mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302575 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL PITCHER AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 mars 2023 et le 26 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Pitcher, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) à lui verser la somme de 4 000 euros au titre de la subvention " MaPrimeRénov' " qui lui a été accordée par une décision du 27 octobre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la créance dont il se prévaut n'est pas sérieusement contestable ;
- sa demande de subvention a été faite par la société Drapo, laquelle disposait d'un mandat en ce sens ; il a ainsi consenti à bénéficier de la prime de transition énergétique ;
- les travaux sur lesquels portait la subvention accordée ont été réalisés, et ce dans les délais prévus par l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 ; en conséquence, l'obligation tenant au versement de la prime n'est pas sérieusement contestable.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 3 mai 2023 et le 23 avril 2024, l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, en l'absence d'exercice par le requérant du recours administratif préalable prévu par l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 ;
- à titre subsidiaire, l'obligation est sérieusement contestable dès lors que par courrier du 27 juillet 2022 la directrice générale de l'Anah a initié la mise en œuvre d'une procédure de retrait de la subvention MaPrimeRénov' initialement accordée et a procédé le 20 novembre 2023 au retrait de la prime.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 ;
- la loi n°2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n°2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- l'arrêté n°LOGL1935578A du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique 6 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité l'octroi de la subvention " MaPrimeRénov' ". Par une décision du 27 octobre 2021, l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) lui a accordé une subvention d'un montant de 4 000 euros. M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'ANAH à lui verser cette somme de 4 000 euros.
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
4. Aux termes de l'article L. 321-1-2 du code de la construction et de l'habitation : " L'Agence nationale de l'habitat contribue à la mise en œuvre des actions relatives à la réhabilitation du parc privé, à l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments () ". Aux termes de l'article R. 321-2 de ce code : " I. Dans le cadre de sa mission définie à l'article L. 321-1, l'agence apporte son aide financière sous forme de subventions aux bénéficiaires mentionnés à l'article R. 321-12 ou de dotations aux établissements publics de coopération intercommunale ainsi qu'aux départements ayant conclu la convention prévue à l'article L. 321-1-1 () " et aux termes de l'article R. 321-12 du même code : " I.- L'agence peut accorder des subventions : 1° Aux propriétaires ou à tout autre titulaire d'un droit réel conférant l'usage des locaux pour des logements qu'ils donnent à bail () ; 2° Aux propriétaires ou à tout autre titulaire d'un droit réel conférant l'usage des locaux pour les logements qu'ils occupent eux-mêmes dans les conditions prévues à l'article R. 321-20 () ; ". Aux termes de l'article R. 321-18 du code de la construction et de l'habitation : " La demande de subvention est présentée par l'une des personnes mentionnées à l'article R. 321-12 (). Pour les opérations et bénéficiaires mentionnés aux I et II de l'article R. 321-12, aucune aide ne peut être accordée si les travaux ont commencé avant le dépôt de la demande de subvention. () La subvention est versée, sur déclaration d'achèvement de l'opération, après vérification de la conformité des opérations réalisées avec les caractéristiques du projet sur lesquelles la décision d'attribution a été fondée. La subvention est versée sur présentation des justificatifs précisés par le règlement général de l'agence, en particulier des factures des entreprises ayant réalisé les travaux, sauf cas exceptionnels dus, notamment, à la défaillance d'une entreprise () ".
5. Aux termes de l'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 : " II.- Il est créé une prime de transition énergétique destinée à financer, sous conditions de ressources, des travaux et dépenses en faveur de la rénovation énergétique des logements. () ". Aux termes de l'article 6 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " La prime de transition énergétique est gérée, pour le compte de l'Etat, par l'Agence nationale de l'habitat ". Aux termes de l'article 7 du même décret : " Dans le cadre de la gestion de la prime de transition énergétique, le directeur général de l'Agence nationale de l'habitat : () b) Attribue la prime de transition énergétique aux bénéficiaires mentionnés à l'article 1er du présent décret et se prononce sur le rejet des demandes de prime ; c) Le cas échéant, décide du retrait, de l'annulation et du reversement intervenant avant ou après le versement du solde de la prime () ; " et de son article 11 : " En cas de non-respect des conditions d'attribution de la prime de transition énergétique, la décision attributive peut être retirée en totalité ou partiellement, entraînant le reversement de tout ou partie des sommes perçues au titre de la prime () ".
6. Il résulte des pièces produites en défense que, par un courriel du 27 juillet 2022, l'ANAH a informé la société Drapo, mandataire du demandeur, qu'elle envisageait le retrait total de la prime dès lors qu'elle n'avait pu réaliser de contrôle sur place, le requérant n'ayant pas honoré le rendez-vous à l'adresse du logement rénové et elle l'a invitée à présenter ses observations. Par une décision du 20 novembre 2023, versée aux débats, l'ANAH après avoir rappelé la mise en œuvre de cette procédure contradictoire, a procédé au retrait total de la subvention " MaPrimeRénov' " en application de l'article 11 du décret du 14 janvier 2020. L'ANAH justifie du dépôt en recommandé de cette décision à l'adresse du requérant le 23 novembre 2023. Dans ces conditions, à la date de la présente ordonnance, l'existence d'une obligation de payer la somme de 4 000 euros correspondant au montant de la prime octroyée par une décision intervenue le 27 octobre 2021 ne peut être regardée comme établie.
7. Par suite, la créance dont se prévaut la demandeuse ne présente pas, en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Les conclusions de la requête tendant à la condamnation de l'ANAH à lui verser une provision de 4 000 euros doivent dès lors être rejetées.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à l'Agence nationale de l'habitat.
Fait à Versailles, le 10 septembre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Rollet-Perraud
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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01/06/2026