vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204394 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | BORDESSOULE DE BELLEFEUILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés au tribunal le 6 juin et le 9 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Bordessoule de Bellefeuille demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juin 2020 par laquelle la commission de recours amiable auprès de la caisse d'allocations familiales des Yvelines a rejeté dans sa séance du 4 juin 2020 son recours administratif préalable obligatoire tendant à l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales du 24 janvier 2020 mettant à sa charge un indu d'aide personnalisée au logement de 3 840,29 euros pour la période de janvier 2018 à décembre 2019 ;
2°) d'annuler la décision du 3 février 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Yvelines met à sa charge un indu d'aide personnalisée au logement de 3 827,29 euros ;
3°) d'ordonner à la caisse d'allocations familiales des Yvelines de restituer les sommes irrégulièrement prélevées ;
4°) d'enjoindre au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard en application des dispositions des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
5°) de condamner l'Etat à verser à son avocat la somme de 2 500 euros en application des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L. 822-5 et R.822-2 du code de la construction et de l'habitation ;
Par des mémoires enregistrés les 9 et 14 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requérante s'est vu opposer un refus à sa demande de remise de dette le 14 septembre 2020 ;
- la décision contestée est signée de la directrice de la caisse d'allocations familiales ;
- la motivation de la décision contestée est conforme ;
- l'indu est fondé sur la circonstance que la requérante a déclaré en décembre 2019 que son fils handicapé considéré comme étant à sa charge ne résidait plus à son domicile depuis le 2 février 2015.
En application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par un courrier du tribunal du 21 avril 2023 que la solution du litige était susceptible de reposer sur le moyen soulevé d'office de l'irrecevabilité pour forclusion des conclusions à fin d'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales des Yvelines notifiée à la requérante le 21 juin 2020 et comportant la mention des voies et délais de recours.
Le délai de réponse était fixé au 28 avril 2023 à 12 heures. Aucune réponse n'a été enregistrée par le tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Crandal a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B percevait l'aide personnalisée au logement pour le logement qu'elle occupait avec son fils C à Poissy ( Yvelines ). Elle a informé la caisse d'allocations familiales des Yvelines, le 31 décembre 2019, que son fils C avait quitté son domicile le 2 février 2015. La caisse d'allocations familiales lui a adressé un courrier du 24 janvier 2020 l'informant de la modification de ses droits à compter du 1er janvier 2018 et mettant à sa charge un indu d'APL de 3 787,29 euros. Le 3 février 2020, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a adressé un courrier à Mme B l'informant des modalités de remboursement mensuel de sa dette. En réponse à sa contestation de cet indu, Mme B a reçu par courrier du 16 juin 2020 qui lui a été notifié sous pli recommandé numéro 1A18049019099 le 21 juin 2020, l'avis de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du 4 juin 2020 se prononçant sur son recours administratif préalable obligatoire. Mme B a adressé au tribunal administratif de Versailles une lettre du 4 août 2020 adressée à la caisse d'allocations familiales des Yvelines dans laquelle elle demandait que lui soit accordée la remise gracieuse de sa dette et dans laquelle elle exposait ses difficultés financières accompagnée du courrier du 16 juin 2020 de la caisse d'allocations familiales des Yvelines. Par courrier du 7 août 2020, le greffe du tribunal administratif de Versailles a retourné ce courrier à Mme B et l'a invitée à l'adresser à la caisse d'allocations familiales des Yvelines. Par courrier du 14 septembre 2020, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a rejeté cette demande de remise de dette. Les modalités de remboursement de cette dette par Mme B ont fait l'objet d'un courrier de la caisse d'allocations familiales du 30 octobre 2020. Par sa requête, Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 16 juin 2020, notifiée le 21 juin 2020 et la décharge de cet indu.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales des Yvelines du 16 juin 2020 :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans le délai de deux mois à partir de la notification ( ) de la décision attaquée. " Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 412-3 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision soumise à recours administratif préalable obligatoire est notifiée avec l'indication de cette obligation ainsi que des voies et délais selon lesquels ce recours peut être exercé ". Il résulte de ces dispositions que cette notification doit, s'agissant des voies de recours, mentionner, le cas échéant, l'existence d'un recours administratif préalable obligatoire ainsi que l'autorité devant laquelle il doit être porté. Lorsque la notification ne comporte pas les mentions requises, ce délai n'est pas opposable.
3. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il est exposé au point 1, que Mme B a reçu par un courrier du 16 juin 2020 qui lui a été notifié sous pli recommandé numéro 1A18049019099 le 21 juin 2020, l'avis de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du 4 juin 2020 rendant un avis défavorable à son recours administratif préalable obligatoire. La lettre du 16 juin 2020 accompagnant cet avis comportait l'énoncé des voies et délais de recours devant la juridiction administrative. Le délai de recours de deux mois ouvert pour contester cette décision devant le tribunal administratif par l'article R.421-1 du code de justice administrative ci-dessus, a alors commencé à courir à compter du 22 juin 2020. Contrairement à ce qu'elle soutient, la circonstance que par courrier du 7 août 2020, le greffe du tribunal administratif de Versailles ait retourné la demande de remise gracieuse de Mme B en l'invitant à l'adresser à la caisse d'allocations familiales des Yvelines à qui elle était manifestement destinée, n'a pas pu avoir pour effet de prolonger ce délai de deux mois. En tout état de cause, dès lors qu'elle n'avait pas été présentée à la caisse d'allocations familiales cette demande de remise gracieuse présentée directement devant le tribunal était irrecevable. Au demeurant, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a rejeté cette demande de remise de dette, par courrier du 14 septembre 2020, notifié le 22 septembre 2020 par lettre recommandée avec accusé de réception, qui ouvrait un délai de deux mois pour contester cette dernière décision et, elle seule, dès lors que le délai de recours contentieux contre la décision notifiée le 21 juin 2020 était clos au 22 août 2020. Il résulte de tout ce qui précède, ainsi que les parties en ont été avisées par courrier du tribunal du 21 avril 2023 en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, resté sans réponse, que les conclusions de Mme B à fin que soit annulée la décision de la caisse d'allocations des Yvelines du 16 juin 2020 sont tardives et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales des Yvelines du 3 février 2022 :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article R.412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R.421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. ".
5. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 3 février 2022 de la caisse d'allocations familiales des Yvelines. Par courrier du 21 avril 2023, le tribunal a demandé à Mme B de lui adresser la décision attaquée qui n'était pas jointe à sa requête. Mme B n'a pas procédé à la régularisation demandée. En application des dispositions citées au point 4, ses conclusions à fin d'annulation de la décision du 3 février 2022, dont l'existence n'est, au demeurant, pas établie, ne peuvent qu'être rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation des décisions de la caisse d'allocations familiales des Yvelines du 6 juin 2020 et du 3 février 2022 ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, ne peuvent qu'être rejetées les conclusions à fin d'injonction à restitution de sommes ou de réexamen de son dossier par la caisse d'allocations familiales ainsi que les conclusions fondées sur l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Bordessoule de Bellefeuille et au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 2 juin 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M. Crandal La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026