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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2207450

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2207450

lundi 22 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2207450
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationMagistrat Milon
Avocat requérantGAGNET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 septembre 2022 et 7 avril 2023, M. B A, représenté dans le dernier état de ses écritures par Me Gagnet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 août 2022 par laquelle la commission de médiation du département des Yvelines a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement ;

2°) d'enjoindre à la commission de médiation des Yvelines de faire droit à sa demande ou, à titre subsidiaire, de réexaminer celle-ci dans le délai de deux mois.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle procède d'un examen non approfondi de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'ensemble des membres de sa famille remplit les conditions fixées par l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation et qu'ils vivent dans des conditions précaires et inadaptées à leurs besoins.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée au requérant par décision du 3 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Milon, première conseillère, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par cet article.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Milon,

- et les observations de Me Gagnet, représentant M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a saisi le 18 mai 2022 la commission de médiation des Yvelines d'un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Lors de sa séance du 4 août 2022, la commission de médiation a rejeté ce recours. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.

2. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement (). / Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement, ainsi que, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires. () Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d'orientation des demandes qu'elle ne juge pas prioritaires. () ".

3. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation : " Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social () ".

4. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 441-14 du code de la construction et de l'habitation : " La commission est saisie par le demandeur dans les conditions prévues au II ou au III de l'article L. 441-2-3. La demande, réalisée au moyen d'un formulaire répondant aux caractéristiques arrêtées par le ministre chargé du logement et signée par le demandeur, précise l'objet et le motif du recours, ainsi que les conditions actuelles de logement ou d'hébergement du demandeur. () Le demandeur fournit, en outre, toutes pièces justificatives de sa situation. Les pièces justificatives à fournir obligatoirement sont fixées par l'arrêté précité. La réception du dossier, dont la date fait courir les délais définis aux articles R. 441-15 et R. 441-18, donne lieu à la délivrance par le secrétariat de la commission d'un accusé de réception mentionnant la date du jour de la réception de la demande. Lorsque le formulaire n'est pas rempli complètement ou en l'absence de pièces justificatives obligatoires, le demandeur en est informé par un courrier, qui fixe le délai de production des éléments manquants, délai pendant lequel les délais mentionnés aux articles R. 441-15 et R. 441-18 sont suspendus (). ".

5. Enfin, il résulte de la notice explicative visée par l'arrêté du 18 avril 2014 pris pour l'application de l'article R. 441-14 du code de la construction et de l'habitation, et des indications figurant au formulaire de recours amiable n°15036*01, que, pour apprécier la situation motivant le recours amiable, le demandeur doit apporter tous les éléments de preuve permettant d'en démontrer la réalité, et joindre notamment, à cet effet, une attestation de la personne qui l'héberge.

6. Pour rejeter le recours amiable de M. A, la commission de médiation du département des Yvelines a relevé, dans sa décision du 4 août 2022, que les éléments fournis par l'intéressé ne permettaient pas de caractériser la situation d'urgence dont celui-ci se prévalait, en ce qui concerne, en particulier, ses conditions d'hébergement. Il ressort notamment des motifs, non contestés, de la décision de la commission, que l'intéressé n'a produit ni un justificatif d'hébergement daté et signé comportant l'adresse de l'hébergeant, ni la copie du document d'identité de l'hébergeant, ni un justificatif de domicile de cet hébergeant.

7. D'une part, il résulte de ce qui vient d'être dit au point précédent que la décision de la commission comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui la fondent et qu'elle est par suite suffisamment motivée.

8. D'autre part, il ressort des indications du mémoire en défense qu'un courrier en date du 18 mai 2022 a été adressé à l'intéressé, lui réclamant la production de ces éléments. M. A ne conteste pas avoir réceptionné ce document. Il n'est pas davantage contesté que la production de ces pièces exigibles, était nécessaire à la commission pour apprécier le mérite du recours amiable qui lui était soumis. Dès lors, le recours de l'intéressé pouvait légalement, et sans erreur d'appréciation, être rejeté au motif que celui-ci ne comportait pas l'ensemble des pièces exigées à l'article R. 441-14 précité du code de la construction et de l'habitation, et que, par suite, la situation d'urgence invoquée n'était pas avérée, sans que le requérant puisse, dès lors, utilement soutenir que les membres de sa famille remplissent les conditions fixées par l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation et qu'ils vivent dans des conditions précaires et inadaptées à leurs besoins.

9. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée procèderait d'un examen non approfondi de la situation de l'intéressé.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que celles aux fins d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie sera adressée au préfet des Yvelines.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 avril 2024.

La magistrate désignée,

Signé

A. Milon

La greffière,

Signé

S. Traore

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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