jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205633 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SELARL OBADIA & ASSOCIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2022, Me Christophe Ancel, liquidateur judiciaire de la SCI Condorcet, représentée par la SELAS Obadia et associé, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) la décharge des cotisations d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 mars 2014 pour un montant en droits de 200 529 euros ;
2°) de lui reconnaître l'existence d'une créance de 198 222 euros née du report en arrière de son déficit constaté sur l'exercice clos en 2015 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration a notifié sa proposition de rectification alors que son droit de reprise était prescrit s'agissant de l'impôt sur les sociétés du au titre de l'année 2014 ;
- son droit de reprise était également expiré lorsqu'elle a rejeté la créance de report en arrière de déficits au titre de l'exercice clos en 2015 ;
- elle a commis une erreur de droit en considérant que le mécanisme de report en arrière était subordonné au paiement effectif de l'impôt sur les sociétés de l'année antérieure.
Par un mémoire enregistré le 1er décembre 2022, l'administrateur général chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile de France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lutz, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Condorcet, qui avait pour activité la location de terrains et de biens immobiliers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période comprise entre le 1er octobre 2012 au 31 mars 2015, à l'issue de laquelle des rectifications d'impôts sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée lui ont été notifiés. Elle a fait ensuite l'objet d'un contrôle sur pièces au titre de la période du 1er octobre 2012 au 31 mars 2015 au terme duquel, par une proposition de rectification du 12 juin 2018, l'administration lui a notifié l'absence de perception de l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 mars 2014 pour un montant en droits de 200 529 euros ainsi que le rejet d'une créance du report en arrière des déficits de l'exercice clos en 2015 sur les bénéfices de l'exercice clos en 2014, que la société avait sollicité par une déclaration du 30 juin 2015. La SCI Condorcet a par la suite été placée en liquidation judiciaire par jugement du 11 mars 2021. Après le rejet de sa réclamation rejetée par décision du 20 mai 2022, notifiée le 23 mai 2022, son liquidateur doit être regardé comme demandant au tribunal, d'une part, la décharge des cotisations d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 mars 2014, et d'autre part la reconnaissance à la SCI d'une créance de report en arrière d'un montant de 198 222 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due " ; aux termes de son article L. 189 : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun ".
3. L'imposition en litige étant due au titre de l'exercice clos le 31 mars 2014, le droit de reprise initial de l'administration ne pouvait en l'espèce s'exercer que jusqu'au 31 décembre 2017. Toutefois, il est constant que la SCI Condorcet a inscrit dans sa comptabilité au titre de l'exercice clos en 2016, et en particulier dans son bilan de clôture daté du 31 mars 2016, au compte " impôt sur les sociétés ", une ligne " à nouveau " intitulée " IS ", d'un montant correspondant exactement à l'imposition en litige, et dont le numéro d'écriture permet de déterminer qu'elle se rattache à l'exercice clos en mars 2014. Cette écriture détermine ainsi l'objet, le bénéficiaire, l'année de rattachement et le montant de la créance en cause et identifie avec suffisamment de précision la dette fiscale. Elle doit dans ces conditions être regardée comme valant reconnaissance, de la part de la contribuable, de l'imposition en litige, et a donc valablement interrompu la prescription du droit de reprise. Par suite, le moyen tiré de la prescription du droit de reprise lors de la notification de la proposition de rectification du 12 juin 2018 doit être écarté.
Sur la créance de report en arrière :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 171A du livre des procédures fiscales, " Pour l'application de l'article 220 quinquies du code général des impôts, l'administration est fondée à vérifier l'existence et la quotité de la créance et à en rectifier le montant, même si l'option pour le report en arrière du déficit correspondant a été exercé au titre d'un exercice prescrit ".
5. Il résulte de l'instruction que la SCI Condorcet a entendu reporter le déficit constaté au cours de l'exercice ouvert le 1er avril 2014 et clos le 31 mars 2015 sur les bénéfices constatés lors de l'exercice précédent. Il suit de là qu'en tout état de cause, le délai de 3 ans mentionné à l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, précité au point 2, n'expirait que le 31 décembre 2018. L'administration a dès lors pu sans méconnaître les règles de prescription remettre en cause l'existence de la créance de report en arrière par sa proposition de rectification du 12 juin 2018.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 220 quinquies du code général des impôts : " () le déficit constaté au titre d'un exercice ouvert à compter du 1er janvier 1984 par une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés peut, sur option, être considéré comme une charge déductible du bénéfice de l'exercice précédent, dans la limite de la fraction non distribuée de ce bénéfice () / Le déficit imputé dans les conditions prévues au premier alinéa cesse d'être reportable sur les résultats des exercices suivant celui au titre duquel il a été constaté. / L'option mentionnée au premier alinéa n'est admise qu'à la condition qu'elle porte sur le déficit constaté au titre de l'exercice, dans la limite du montant le plus faible entre le bénéfice déclaré au titre de l'exercice précédent et un montant de 1 000 000 €. / L'excédent d'impôt sur les sociétés résultant de l'application du premier alinéa fait naître au profit de l'entreprise une créance non imposable d'égal montant ".
7. Si l'administration a considéré que le défaut de paiement de la cotisation d'impôt sur les sociétés due par la requérante au titre de l'exercice clos en 2014 faisait obstacle au report en arrière du déficit de l'exercice suivant et que la créance qu'elle invoque serait privée de cause, aucune règle ni aucun principe ne conditionne une telle demande de report au paiement préalable de l'impôt sur les sociétés au titre des exercices sur les bénéfices desquels le contribuable demande l'imputation du déficit, que cette imposition procède des déclarations de la société ou de rectifications de ses bénéfices. Il suit de là que la SCI Condorcet est fondée à soutenir qu'elle pouvait bénéficier du report en arrière du déficit constaté à la clôture de l'exercice en 2015 sur le bénéfice de l'exercice clos le 31 mars 2014. Celle-ci est donc fondée à se voir reconnaître l'existence de la créance née de ce report en arrière.
Sur les frais de l'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par la SCI Condorcet au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le déficit de l'exercice clos en 2015 de la SCI Condorcet sera reporté en arrière sur les bénéfices de l'exercice clos le 31 mars 2014, dans les conditions fixées par l'article 220 quinquies du code général des impôts.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Me Ancel en sa qualité de liquidateur de la SCI Condorcet et à l'administrateur général chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile de France.
Délibéré après l'audience du26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Lutz, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le président,
Signé
O. Mauny
Le rapporteur,
Signé
F. Lutz
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205633
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026