jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203866 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mai 2022, la société anonyme Enedis, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la société Eiffage à lui verser la somme de 4 194,20 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 18 janvier 2022, en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de travaux réalisés par la société Eiffage ;
2°) de mettre à la charge de la société Eiffage la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente car les travaux à l'origine des dommages réalisés par la société Eiffage consistent en la réalisation d'infrastructures situées sur le domaine public et présentent ainsi le caractère de travaux publics ;
- la responsabilité de la société Eiffage peut être engagée sans faute dès lors qu'elle ne peut qu'être qualifiée de tiers par rapport aux travaux publics en cause car elle ne participe pas à l'exécution de ces travaux qui ne sont pas non plus réalisés pour son compte ;
- les travaux réalisés par la société Eiffage sont directement à l'origine des désordres occasionnés ;
- la société Eiffage, chargée de la réalisation des travaux et auteur du dommage, ne lui a adressé aucune déclaration d'intention de commencement des travaux ni avant la réalisation des travaux, en méconnaissance de l'article 7 du décret n°91-1147 du 14 octobre 1991 relatif à l'exécution de travaux à proximité de certains ouvrages souterrains, aériens, ou subaquatiques de transport ou de distribution, dans sa version en vigueur au jour de la réalisation du dommage, et de l'article L. 554-1 du code de l'environnement, ni après, afin de régulariser sa situation, ce qui constitue une abstention fautive ;
- l'indemnisation intégrale des travaux de réparation des dommages causés par la société Eiffage sera évaluée à hauteur d'un montant total de 4 194,20 euros.
Une mise en demeure a été adressée le 7 février 2024 à la société Eiffage génie civil, qui n'a pas produit d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier ;
- et les conclusions de M. Chavet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Enedis est concessionnaire du réseau de distribution d'électricité sur la commune de Ris-Orangis en vertu d'une convention de concession pour le service public de la distribution d'électricité. Le 16 septembre 2020, ont été constatés des dommages causés à un branchement électrique sous-terrain dépendant de son exploitation et localisé au 9 rue X alors que la société Eiffage réalisait des travaux dans cette rue. En l'absence de réalisation de travaux de remise en état par la société Eiffage, la société Enedis a procédé aux réparations nécessaires. Elle en a informé la société Eiffage par un courrier du 20 octobre 2020 et lui a adressé le 2 février 2021 une facture d'un montant de 4 194,20 euros correspondant aux frais de remise en état engagés. Par un courrier du 14 janvier 2022, la société Enedis a présenté une demande indemnitaire préalable, laquelle est restée sans réponse. La société Enedis demande au tribunal de condamner la société Eiffage à lui verser la somme de 4 194,20 euros en réparation des dommages résultant des travaux que cette dernière a réalisés.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Même en l'absence de faute, le maître de l'ouvrage et, le cas échéant, l'entrepreneur chargé des travaux sont responsables vis-à-vis des tiers des dommages causés à ceux-ci par l'exécution d'un travail public, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du constat contradictoire de dommage dressé le 16 septembre 2020, que lors des travaux d'implantation des bordures à poser dans le cadre des travaux du tramway-train T12, les équipes de la société Eiffage ont accidentellement planté une fiche dans deux câbles HTA (haute tension A ou moyenne tension) souterrains du réseau de distribution électrique de la société Enedis, ce qui a entraîné une interruption de service. Ces travaux, qui étaient réalisés pour le compte de collectivités publiques dans un but d'intérêt général, ont le caractère de travaux publics. Dans ces conditions, la société Enedis, tiers par rapport aux travaux publics litigieux, est fondée à demander à ce que la responsabilité sans faute de la société Eiffage soit engagée en raison du préjudice qu'ont occasionné pour elle les dommages accidentels de travaux publics.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction qu'à la suite du dommage accidentel causé à ses deux câbles HTA par la société Eiffage le 16 septembre 2020, la société Enedis a engagé des frais de réparation dont elle demande l'indemnisation, consistant en des frais de main d'œuvre d'un montant de 650 euros pour les opérateurs étant intervenus en période d'heure normale et de 495,60 euros pour les opérateurs étant intervenus en période d'heure supérieure majorée ainsi que des frais de fournitures d'un montant de 3 048,60 euros, soit la somme totale de 4 194,20 euros. Ces frais ainsi exposés étant en lien direct avec le dommage accidentel subi par la société Enedis, et en l'absence de contestation par la société Eiffage qui n'a pas présenté d'observations, il y a lieu de condamner la société Eiffage à verser la somme de 4 194,20 euros en réparation du préjudice subi par la société Enedis.
Sur les intérêts :
5. En vertu de l'article 1231-6 du code civil, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
6. La société Enedis a droit, à compter de la date de réception de sa demande indemnitaire préalable, le 18 janvier 2022, aux intérêts au taux légal sur la somme de 4 194,20 euros que la société Eiffage est condamnée à lui verser.
Sur les frais de l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Eiffage, la somme de 1 800 euros à verser à la société Enedis au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La société Eiffage est condamnée à verser à la société Enedis la somme de 4 194,20 euros (quatre mille cent quatre-vingt-quatorze euros et vingt centimes), assortie des intérêts au taux légal à compter du 18 janvier 2022.
Article 2 : La société Eiffage versera à la société Enedis une somme de 1 800 euros (mille huit cents) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Enedis et à la société Eiffage route.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
signé
Z. Corthier
La présidente,
signé
J. Lellouch
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2203866
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026