lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302342 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL PITCHER AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 mars 2023 et 3 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Pitcher, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) à lui verser la somme de 5 200 euros au titre de la subvention " MaPrimeRénov' " qui lui a été accordée par une décision du 28 octobre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande de subvention a été faite par la société Drapo, laquelle disposait d'un mandat en ce sens ; elle a ainsi consenti à bénéficier de la prime de transition énergétique ;
- les travaux sur lesquels portaient la subvention accordée ont été réalisés, et ce dans les délais prévus par le III de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 ; en conséquence, l'obligation tenant au versement de la prime n'est pas sérieusement contestable ;
- le défaut de RAPO ne peut lui être opposé dès lors qu'aucune décision de l'administration n'a été prise.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 avril 2023, l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, en l'absence d'exercice par la requérante du recours administratif préalable prévu par l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 ;
- à titre subsidiaire, l'obligation est sérieusement contestable dès lors par une décision du 17 octobre 2022, la prime de transition énergétique octroyée a donné lieu à l'initiation d'une procédure de retrait partiel et qu'aucune décision n'a encore été prise dans l'attente de l'examen des éléments fournis par la requérante dans le cadre de la procédure contradictoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation, notamment ses articles R. 321-2, R. 321-12 et R. 321-18 ;
- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019, notamment son article 15 ;
- la loi n°2000-321 du 12 avril 2000, notamment son article 9-1 ;
- le décret n°2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- l'arrêté n°LOGL1935578A du 14 janvier 2020, notamment son article 6 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a sollicité l'octroi de la subvention " MaPrimeRénov' ". Par une décision du 28 octobre 2020, l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) lui a accordé une subvention d'un montant de 5 200 euros. Toutefois, par courriel du 22 novembre 2021, l'ANAH a adressé à l'intéressée un courrier d'information préalable au retrait de cette subvention. Mme B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'ANAH à lui verser la somme de 5 200 euros, correspondant au montant de la prime de transition énergétique qui lui avait été accordé.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
4. Aux termes de l'article L. 321-1-2 du code de la construction et de l'habitation : " L'Agence nationale de l'habitat contribue à la mise en œuvre des actions relatives à la réhabilitation du parc privé, à l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments () ". Aux termes de l'article R. 321-2 de ce code : " I. Dans le cadre de sa mission définie à l'article L. 321-1, l'agence apporte son aide financière sous forme de subventions aux bénéficiaires mentionnés à l'article R. 321-12 ou de dotations aux établissements publics de coopération intercommunale ainsi qu'aux départements ayant conclu la convention prévue à l'article L. 321-1-1 () " et aux termes de l'article R. 321-12 du même code : " I.- L'agence peut accorder des subventions : 1° Aux propriétaires ou à tout autre titulaire d'un droit réel conférant l'usage des locaux pour des logements qu'ils donnent à bail () ; 2° Aux propriétaires ou à tout autre titulaire d'un droit réel conférant l'usage des locaux pour les logements qu'ils occupent eux-mêmes dans les conditions prévues à l'article R. 321-20 () ; ". Aux termes de l'article R. 321-18 du code de la construction et de l'habitation : " La demande de subvention est présentée par l'une des personnes mentionnées à l'article R. 321-12 (). Pour les opérations et bénéficiaires mentionnés aux I et II de l'article R. 321-12, aucune aide ne peut être accordée si les travaux ont commencé avant le dépôt de la demande de subvention. () La subvention est versée, sur déclaration d'achèvement de l'opération, après vérification de la conformité des opérations réalisées avec les caractéristiques du projet sur lesquelles la décision d'attribution a été fondée. La subvention est versée sur présentation des justificatifs précisés par le règlement général de l'agence, en particulier des factures des entreprises ayant réalisé les travaux, sauf cas exceptionnels dus, notamment, à la défaillance d'une entreprise () ".
5. Aux termes de l'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 : " II.-Il est créé une prime de transition énergétique destinée à financer, sous conditions de ressources, des travaux et dépenses en faveur de la rénovation énergétique des logements. Par dérogation, jusqu'au 31 décembre 2023, elle peut être distribuée sans conditions de ressources, selon la nature des travaux et dépenses financés. Les caractéristiques et les conditions d'octroi de cette prime sont définies par décret. La prime de transition énergétique est attribuée pour le compte de l'Etat par l'agence mentionnée à l'article L. 321-1 du code de la construction et de l'habitation. Elle ne constitue pas une aide à l'investissement pour les travaux d'amélioration des logements existants au sens de l'article L. 301-2 du même code () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " La prime de transition énergétique prévue au II de l'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 susvisée peut être attribuée aux propriétaires pour financer les dépenses en faveur de la rénovation énergétique de leur logement lorsqu'ils respectent les conditions suivantes : a) Les revenus du ménage occupant le logement et dont au moins l'un des membres est propriétaire sont inférieurs ou égaux à un plafond fixé en fonction de la composition du ménage par arrêté conjoint des ministres chargés de la ville et de l'économie ; b) Le logement est occupé à titre de résidence principale par le ou les propriétaires à la date de début des travaux et prestations. Par résidence principale, on entend un logement effectivement occupé au moins six mois par an sauf obligation professionnelle, raison de santé affectant le bénéficiaire de la prime ou cas de force majeure ; c) Le logement ou l'immeuble concerné est achevé depuis plus de deux ans à la date de début des travaux et prestations ". Aux termes de l'article 6 de ce décret : " La prime de transition énergétique est gérée, pour le compte de l'Etat, par l'Agence nationale de l'habitat ". Aux termes de l'article 7 du même décret : " Dans le cadre de la gestion de la prime de transition énergétique, le directeur général de l'Agence nationale de l'habitat : () b) Attribue la prime de transition énergétique aux bénéficiaires mentionnés à l'article 1er du présent décret et se prononce sur le rejet des demandes de prime ; c) Le cas échéant, décide du retrait, de l'annulation et du reversement intervenant avant ou après le versement du solde de la prime () ; " et de son article 11 : " En cas de non-respect des conditions d'attribution de la prime de transition énergétique, la décision attributive peut être retirée en totalité ou partiellement, entraînant le reversement de tout ou partie des sommes perçues au titre de la prime () ". L'article 6 de l'arrêté n°LOGL1935578A du 14 janvier 2020 rattache la prime de transition énergétique à une subvention, au sens de l'article 9-1 de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations.
En ce qui concerne la fin de non-recevoir :
6. Si l'ANAH oppose à la requérante qu'elle n'a pas formé de recours administratif préalable obligatoire en méconnaissance des dispositions de l'article 9 du décret précité du 14 janvier 2020 selon lesquelles : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif par le bénéficiaire auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat. () ", il résulte des propres écritures de l'ANAH qu'elle n'a pas pris de décision de retrait mais a seulement initié une procédure de retrait partiel de la prime initialement accordée, le dossier devant faire l'objet d'une instruction au regard des éléments apportés dans le cadre de la procédure contradictoire. Invitée par courrier en date du 8 décembre 2023 à produire devant le tribunal tout élément permettant d'établir, ou non, qu'elle avait retiré le bénéfice de la prime litigieuse, l'ANAH n'a pas répondu à cette mesure d'instruction. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir ainsi soulevée doit être écartée.
En ce qui concerne le bien-fondé de la provision :
7. L'ANAH se borne à faire valoir qu'elle peut prononcer le retrait de la prime et à soutenir que la prime, qu'elle a pourtant attribuée sur le principe, serait contestable dans son principe, sans préciser quelles conditions ne seraient pas satisfaites. Dans ces circonstances, l'obligation dont se prévaut la requérante doit, en l'état de l'instruction, être regardée comme n'étant pas sérieusement contestable. Il y a donc lieu de condamner l'ANAH à verser à Mme B une provision d'un montant de 5 200 euros.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ANAH, partie perdante dans la présente instance, le versement à la requérante d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'ANAH est condamnée à verser à Mme B une provision d'un montant de 5 200 euros.
Article 2 : L'ANAH versera à Mme B une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à l'Agence nationale de l'habitat (ANAH).
Fait à Versailles, le 22 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026