jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2207545 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SELARL OBADIA & ASSOCIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 octobre 2022 et le 2 février 2023, M. B A, représenté par la SELAS Obadia et Associé, demande au tribunal :
1°) la décharge de l'obligation de payer la somme mise à sa charge par le titre de perception n°0750000 007960 075 485125 2021 0020800 émis le 21 octobre 2021 par la direction régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris, à concurrence d'un montant de 11 840 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il avait droit aux aides qui lui ont été octroyées sur le fondement du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 pour le période courant entre mars 2020 et octobre 2020 ;
- il remplissait les conditions tenant à l'absence de contrat de travail à temps plein, le contrat de travail qui le liait à la société " les cars d'Orsay " ayant été suspendu durant cette période ;
- son chiffre d'affaires de référence est établi par les bordereaux communiqués par la société Uber, nonobstant les insuffisances de ses déclarations fiscales et sociales ;
- il a subi une perte totale de son chiffre d'affaires à compter de mars 2020.
La requête a été communiquée au directeur départemental des finances publiques de l'Essonne qui a informé le tribunal que sa défense relevait de la compétence du directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, faute de réclamation préalable présentée dans les délais légaux ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, le directeur régional des finances publiques de Paris et d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 février 2023.
Les parties ont été invitées, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des éléments ou des pièces en vue de compléter l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lutz, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est employé en qualité de chauffeur salarié par la société " Les Cars d'Orsay ". Il a été placé en position de congé à compter du 2 décembre 2019 et jusqu'au 5 octobre 2020, période au cours de laquelle il a développé une activité de chauffeur de voiture de transport (VTC) auprès de la plateforme " Uber ". Il a sollicité et obtenu une subvention d'un montant de 20 844 euros sur le fondement du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, au titre des mois de mars 2020 à février 2021. Toutefois, l'administration a remis en cause cette aide, pour la totalité de son montant, par courrier du 11 août 2021 et a émis trois titres de perception le 21 octobre 2021 pour recouvrer cette somme. Après avoir vainement réclamé, M. A doit être regardé comme demandant par sa requête la décharge de l'obligation de payer la somme mise à sa charge par le seul titre de perception n°0750000 007960 075 485125 2021 0020800 à concurrence d'un montant de 11 840 euros.
2. Aux termes de l'article 3-8 du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 : " Les aides financières attribuées aux entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret et prévues à l'article 3-9 prennent la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires, subie au cours de chaque période mensuelle comprise entre le 1er juillet 2020 et le 30 septembre 2020, par les entreprises qui remplissent les conditions suivantes : () / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % au cours de la période mensuelle considérée : / -par rapport à la même période de l'année précédente ; / -ou, pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 ". Aux termes de l'article 3-9 de ce même décret : " Les entreprises mentionnées à l'article 3-8 du présent décret ayant subi une perte de chiffre d'affaires supérieure ou égale à 1 500 euros perçoivent une subvention d'un montant forfaitaire de 1 500 euros. / La perte de chiffre d'affaires est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours de la période mensuelle considérée et, d'autre part, / -le chiffre d'affaires durant la même période de l'année précédente ; / () -ou, pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 ".
3. Si M. A a immatriculé son activité de chauffeur de VTC à compter du 10 mai 2019, il résulte de l'instruction, au regard notamment de la facture d'achat de son véhicule et du certificat d'assurance, qu'il n'a réellement démarré cette activité qu'en octobre 2019, ce qui est d'ailleurs admis par l'administration dans ses écritures en défense. Dans ces conditions, le chiffre d'affaires de référence doit, conformément aux dispositions précitées, être établi sur la base du chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre le 1er octobre 2019 et le 29 février 2020.
4. Pour établir ce chiffre d'affaires de référence, M. A produit des récapitulatifs fiscaux émanant de la société Uber et faisant état, sur la période considérée, d'un chiffre d'affaires de 17 060,70 euros, soit une moyenne mensuelle sur cette période de 3 412,14 euros, supérieure au seuil de 1 500 euros défini par le décret précité. Si l'administration remet en cause ce montant en indiquant que les recettes réellement perçues par M. A sur son compte bancaire connu s'élèvent en réalité à 8 439,31 euros, et s'il est vrai que cette différence demeure pour partie inexpliquée, cette dernière somme reste en tout état de cause supérieure à la moyenne mensuelle de 1 500 euros. Les attestations émanant de la société Uber, bien que ne constituant pas des documents fiscaux officiels, ne sont utilement remises en cause par aucun autre élément résultant de l'instruction. La circonstance que M. A puisse se voir reprocher des retards et insuffisances déclaratives tant dans sa déclaration de revenus que dans ses déclarations sociales, pour regrettable qu'elle soit, est sans incidence sur les règles relatives à l'attribution de l'aide financière en cause dès lors qu'il justifie en remplir les conditions d'octroi. Il résulte de ce qui précède que M. A rapporte suffisamment la preuve de ce que son chiffre d'affaires antérieurement au mois de mars 2020 était supérieur à 1 500 euros en moyenne.
5. Toutefois, s'agissant de la perte de chiffre d'affaires, M. A a déclaré qu'il n'a eu aucune activité à compter du mois de mars 2020 et indique avoir vainement réclamé à la société Uber un récapitulatif annuel au titre de l'année 2020 pour pouvoir en attester. Cependant, il ne justifie pas de l'envoi effectif d'une telle demande à la société Uber et n'explique pas pourquoi il aurait été dans l'impossibilité d'éditer des relevés mensuels ou annuels de l'activité de son compte Uber à compter du mois de mars 2020, alors qu'il a pu en fournir pour la période précédente. Par suite, la perte du chiffre d'affaires dont M. A se prévaut ne peut être regardée comme établie. Dès lors, M. A ne satisfait pas aux conditions posées par le décret précité au point 2 pour prétendre au bénéfice de l'aide en litige.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions formulées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au directeur départemental des finances publiques des Yvelines et au directeur régional des finances publiques de Paris et d'Ile de France.
Délibéré après l'audience du28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Lutz, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
Le président,
Signé
O. Mauny
Le rapporteur,
Signé
F. Lutz
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre chargé des comptes publics et du budget en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2207545
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026