E D, propriétaires d'un véhicule immatriculé EQ-314-WP, soutiennent quant à eux, avoir également été victimes de deux crevaisons sur cette même voie entre le 4 et le 5 août 2020 puis " au cours des vacances de fin d'année. " Par la présente requête, ils sollicitent l'indemnisation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de ces quatre crevaisons.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

En ce qui concerne la responsabilité pour faute :

5. Les requérants, qui circulaient sur le chemin communal n°1 reliant la commune de Briis-sous-Forges au hameau de Launay Maréchaux, doivent être regardés, au moment de la crevaison de leurs pneumatiques, comme des usagers de la voirie publique. Pour obtenir la réparation des dommages qu'ils ont subis à la suite de leurs accidents, ils sont ainsi tenus de rapporter la matérialité des faits qu'ils invoquent ainsi que la preuve d'un lien de cause à effet entre l'ouvrage en litige et le dommage subi. Pour s'exonérer, le cas échéant, de la responsabilité qui pèse sur elle, il incombe à la personne responsable soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer une faute de la victime.

6. En l'espèce, les requérants soutiennent que les dommages occasionnés à leurs deux véhicules ont pour origine l'état dégradé de la chaussée du chemin communal n°1 qui a provoqué les crevaisons, à quatre reprises, de leurs pneumatiques ainsi que la déformation de la jante arrière droite du véhicule appartenant à la société Hygie. Ils soutiennent également qu'aucun panneau de signalisation n'indiquait la présence de ces défectuosités, le panneau " chaussée déformée " ayant été installé postérieurement à leurs accidents. Pour établir la matérialité des faits qu'ils invoquent, les requérants se bornent toutefois à produire dix photographies non datées, non authentifiées et non localisées, des factures du garage Mercedes Benz des Ulis, un constat d'huissier attestant notamment que " l'enrobé de la voie communale n°1 présente de nombreux trous, fissures et cassures ", des vues aériennes du chemin communal tirées du site internet " Google maps " ainsi que des extraits de leurs relevés de carte bancaire. Toutefois, ces éléments ne permettent pas de déterminer avec précision et certitude les circonstances exactes des incidents qu'ils rapportent, la date et le lieu exacts de ces incidents n'étant au demeurant même pas précisés. Dans ces conditions, alors que les requérants ne présentent aucun élément permettant de localiser et de déterminer avec précisions les causes des quatre crevaisons qu'ils rapportent, ils ne peuvent être regardés comme rapportant la matérialité des faits qu'ils invoquent ainsi que la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage en litige et les dommages qu'ils ont subis. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à demander l'engagement de la responsabilité pour faute des communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains.

En ce qui concerne la responsabilité sans faute :

7. En se bornant à soutenir que les préjudices dont ils se prévalent sont anormaux et spéciaux sans démontrer, ni même indiquer en quoi ils seraient victimes d'une rupture d'égalité devant les charges publiques, les requérants ne sont davantage fondés à engager la responsabilité sans faute des communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Briis-sous-Forges, que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par la société Hygie et M. et Mme C et E D doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

9. Lorsque le juge administratif condamne une personne publique responsable de dommages qui trouvent leur origine dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public, il peut, saisi de conclusions en ce sens, s'il constate qu'un dommage perdure à la date à laquelle il statue du fait de la faute que commet, en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, la personne publique, enjoindre à celle-ci de prendre de telles mesures.

10. En l'espèce, en l'absence de toute condamnation des communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains à réparer les préjudices allégués par les requérants, il ne peut leur être enjoint de prendre des mesures pour faire cesser les dommages. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge des communes de Briis-sous-Forges et de Forges-les-Bains, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Hygie et M. et Mme C et E D réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées à ce même titre par la commune de Briis-sous-Forges, qui n'est pas représentée par un avocat.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Hygie et de M. et Mme D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Briis-sous-Forges au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Hygie, à M. C D, à Mme E D et à la commune de Briis-sous-Forges.

Délibéré après l'audience du 13 mai 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Sauvageot, présidente,

- Mme Lutz, première conseillère,

- Mme Degorce, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.

La rapporteure,

Signé

Ch. DegorceLa présidente,

Signé

J. Sauvageot

La greffière,

Signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions