LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2207734

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2207734

vendredi 6 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2207734
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantDELVOLVE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 octobre et 30 novembre 2022, M. A et Mme C B, représentés par Me Delvolvé, demandent au juge des référés :

1°) de condamner l'Etat, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à leur verser une provision de 55 000 euros en réparation de leur préjudice ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée dès lors qu'ils n'ont reçu aucune offre de logement suivie d'effet, alors que leur logement a été reconnu prioritaire et urgent par la commission de médiation du droit au logement opposable le 15 mai 2020 et que, par une ordonnance du tribunal administratif de Versailles du 12 février 2021, il a été fait injonction à l'Etat de les reloger et qu'aucune de ces décisions n'a été exécutée ;

- l'obligation dont ils sont créanciers n'est pas sérieusement contestable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l'existence de l'obligation dont se prévalent les requérants au titre de leur absence de relogement est sérieusement contestable tant dans son principe que dans son quantum.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2022.

Par une ordonnance du 30 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Naïla Boukheloua, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B a saisi, le 3 février 2020, la commission de médiation des Yvelines d'un recours tendant à voir déclarer sa demande de logement social prioritaire et urgente aux motifs que, ayant à sa charge quatre enfants dont un souffrant d'un handicap, son logement était sur-occupé. Lors de sa séance du 15 mai 2020, quelques jours après que Mme B donne naissance à un cinquième enfant, la commission de médiation du département des Yvelines a reconnu la demande de l'intéressée comme étant prioritaire et urgente. Après avoir constaté qu'aucune proposition de logement n'avait été faite à Mme B dans le délai de six mois imparti au préfet des Yvelines, et alors que persistait la situation reconnue par la commission, le présent tribunal a, par une ordonnance du 12 février 2021, enjoint au préfet des Yvelines d'assurer le logement de l'intéressée, sous astreinte à compter du 11 mai 2021. Par un courrier du 14 octobre 2022, M. et Mme B ont saisi le préfet des Yvelines d'une demande indemnitaire tendant à la réparation du préjudice qu'ils estiment subir en raison de l'absence de proposition de logement, le préfet ayant implicitement rejeté cette demande. M. et Mme B demandent au tribunal, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la condamnation de l'Etat à leur verser une provision d'un montant de 55 000 euros sur le montant total des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison de la carence fautive de l'Etat.

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable () ".

Sur la demande de provision :

3. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui () n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ". Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 de ce code : " () Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement () / La commission de médiation transmet au représentant de l'Etat dans le département la liste des demandeurs auxquels doit être attribué en urgence un logement / (). Le représentant de l'Etat dans le département désigne chaque demandeur à un organisme bailleur disposant de logements correspondant à la demande (). / En cas de refus de l'organisme de loger le demandeur, le représentant de l'Etat dans le département qui l'a désigné procède à l'attribution d'un logement correspondant aux besoins et aux capacités du demandeur sur ses droits de réservation () ".

4. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une décision d'une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé cette décision. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court, pour le département des Yvelines, à compter de l'expiration du délai de six mois suivant la décision de la commission de médiation, que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.

5. Il résulte de l'instruction que le préfet n'a pas proposé d'offre de logement au foyer de Mme B dans le délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation, ni d'ailleurs dans le délai fixé, avant astreinte, par l'ordonnance du 12 février 2021. En outre, la première proposition de logement présentée aux requérants le 27 avril 2021 n'a pas pu aboutir en raison de l'attribution du logement ainsi proposé à d'autres demandeurs. Si le préfet se prévaut de ce que les intéressés n'ont pas communiqué un dossier complet s'agissant de la deuxième offre de logement qui leur avait été proposée le 15 novembre 2021, il n'est pas contesté qu'ils n'avaient pas disposé d'une adresse mail valide leur permettant de communiquer les pièces complémentaires relatives à cette proposition. La dernière offre de logement qui leur a alors été proposée le 28 avril 2022, n'a pas davantage pu aboutir en raison de l'attribution du logement ainsi proposé à d'autres demandeurs. Dans ces conditions, la faute commise par l'Etat est de nature à engager sa responsabilité sans qu'il ne soit justifié en être exonéré partiellement ou totalement par un comportement imputable à Mme B. Ainsi M. et Mme B sont fondés à soutenir qu'il existe à leur égard une obligation non sérieusement contestable.

6. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que M. et Mme B résident toujours dans un appartement de 49 m2 avec leurs quatre plus jeunes enfants, dont trois sont mineurs et un souffre d'un handicap. Ils précisent que leur ainé ne vit désormais plus chez eux. Compte tenu de ces conditions de logement, qui ont perduré pour l'essentiel du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes vivant au foyer pendant la période en cause, Mme B vivant en couple avec quatre enfants dont l'un souffre d'un handicap, il sera fait une juste appréciation de la part non sérieusement contestable des troubles de toute nature dans les conditions d'existence dont la réparation incombe à l'Etat, en fixant le montant de la provision à verser aux requérant à une somme de 3 500 euros.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Delvolvé, avocat de M. et Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Delvolvé de la somme de 900 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. et Mme B une provision de 3 500 euros.

Article 2 : L'Etat versera à Me Delvolvé une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Delvolvé renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et Mme C B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à Me Delvolvé.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 6 janvier 2023.

La juge des référés,

signé

N. Boukheloua

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°22077341

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions