mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2208656 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre - Juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 octobre 2022, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 7 septembre 2022 par laquelle la commission de médiation de l'Essonne a rejeté son recours gracieux tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social en application du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
Elle soutient qu'elle a désormais obtenu son avis de non-imposition pour l'année 2020 et le communique ; qu'elle est dépourvue de logement et est hébergée par un tiers avec son enfant âgé de 2 ans et demi.
Vu les autres pièces du dossier :
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme Sauvageot a, au cours de l'audience publique, présenté son rapport.
La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Le préfet de l'Essonne a produit un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a saisi le 5 août 2022 la commission de médiation du département de l'Essonne d'un recours gracieux tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par une décision du 7 septembre 2022, la commission de médiation du département de l'Essonne a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article R. 441-14 du code de la construction et de l'habitation : " La commission est saisie par le demandeur dans les conditions prévues au II ou au III de l'article L. 441-2-3. La demande, réalisée au moyen d'un formulaire répondant aux caractéristiques arrêtées par le ministre chargé du logement et signée par le demandeur, précise l'objet et le motif du recours, ainsi que les conditions actuelles de logement ou d'hébergement du demandeur. Elle comporte, selon le cas, la mention soit de la demande de logement social déjà enregistrée assortie du numéro unique d'enregistrement attribué au demandeur, sauf justification particulière, soit de la ou des demandes d'hébergement effectuées antérieurement. Le demandeur fournit, en outre, toutes pièces justificatives de sa situation. Les pièces justificatives à fournir obligatoirement sont fixées par l'arrêté précité. La réception du dossier, dont la date fait courir les délais définis aux articles R. 441-15 et R. 441-18, donne lieu à la délivrance par le secrétariat de la commission d'un accusé de réception mentionnant la date du jour de la réception de la demande. Lorsque le formulaire n'est pas rempli complètement ou en l'absence de pièces justificatives obligatoires, le demandeur en est informé par un courrier, qui fixe le délai de production des éléments manquants, délai pendant lequel les délais mentionnés aux articles R. 441-15 et R. 441-18 sont suspendus. () ". Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 22 décembre 2020 : " La liste des pièces justificatives pour l'instruction de la demande de logement social mentionnée à l'article R. 441-2-4 du code de la construction et de l'habitation est annexée au présent arrêté. ".
3. En vertu de l'article R. 441-14 du code de la construction et de l'habitation, le demandeur qui saisit la commission de médiation au moyen d'un formulaire dont le modèle est prévu par arrêté ministériel, doit préciser l'objet et le motif de son recours amiable, ses conditions de logement ou d'hébergement, et fournir les pièces justificatives permettant de démontrer qu'il se trouve effectivement dans la situation au titre de laquelle il souhaite que sa demande soit reconnue comme prioritaire et urgente. Parmi les pièces facultatives que le service instructeur peut demander au demandeur, le paragraphe III de l'annexe à l'arrêté du 22 décembre 2020 prévoit au titre de l'appréciation du montant des ressources mensuelles : " Tout document justificatif des revenus perçus pour toutes les personnes appelées à vivre dans le logement : - s'il est disponible, dernier avis d'imposition reçu ou à défaut avis de situation déclarative à l'impôt sur le revenu ou à défaut document de taxation ; - salarié : bulletins de salaire des trois derniers mois ou attestation de l'employeur ; - non-salarié : dernier bilan ou attestation du comptable de l'entreprise évaluant le salaire mensuel perçu ou tout document comptable habituellement fourni à l'administration ; - retraite ou pension d'invalidité : notification de pension ; - allocation d'aide au retour à l'emploi : avis de paiement ; - indemnités journalières : bulletin de la sécurité sociale ; - pensions alimentaires reçues : extrait de jugement ou autre document démontrant la perception de la pension ; - prestations sociales et familiales (allocation d'adulte handicapé, revenu de solidarité active, allocations familiales, prestation d'accueil du jeune enfant, prime d'activité, allocation journalière de présence parentale, allocation d'éducation d'enfant handicapé, complément familial, allocation de soutien familial) : attestation de la Caisse d'allocations familiales (CAF)/Mutualité sociale agricole (MSA), allocation de solidarité aux personnes âgées ; - étudiant boursier : avis d'attribution de bourse. ".
4. Si la commission de médiation peut solliciter la production des pièces exigibles dont la communication est rendue obligatoire par les dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation et l'arrêté du 22 décembre 2020 susvisé, elle ne peut légalement rejeter un recours amiable comme étant incomplet que si elle n'est pas en mesure, avec les éléments dont elle dispose, d'apprécier les mérites du recours amiable qui lui est soumis.
5. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la décision du 18 mai 2022, que la commission de médiation de l'Essonne a rejeté la demande de logement social présentée par Mme B au motif qu'elle n'a pas fourni toutes les pièces obligatoires à l'examen de son dossier et notamment l'avis d'imposition ou de non-imposition sur les revenus de l'année 2020, et ce en dépit de l'envoi d'un courrier le 30 mars 2022 récapitulant les documents manquant à renvoyer au service instructeur de la commission dans un délai d'un mois.
6. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que Mme B aurait produit dans un délai d'un mois imparti à compter de la réception de cette lettre les pièces justificatives sollicités, et notamment son avis de non-imposition pour l'année 2020. Ainsi, la requérante n'établit pas avoir justifié du montant de son imposition sur le revenu afin de permettre à la commission de médiation de se prononcer sur sa demande de logement social. Par suite, nonobstant la circonstance que la requérante produit à la présente instance ledit avis, elle ne peut être regardée comme ayant justifié devant la commission de médiation de ses revenus, éléments dont la justification peut pourtant être rendue obligatoire par le service instructeur. Il s'ensuit que, par ce seul motif, la commission de médiation de l'Essonne, qui ne pouvait apprécier les mérites du recours présenté par la requérante, a pu rejeter la demande de logement social présentée par Mme B sans commettre d'erreurs de fait, de droit ou d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision 7 septembre 2022 par laquelle la commission de médiation du droit au logement opposable de l'Essonne a rejeté son recours gracieux tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue comme prioritaire et urgente.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé
J. Sauvageot
La greffière,
Signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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