vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205011 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | VANDERLYNDEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête le 28 juin 2022, Mme C A, représentée par Me Vanderlynden, demande l'annulation de la décision du 26 décembre 2021 de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne ainsi que de la décision implicite née le 26 avril 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Essonne rejette son recours et met à sa charge un indu d'aide personnelle au logement de 891,18 euros. Elle demande au tribunal d'ordonner le remboursement par la caisse d'allocations familiales de l'Essonne de la somme indument perçue et de condamner le défendeur à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, ainsi que la caisse d'allocations familiales aux dépens de l'instance et aux frais de justice.
Elle soutient que :
- la décision n'est pas motivée,
- il s'agit d'une erreur imputable aux services de la caisse d'allocations familiales qui n'est pas fondée à se prévaloir de ses propres turpitudes ;
- l'aide personnalisée au logement était versée par la caisse à son bailleur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- aucune déclaration erronée n'est imputée à la requérante ;
- le versement au bailleur n'exclut pas le remboursement de l'indu par l'allocataire ;
- l'indu a été réduit à la somme de 591,18 euros postérieurement à l'enregistrement de la requête .
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A a demandé le bénéfice de l'aide personnalisée au logement au titre du logement qu'elle occupe dans l'Essonne, en juillet 2020. Un nouveau mode de calcul de la période de perception des revenus est entré en vigueur au 1er janvier 2021. Mme A a alors pu constater en consultant son compte personnel sur le site informatique de la caisse d'allocations familiales que son bailleur avait bénéficié d'un rappel d'APL de 1 794,06 euros pour la période de janvier à septembre 2021. Par une décision du 26 décembre 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne a mis à la charge de Mme A un indu d'aide personnalisée au logement de 891,18 euros pour la période de juillet à décembre 2021. Mme A a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision qui a été notifié à la caisse d'allocations familiales le 25 février 2022 et auquel un rejet implicite a été opposé. Par sa requête, Mme A demande d'annuler la décision de la caisse d'allocations familiales du 26 décembre 2021 et sa décision implicite née le 25 avril 2022. Postérieurement à l'introduction de la requête, l'indu contesté a été réduit à la somme de 591,18 euros et Mme A s'est vue rembourser un montant de 300 euros.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnelle au logement, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
Sur la motivation de la décision :
3. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 825-1 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ", et de l'article R. 825-1 du même code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration. La procédure définie par les articles R. 142-1 et R. 142-6 du code de la sécurité sociale lui est applicable ". Enfin, l'article R. 825-2 du même code dispose que le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable, par des décisions motivées.
4. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
5. Toutefois, s'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y ait invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
6. Par un courrier notifié le 25 février 2022 à la caisse d'allocations familiales de l'Essonne, Mme A a contesté le bien-fondé de l'indu notifié par la décision du 26 décembre 2021 attaquée. Ainsi, ce courrier constitue le recours administratif préalable obligatoire visé par les dispositions précitées de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation. L'absence de réponse à ce courrier a fait naître une décision implicite de rejet de la caisse d'allocations familiales le 25 avril 2022. Cette décision implicite s'est substituée à la décision du 26 décembre 2021 de la caisse d'allocation familiales de l'Essonne qui met notamment à sa charge un indu d'aide personnalisée au logement. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A dirigées contre la décision du 26 décembre 2021 de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne doivent être regardées comme tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du recours par la commission de recours amiable née le 25 avril 2022.
7. Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ". La requérante n'établit pas, par les pièces qu'elle produit, avoir sollicité les motifs de la décision implicite de rejet attaquée. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
Sur le bien-fondé de l'indu mis à sa charge:
8. En premier lieu, aux termes de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction rendue applicable à compter du 1er janvier 2021 par l'article 2 du décret n°2020-1816 du 29 décembre 2020 : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes :/ 1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l'article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale et les revenus d'activité perçus hors de France ou versés par une organisation internationale, sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ;( ) ." L'entrée en vigueur de ces dispositions réglementaires a eu pour effet de mettre fin à la prise en compte des ressources perçues pendant l'année civile de référence définie comme l'avant-dernière année précédant la période de paiement.
9. Il résulte de l'instruction que le montant du revenu d'activité de Mme A tel que déterminé par la caisse d'allocations familiales en application des dispositions citées au point 8 a été de 1141,31 euros pour chaque mois de janvier à avril 2021, de 904,63 euros pour chaque mois de mai à septembre 2021 et de 1208,41 euros pour chaque mois d'octobre à décembre 2021. Mme A ne conteste pas le calcul de ces montants mentionnés sur l'attestation de paiement établie par la caisse d'allocations familiales le 28 juin 2022. Elle a perçu au titre de l'aide personnalisée au logement 263,69 euros pour chacun des mois de juillet à septembre 2021 alors qu'elle n'avait droit qu'à 166,69 euros. Elle a perçu 155,06 euros pour chacun des mois d'octobre à décembre 2021 alors qu'elle n'avait droit qu'à 55 euros. Elle ne conteste aucun de ces montants ni le montant total de 591,06 euros d'indu pour le second semestre 2021. La circonstance qu'elle invoque de l'entière imputabilité du trop-perçu d'aide personnelle au logement à une série d'erreurs de la caisse d'allocations familiales, ce que celle-ci au demeurant ne conteste pas, ne fait pas obstacle à ce que cet indu reste à la charge de Mme A dès lors que cette dernière ne pouvait légalement y prétendre et à la procédure de récupération de l'indu mise en œuvre par le directeur de la caisse d'allocations familiales.
10. En second lieu, aux termes de l'article D. 832-1 du code de la construction et de l'habitation : " I.-L'aide personnalisée au logement est versée selon les modalités précisées par les conventions nationales prévues à l'article L. 812-2 : 1° Au bailleur ou au gestionnaire agréé en application du 3° de l'article 8 du décret n° 77-934 du 27 juillet 1977 fixant les conditions d'octroi de prêts aidés par l'Etat pour la construction, l'amélioration et l'acquisition des logements locatifs, lorsque le bénéficiaire est locataire () "
11. Il résulte des dispositions précitées que, dans le cas où l'aide personnalisée au logement est versée directement au propriétaire du logement dont le bénéficiaire est locataire, cette aide vient en déduction des loyers réclamés au locataire qui est, ainsi, le bénéficiaire indirect de l'aide. Dans ce cas, le remboursement de l'aide doit être mis à la charge non du propriétaire qui n'en a pas bénéficié, mais du locataire qui en a indirectement bénéficié. Par suite, la circonstance que l'aide a été versée au propriétaire du logement occupé par Mme A ne fait pas obstacle à ce que cette dernière, qui ne conteste pas que l'aide perçue a été effectivement déduite du montant de son loyer dû par son bailleur, soit regardée vis-à-vis de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne comme la redevable de l'aide indument versée.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin qu'au titre des dispositions de l'article L.761-1 et de l'article R. 761-1 du code justice administrative, une somme soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne qui n'est pas partie perdante ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la caisse d'allocations familiales de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M. BLa greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026