lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2206095 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | MIALET - AMEZIANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 août 2022 et le 12 mai 2023, M. A C, représenté par Me Mialet, demande au tribunal d'annuler la lettre de relance n° 32914338011 émise le 9 juin 2022 par la paierie départementale de l'Essonne ayant pour objet la créance de 4 956,95 euros au titre de sa contribution à l'hébergement en foyer et un indu d'aide personnelle au logement pour la période de mai à décembre 2021. Il conteste le bien-fondé de cette créance. Il demande que le conseil départemental de l'Essonne soit condamné à lui verser une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la date de cette lettre de relance lui ouvre le délai de deux mois pour contester la créance ;
- la lettre de relance n'est pas motivée ;
- il n'a été absent du foyer que du 31 juillet au 7 août 2021 ;
- la créance n'est pas justifiée pour la période de mai à décembre 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2023, le président du conseil départemental de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à la suite de la lettre de relance du 9 février 2022, le titre de recettes a fait l'objet d'une annulation partielle le 27 décembre 2022 réduisant à 2 726,75 euros la somme mise à la charge de M. C au titre des seuls frais d'hébergement ;
- le tribunal aura à statuer sur ce titre de recettes du 27 décembre 2022 ;
- la motivation du titre de recettes est exposée dans la lettre du 21 décembre 2022 ;
- la prise en compte des absences est laissée à l'entière discrétion du conseil départemental ;
- est applicable l'article III. 3.5.6 du règlement départemental d'aide sociale de l'Essonne ;
- le requérant s'est absenté du foyer 40 jours entre le 1er mai et le 31 décembre 2021 ;
- le montant de sa contribution résulte de la soustraction du montant de la contribution à celui des mutuelles ;
- il n'y a aucune erreur de calcul et la période de la créance est exacte.
En application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par courrier du tribunal du 2 mai 2023 que la solution du litige était susceptible de reposer sur l'irrecevabilité des conclusions de la requête à fin d'annulation de la lettre de relance prévue par le 6° de l'article L.1617-5 du code général des collectivités territoriales qui n'est pas un acte faisant grief. Par voie de conséquence sont également irrecevables les conclusions à fin de contestation de la créance de 4 956,95 euros en l'absence de production de toute décision (article R.421-1 du code de justice administrative) ou de tout titre exécutoire prévu par l'article L.1617-5 du code général des collectivités territoriales. Le délai de réponse est fixé au 12 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crandal ;
- les observations de Mme B représentant le conseil départemental de l'Essonne qui a maintenu ses conclusions par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a demandé en avril 2017 une aide sociale au département de l'Essonne qui lui a été accordée pour la prise en charge de frais d'internat par une décision du 6 octobre 2017, renouvelée par une décision du 30 décembre 2021 jusqu'en février 2026. La paierie départementale de l'Essonne a émis le 9 juin 2022 une lettre de relance mettant à la charge de M. C la somme de 4 956,95 euros et portant en guise de mention de l'objet de cette créance : " 2021/05 à 12/ contrib+ APL/ C/OT ". Par sa requête, M. C demande l'annulation de cette lettre de relance et entend contester la créance mise à sa charge.
2. Postérieurement à l'enregistrement de la présente requête, le conseil départemental de l'Essonne a adressé un courrier du 21 décembre 2022 informant le requérant qu'en réponse à son courrier de contestation du titre de recettes 2022/9323 d'un montant de 4 956,95 euros concernant sa participation d'aide sociale pour la période de mai à décembre 2021, une réduction de titre avait été transmise à la paierie départementale de l'Essonne laissant à sa charge une contribution de 2 726,75 euros. Un titre d'annulation a été émis le 27 décembre 2022 par la paierie départementale de l'Essonne. Le requérant s'est vu notifier une saisie administrative à tiers détenteur pour la somme de 2 726,75 euros du 6 mars 2023.
3. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () / 5° Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public lui adresse la mise en demeure de payer prévue à l'article L. 257 du livre des procédures fiscales avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. / Lorsque la mise en demeure de payer n'a pas été suivie de paiement, le comptable public peut, à l'expiration d'un délai de huit jours suivant sa notification, engager des poursuites devant donner lieu à des frais mis à la charge du redevable dans les conditions fixées à l'article 1912 du code général des impôts. / 6° Pour les créances d'un montant inférieur à 15 000 €, la mise en demeure de payer mentionnée au 5° est précédée d'une lettre de relance adressée par le comptable public ou d'une phase comminatoire, par laquelle il demande à un huissier de justice d'obtenir du redevable qu'il s'acquitte auprès de lui du montant de sa dette. () Lorsque la lettre de relance ou la phase comminatoire n'a pas été suivie de paiement, le comptable public peut adresser une mise en demeure de payer. Dans ce cas, l'exécution forcée des poursuites donnant lieu à des frais peut être engagée à l'expiration d'un délai de huit jours suivant la notification de la mise en demeure de payer. () ".
4. Il résulte en premier lieu des dispositions citées au point 3 que la lettre de relance adressée par le comptable public au débiteur de l'administration visé par un titre exécutoire, avant l'envoi d'une mise en demeure et l'engagement d'une procédure de recouvrement forcé pour les créances d'un montant inférieur à 15 000 euros, n'emporte aucune conséquence de fait ou de droit et ne constitue pas un acte faisant grief susceptible de recours. Ainsi, la lettre de relance du 9 juin 2022 par laquelle le comptable public de la paierie départementale de l'Essonne se borne à inviter M. C à s'acquitter des sommes mises à sa charge, ne comporte en elle-même aucune décision lui faisant grief. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette lettre de relance de M. C sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin de contestation de la créance de 4 956,95 euros à l'appui desquelles il ne produit aucun titre exécutoire, ni aucune décision lui faisant grief, ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du conseil départemental de l'Essonne, qui n'est pas partie perdante, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, et au président du conseil départemental de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M Crandal La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026