lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205806 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL REIBELL ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, la société Gaz Réseau Distribution France (GRDF), représentée par le cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la société Suez Eau de France à lui verser la somme de 14 871,27 euros avec intérêts de droit à compter du 4 août 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la société Suez Eau France la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente pour connaître du litige ;
- la responsabilité de la société Suez Eau France est engagée en raison des dommages causés par une fuite d'eau sur un branchement de gaz situé à proximité ;
- les travaux de réparation se sont élevés à la somme de 14 871,27 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, la société Suez Eau de France, représentée par Me Gaentzhirt, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société GRDF au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est incompétente pour connaître du litige, le sinistre provenant d'un branchement privatif sur un terrain privé ;
- la requête est mal dirigée car elle n'est pas responsable des dommages causés aux tiers au titre d'un sinistre survenant sur une propriété privée et/ou lié à un défaut de garde ou de surveillance ;
- le lien de causalité entre la fuite d'eau et le dommage subi par le branchement de gaz n'est pas établi ; il n'est pas exclu que ce soit le branchement de gaz qui soit à l'origine du sinistre sur le branchement d'eau potable ; la société GRDF réalisait d'ailleurs des travaux sur ces ouvrages dans la zone litigieuse au jour de la survenance du sinistre ;
- le montant des travaux dont l'indemnisation est sollicitée n'est établi ni dans son principe, ni dans son montant ; les travaux exécutés et coûts de main d'œuvre relèvent des travaux habituels réalisés par la société GRDF en sa qualité de concessionnaire ; il apparaît que la société GRDF a réalisé une rénovation totale de l'installation de deux maisons alors qu'elle aurait dû se limiter à réaliser uniquement la réparation de la fuite de gaz.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sauvageot,
- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bernard, représentant la société GRDF et de Me Gaentzhirt, représentant la société Suez Eau de France.
Considérant ce qui suit :
1. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Il appartient toutefois au tiers de rapporter la preuve du dommage dont il se plaint et du lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage.
2. Il est constant qu'une fuite de gaz s'est déclarée sur une des canalisations dont la société GRDF est concessionnaire au 41 square Rémi Belleau à Saint-Germain-lès-Corbeil. La société requérante soutient que la fuite de gaz trouve son origine dans une fuite située sur une canalisation d'eau présente à proximité, dont la société Suez Eau de France est le concessionnaire, et demande, à ce titre, la condamnation de cette dernière à réparer le dommage. Toutefois, en se bornant à produire des photographies de l'intervention de réparation montrant notamment la canalisation d'eau sans autre explication et un constat de dommage établi le jour du sinistre, au demeurant non contradictoire, qui permet seulement d'établir que la canalisation de gaz a été endommagée mais non la cause de son percement, et ce, en dépit de la présence d'une conduite d'eau à proximité, la société GRDF n'établit pas, ainsi qu'il lui incombe de le faire, l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre les préjudices qu'elle invoque et l'existence d'une fuite de la conduite d'eau.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société GRDF doit être rejetée en toutes ses conclusions.
4. Enfin, il y a lieu de mettre à la charge de la société GRDF, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 000 euros à verser à la société Suez Eau de France.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Gaz Réseau Distribution France est rejetée.
Article 2 : La société GRDF versera à la société Suez Eau de France une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Gaz Réseau Distribution France et à la société Suez Eau de France.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Sauvageot, présidente rapporteure,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La présidente rapporteure,
signé
J. Sauvageot
L'assesseure la plus ancienne,
signé
F. Lutz
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026