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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2208800

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2208800

mardi 19 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2208800
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantSELARL SUBLET-FURST & FAUVERGUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 22 novembre 2022 sous le n°2208800, des pièces et un mémoire, enregistrés le 24 novembre 2022 et le 6 juin 2023, la société Fiat Chrysler finance et services, représentée par Me Fauvergue, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la réduction de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison des locaux qu'elle exploite au 5-7 rue Albert Einstein à Trappes (Yvelines) à hauteur de, respectivement et pour chacune de ces deux années, 18 038 euros et 17 002 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la valeur locative 1970 du bien situé au 5-7 rue Albert Einstein à Trappes s'établit à 130 232 euros, conformément à ce qui a précédemment été jugé par le tribunal administratif de Versailles par plusieurs jugements devenus définitifs ;

- même après prise en compte des surfaces omises, elle est fondée à solliciter la réduction des impositions en litige.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen invoqué par la société Fiat Chrysler finance et service n'est pas fondé et fait valoir que la surface pondérée, après prise en compte des surfaces de parking omises, s'établit à 3 829 m2 dans la catégorie bureau (" BUR ") et 6 665 m2 dans la catégorie atelier (" ATE "), qu'ainsi valeur locative 1970 est supérieure à celle qui a été utilisée pour le calcul du planchonnement et que la valeur révisée a fait l'objet d'une correction à la hausse et qu'il y a lieu par conséquent de procéder à la compensation sur le fondement des article L. 203 et L. 205 du livre des procédures fiscales et que, dans ces conditions, il n'y a pas lieu à restitution.

II. Par une requête enregistrée le 22 novembre 2022 sous le n°2208802 des pièces et un mémoire, enregistrés le 24 novembre 2022 et le 6 juin 2023, la société Comau France, représentée par Me Fauvergue, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la réduction de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison des locaux qu'elle exploite au 5-7 rue Albert Einstein à Trappes (Yvelines) à hauteur de, respectivement et pour chacune de ces deux années, 31 109 euros et 28 572 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la valeur locative 1970 du bien situé au 5-7 rue Albert Einstein à Trappes s'établit à 130 232 euros, conformément à ce qui a précédemment été jugé par le tribunal administratif de Versailles par plusieurs jugements devenus définitifs ;

- même après prise en compte des surfaces omises, elle est fondée à solliciter la réduction des impositions en litige.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen invoqué par la société Comau France n'est pas fondé et fait valoir que la surface pondérée, après prise en compte des surfaces de parking omises, s'établit à 3 829 m2 dans la catégorie bureau (" BUR ") et 6 665 m2 dans la catégorie atelier (" ATE "), qu'ainsi valeur locative 1970 est supérieure à celle qui a été utilisée pour le calcul du planchonnement et que la valeur révisée a fait l'objet d'une correction à la hausse et qu'il y a lieu par conséquent de procéder à la compensation sur le fondement des article L. 203 et L. 205 du livre des procédures fiscales et que, dans ces conditions, il n'y a pas lieu à restitution.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thivolle,

- les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction :

1. Les requêtes de la société Fiat Chrysler finance et services et de la société Comau France présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur le bien-fondé des impositions en litige :

2. Les sociétés Fiat Chrysler finance et services et Comau France demandent au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation foncière des entreprises mise à leur charge au titre des années 2019 et 2020 à raison des locaux qu'elles exploitent au 5-7 rue Albert Einstein à Trappes (Yvelines).

En ce qui concerne la valeur locative non-révisée des locaux imposés

3. En premier lieu, l'autorité de la chose jugée par une décision rendue dans un litige de plein contentieux est subordonnée à la triple identité de parties, d'objet et de cause. La société se prévaut des jugements rendus par le tribunal administratif de Versailles, sous les n°2003457, 1905460 et 2002480, par lesquels celui-ci s'est, en particulier, prononcé sur la valeur locative 1970 de l'immeuble sis au 5-7 rue Albert Einstein à prendre en compte pour l'établissement de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de la cotisation foncière des entreprises des sociétés membres du groupe, au titre des années antérieures, en fixant celle-ci à la somme de 130 232 euros. Il est toutefois constant que ces jugements portent sur les impositions dues au titre d'années antérieures à celles en litige dans le cadre de la présente instance et qu'ils n'ont, par suite, pas le même objet. Il s'ensuit que le moyen tiré, par les sociétés requérantes, de l'autorité de la chose jugée, n'est pas fondé et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les sociétés non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée ". Et aux termes de l'article 1467 de ce code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période ".

5. Par jugement du même jour portant le n°2208803, le tribunal juge que la valeur locative non-révisée de l'immeuble situé au 5-7, rue Albert Einstein à Trappes à prendre en compte pour l'établissement de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2019 et 2020, s'élève à la somme de 130 232 euros, dont 86 779 euros au titre de la partie " bureau " et 43 452 euros pour la partie " atelier ", qu'il y a lieu de retenir pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises dues par les sociétés requérantes exploitant ces locaux.

En ce qui concerne la demande de compensation

6. L'administration fait valoir en défense que la surface pondérée, après prise en compte des surfaces de parking omises, dans la catégorie Pk2, s'établit à 3 829 m2 pour la partie " bureau " (" BUR ") et 6 665 m2 pour la partie " atelier " (" ATE ").

7. Cette modification des surfaces à prendre en compte pour le calcul de la cotisation foncière des entreprises au titre des années en litige a été expressément admise par les sociétés requérantes.

8. Toutefois, contrairement à ce que soutient l'administration, il ne résulte nullement de l'instruction qu'une telle révision des surfaces implique la faculté de compenser, sur le fondement des articles L. 203 et L. 205 du livre des procédures fiscales, la totalité des sommes dont les sociétés sollicitent la restitution au titre des années en litige.

9. Il résulte de tout ce qui précède que le montant de la cotisation foncière des entreprises à laquelle doivent être assujetties les sociétés requérantes au titre des années 2019 et 2020, à raison du bien qu'elles exploitent au 5-7 Rue Albert Einstein à Trappes, doit être calculé en retenant une valeur locative non révisée fixée à 130 232 euros, dont 86 779 euros au titre de la partie " bureau " et 43 452 euros pour la partie " atelier ". Les sociétés requérantes sont dès lors fondées à demander la réduction de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elles ont été assujetties au titre des années 2019 et 2020 à raison de l'immeuble qu'elles exploitent au 5-7 rue Albert Einstein à Trappes à hauteur de la différence entre le montant auquel elles ont été assujetties initialement et le montant déterminé selon les modalités qui précèdent.

Sur les frais liés au litige :

10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement, à chacune des deux sociétés requérantes, d'une somme de 350 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La valeur locative non-révisée du bien à évaluer situé au 5-7 rue Albert Einstein à Trappes, à retenir pour le calcul de la cotisation foncière des entreprises due par les sociétés Fiat Chrysler finance et services et Comau France au titre des années 2019 et 2020 est fixée à la somme de 130 232 (cent-trente mille deux-cent-trente-deux) euros, dont 86 779 (quatre-vingt-six mille sept-cent-soixante-dix-neuf) euros au titre de la partie " bureau " et 43 452 (quarante-trois mille quatre-cent-cinquante-deux) euros pour la partie " atelier ".

Article 2 : La surface pondérée du bien situé 5-7 rue Albert Einstein s'établit, au titre des années 2019 et 2020, à 3 829 m2 pour la partie " bureau " (" BUR ") et 6 665 m2 pour la partie " atelier " (" ATE ").

Article 3 : La cotisation foncière des entreprises à laquelle les sociétés visées à l'article 1er ont été assujetties au titre des années 2019 et 2020 pour le bien situé qu'elles exploitent au 5-7, rue Albert Einstein à Trappes est réduite de la différence entre le montant de la cotisation à laquelle elles ont été assujetties au titre de ces deux années et le montant de la cotisation déterminé selon les modalités fixées à l'article 1er et à l'article 2.

Article 4 : L'Etat versera à chacune des deux sociétés visées à l'article 1er la somme de 350 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié aux sociétés Fiat Chrysler Finance et services, à la société Comau France et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président,

Mme Bartnicki, première conseillère,

M. Thivolle, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

G. Thivolle

Le président,

Signé

R. FéralLe greffier,

Signé

C. Gueldry

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 220880

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