mercredi 19 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2206423 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP GAUDIN JUNQUA-LAMARQUE ET CALONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2022, la société Bureau Veritas Construction, représentée par Me Junqua-Lamarque, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner le ministre des armées à lui verser une provision de 3 563,82 euros toutes taxes comprises, cette somme étant assortie du versement des intérêts moratoires ;
2°) de condamner le ministre des armées à lui verser la somme de 231,66 euros hors taxes au titre des intérêts moratoires et de l'indemnité pour frais de recouvrement ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les prestations de contrôle technique qu'elle a réalisées pour le compte de l'établissement du service d'infrastructure de l'armée n'ont pas été payées, alors qu'elles n'ont fait l'objet d'aucune réserve ;
- une mise en demeure de régler la somme de 3 563,82 euros en règlement de ces prestations a été adressée à l'établissement du service d'infrastructure de l'armée, le 26 mai 2022 ainsi qu'une lettre de relance, sans qu'aucune suite ne soit donnée ;
- l'obligation de payer à la charge de l'établissement du service d'infrastructure de l'armée n'est pas sérieusement contestable.
La procédure a été communiquée au ministre des armées qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 24 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Il résulte de l'instruction que l'établissement du service d'infrastructure de l'armée qui relève du ministre des armées a attribué à la société Bureau Veritas Construction un marché de contrôle technique relatif à la rénovation complète du réseau haute tension et à l'adaptation du secours électrique du bâtiment central électrique situé sur la base aérienne 107 de Vélizy Villacoublay, par un acte d'engagement du 2 juin 2018. Ce marché, à prix forfaitaire, s'élevait à la somme de 27 846 euros toutes taxes comprises (TTC) et était divisé en deux parties techniques.
3. Le 3 février 2021, la société Bureau Veritas Construction a adressé à l'établissement du service d'infrastructure de l'armée une facture d'un montant de 2 082, 60 euros hors taxes (HT), soit 2 499,12 euros TTC correspondant à la partie technique n° 2 du contrat. Le 21 septembre 2021, elle lui a adressé une facture d'un montant de 887,25 euros HT, soit 1064,70 euros TTC correspondant à la remise des documents de fin de chantier. En l'absence de paiement de ces sommes, la société Bureau Veritas Construction a adressé, le 26 avril 2022, à l'établissement du service d'infrastructure de l'armée une mise en demeure de payer ces factures, soit la somme totale de 3 563,82 euros, qui est demeurée infructueuse.
4. Il ne résulte pas de l'instruction, en l'absence de toute contestation du ministre des armées, que la société Bureau Veritas Construction, qui produit le rapport final de contrôle technique et le rapport initial de vérification des installations électriques de la base aérienne 107 de Vélizy Villacoublay, n'aurait pas réalisé les prestations de contrôle technique qui lui étaient attribuées. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que les deux factures dont la société requérante demande le paiement auraient fait l'objet d'un règlement. Par suite, en l'état de l'instruction, l'existence de l'obligation dont se prévaut la société Bureau Veritas Construction n'est pas sérieusement contestable. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner le ministre des armées au versement à la société Bureau Veritas Construction d'une provision de 3 563,82 euros correspondant aux factures des 3 février et 21 septembre 2021.
Sur les intérêts moratoires et l'indemnité pour frais de recouvrement :
5. Aux termes de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. / Il ouvre droit, dans les conditions prévues à la présente sous-section, à des intérêts moratoires, à une indemnité forfaitaire et, le cas échéant, à une indemnisation complémentaire versés au créancier par le pouvoir adjudicateur. / Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire. ".
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 2192-31 du code de la commande publique : " Le taux des intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 2192-13 est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. ". L'article 7.4 du cahier des clauses particulières du marché de contrôle technique litigieux stipule que le délai global de paiement est de trente jours. Selon l'article 7.5 relatif aux intérêts moratoires de ce cahier : " Le défaut de paiement dans les délais indiqués ci-dessus fait courir de plein droit, et sans autre formalité, des intérêts moratoires au bénéfice du titulaire ou du sous-traitant payé directement. / Les intérêts moratoires courent à partir du jour suivant l'expiration du délai global jusqu'à la mise en paiement du principal incluse. / Les intérêts moratoires appliqués aux acomptes et au solde sont calculés sur le montant total de l'acompte, du paiement partiel définitif ou du solde toutes taxes comprises, diminué de la retenue de garantie s'il y a lieu, et après application des clauses d'actualisation, de révision et de pénalisation. / Les intérêts moratoires ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée. / Le taux des intérêts moratoires applicables pour le présent marché est le taux marginal de refinancement de la banque centrale européenne en vigueur à la date à laquelle ils commencent à courir, augmenté de huit points. ".
7. Il y a lieu d'assortir le paiement des factures des 3 février et 21 septembre 2021 des intérêts moratoires à l'expiration d'un délai de trente jours à compter de la réception par l'établissement du service d'infrastructure de l'armée de chacune de ces factures.
8. En second lieu, aux termes de l'article D. 2192-35 du code de la commande publique : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. ".
9. En l'absence de paiement des factures des 3 février et 21 septembre 2021 dans le délai de paiement de trente jours prévu par le cahier des clauses particulières du marché de contrôle technique litigieux, l'obligation de payer l'indemnité pour frais de recouvrement n'est pas sérieusement contestable. Par suite, il y a lieu de condamner le ministre des armées à verser à la société Bureau Veritas Construction une provision de 80 euros correspondant à l'indemnité pour frais de recouvrement des deux factures des 3 février et 21 septembre 2021.
Sur les frais exposés par la société Bureau Veritas Construction pour la mise en demeure :
10. Il résulte de l'instruction que la société Bureau Veritas Construction a exposé des frais à hauteur de 151,66 euros TTC pour adresser, le 26 avril 2022, au ministre des armées une mise en demeure de payer les factures des 3 février et 21 septembre 2021, ainsi qu'une lettre de relance, le 5 mai 2022. Il ne résulte pas de l'instruction que l'obligation de payer ces frais, non prévus pas les stipulations contractuelles, serait non sérieusement contestable. Par suite, les conclusions présentées par la société requérante tendant au versement d'une provision de 151,66 euros TTC doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Bureau Veritas Construction et non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Le ministère des armées est condamné à verser à la société Bureau Veritas Construction une provision d'un montant total de 3 563,82 euros correspondant aux factures des 3 février et 21 septembre 2021.
Article 2 : Le paiement des factures des 3 février et 21 septembre 2021 sera assorti du paiement des intérêts moratoires selon les modalités précisées au point 6 de la présente ordonnance, à l'expiration d'un délai de trente jours à compter de la réception par l'établissement du service d'infrastructure de l'armée de chacune de ces factures.
Article 3 : Le ministre des armées est condamné à verser à la société Bureau Veritas Construction une provision de 80 euros au titre de l'indemnité pour frais de recouvrement.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à la société Bureau Veritas Construction en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 5 : Le surplus des conclusions de la société Bureau Veritas Construction est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Bureau Veritas Construction et au ministre des armées.
Fait à Versailles, le 19 juillet 2023.
La juge des référés,
signé
C. A
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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