jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2207747 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7éme chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 octobre 2022 et le 21 novembre 2022, M. A B demande au tribunal la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 31 mars au 31 décembre 2021, pour un montant total de 10 243 euros.
Il soutient que :
- aucune proposition de rectification ne lui a été adressée suite à la vérification de comptabilité dont il a fait l'objet ;
- il devait bénéficier, pour sa première année d'activité, du régime de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée jusqu'au seuil de franchise en base de 34 400 euros, nonobstant l'erreur qu'il a commis en ne faisant pas état de cette franchise dans sa déclaration initiale de taxe sur la valeur ajoutée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2023, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que ses moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lutz, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerce, sous le régime de l'entreprise individuelle à responsabilité limitée, une activité de conseil en cosmétologie. Il a déposé le 5 juin 2022, pour la période du 15 mars au décembre 2021 correspondant au début de son activité, une déclaration de taxe sur la valeur ajoutée faisant apparaître des opérations imposables au taux normal à hauteur de 44 466 euros. Il a toutefois déposé le 6 juillet 2022 une déclaration rectificative ramenant ce montant à 10 060 euros. L'administration a écarté cette déclaration rectificative et mis en recouvrement le 29 juillet 2022, sur la base de sa déclaration initiale, les cotisations de taxes sur la valeur ajoutée, assorties d'intérêts de retards et de pénalité, pour un montant total de 10 243 euros. Sa réclamation du 31 août 2022 ayant été rejetée par décision du 27 septembre 2022, M. B demande au tribunal de lui accorder la décharge de cette somme.
2. En premier lieu, M. B soutient qu'il n'a pas reçu de proposition de rectification à l'issue de la vérification de comptabilité dont procéderaient les impositions en litige. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'il n'a pas fait l'objet d'une de vérification de comptabilité, ni d'une autre procédure de contrôle, mais que les impositions litigieuses constituent des impositions primitives établies sur la base de ses déclarations déposée le 5 juin 2022 en l'absence de paiement de la taxe sur la valeur ajoutée collectée dans les délais impartis. Il ne peut, par suite, utilement se prévaloir de l'absence de réception d'une proposition de rectification, un tel acte n'étant prévu par les dispositions des articles L. 54B et suivants du livre des procédures fiscales que dans le cadre d'une procédure de rectification. Par ailleurs, les pénalités qui lui ont été infligées ont bien fait l'objet d'une lettre de motivation du 30 juin 2022. Le moyen tiré d'un vice de procédure doit, dès lors, être écarté.
3. En second lieu, aux termes du 3. de l'article 283 du code général des impôts : " Toute personne qui mentionne la taxe sur la valeur ajoutée sur une facture est redevable de la taxe du seul fait de sa facturation. " Aux termes de son article 293B : " I. - Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du deuxième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée,
lorsqu'ils n'ont pas réalisé : / 1° Un chiffre d'affaires supérieur à : / a) 85 800 € l'année civile précédente ; / b) Ou 94 300 € l'année civile précédente, lorsque le chiffre d'affaires de la pénultième année n'a pas excédé le montant mentionné au a ; / 2° Et un chiffre d'affaires afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, supérieur à : / a) 34 400 € l'année civile précédente ; / b) Ou 36 500 € l'année civile précédente, lorsque la pénultième année il n'a pas excédé le montant mentionné au a. / II. - 1. Le I cesse de s'appliquer : / a) Aux assujettis dont le chiffre d'affaires de l'année en cours dépasse le montant mentionné au b du 1° du I ; / b) Ou à ceux dont le chiffre d'affaires de l'année en cours afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, dépasse le montant mentionné au b du 2° du I. () ". Enfin, aux termes de son article 293E : " Les assujettis bénéficiant d'une franchise de taxe mentionnée à l'article 293 B ne peuvent opérer aucune déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, ni faire apparaître la taxe sur leurs factures, notes d'honoraires ou sur tout autre document en tenant lieu. / En cas de délivrance d'une facture, d'une note d'honoraires ou de tout autre document en tenant lieu par ces assujettis pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, la facture, la note d'honoraires ou le document doit comporter la mention : " TVA non applicable, article 293 B du CGI ". "
4. Il résulte de l'instruction que figurent, sur l'ensemble des factures émises par M. B, à la fois la mention " TVA non applicable en accord avec l'article 293B du code général des impôts " mais également, de façon non cohérente avec cette mention, la facturation d'un prix hors taxe, d'une taxe sur la valeur ajoutée au taux de 20% et d'un montant " net à payer " incluant ce montant de taxe sur la valeur ajoutée. Il apparaît ainsi, nonobstant la référence à l'article 293B, avoir effectivement facturé à ses clients de la taxe sur la valeur ajoutée. Il résulte de ces mentions et des dispositions de l'article 283 du code général des impôts précité que M. B est redevable de la taxe portée sur ces factures et qu'il ne peut donc pas utilement se prévaloir du régime de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée, qui suppose, ainsi que l'énonce l'article 293E du code général des impôts, que cette taxe ne soit pas facturée. Il suit de là que l'administration était fondée, pour établir son imposition à cette taxe, à se fonder sur sa déclaration initiale faisant apparaître que la totalité de son chiffre d'affaires de 44 466 euros était imposable au taux normal de taxe sur la valeur ajoutée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Lutz, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
Le président,
Signé
O. Mauny
Le rapporteur,
Signé
F. Lutz
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre chargé des comptes publics et du budget en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2207747
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