mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303168 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 19 avril 2023 sous le n° 2303168, M. A B demande au tribunal de prononcer la remise, ou une modération, des majorations d'assiette et de recouvrement dont ont été assortis les rappels d'impôt sur le revenu qui lui ont été réclamés au titre des années 2015, 2016 et 2017.
Il soutient que les revenus des années en cause, qui ont été évalués d'office, ne correspondent pas aux revenus qu'il a réellement perçus ces années.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le seul moyen de la requête est inopérant à l'appui de conclusions aux fins de remise gracieuse et que ces conclusions gracieuses sont irrecevables faute de demande préalable.
II. Par une requête, enregistrée le 19 avril 2023 sous le n° 2303169, M. A B demande au tribunal de prononcer la remise, ou une modération, des majorations d'assiette et de recouvrement dont ont été assortis les rappels d'impôt sur le revenu qui lui ont été réclamés au titre de l'année 2014.
Il soutient que les revenus de l'année en cause, qui ont été évalués d'office, ne correspondent pas aux revenus qu'il a réellement perçus cette année.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le seul moyen de la requête est inopérant à l'appui de conclusions aux fins de remise gracieuse et que ces conclusions gracieuses sont irrecevables faute de demande préalable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre de procédure fiscale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Kaczynski rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2303168 et n° 2303169 présentées par M. B présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable : / 1° des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence / 2o Des remises totales ou partielles d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent sont définitives; () ". Si la décision de l'administration refusant une remise gracieuse sur ce fondement peut être déférée au juge administratif par la voie du recours pour excès de pouvoir, cette décision ne peut être annulée que si elle est entachée d'incompétence, d'erreur de droit, d'erreur de fait, d'erreur manifeste d'appréciation ou encore si elle est révélatrice d'un détournement de pouvoir. Lorsqu'elle se prononce sur des demandes de remise gracieuse d'impôt en application du 1° de l'article L. 247 précité, l'administration est tenue de ne prendre en compte que la situation financière du contribuable.
3. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est du reste pas contesté, que M. B ait saisi l'administration fiscale de la demande de remise gracieuse prévue par les dispositions précitées. Par suite, ainsi que le fait valoir l'administration fiscale en défense, la demande tendant à la remise gracieuse, présentée directement au tribunal, est irrecevable. Toutefois, le présent jugement ne fait pas obstacle à ce que le requérant, s'il s'y croit fondé, présente à l'administration fiscale une demande tendant à la remise ou à la modération à titre gracieux de l'imposition sur le fondement de l'article L. 247 précité du livre des procédures fiscales.
4. En second lieu, s'agissant du bien-fondé des impositions qui ont été assorties des majorations en litige, il résulte de l'instruction que le contribuable a fait l'objet de rappels d'impôts sur le revenu au titre des années 2014, 2015, 2016 et 2017, qui ont été établis suivant une procédure d'évaluation d'office. Ainsi que l'a rappelé l'administration fiscale dans ses décisions de rejet des réclamations de M. B, en vertu des dispositions de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales, il appartient au contribuable qui demande la décharge des impositions ainsi établies de démontrer le caractère exagéré de ces impositions.
5. Pour contester les rappels litigieux, établis sur des revenus selon lui incorrectement déterminés, M. B fait valoir que par une attestation de l'expert-comptable de l'entreprise dont il était gérant, ainsi que par la production d'un bilan simplifié de cette entreprise, il démontre que les rémunérations perçues de cette entreprise au titre des années en cause en qualité de gérant étaient inférieures à ceux retenus par le service. Cependant, la simple lettre de l'expert-comptable de la société à responsabilité limitée " Bien Ensemble ", qui n'est accompagnée d'aucun document de nature comptable et qui précise que l'attestation produite n'a été établie que sur la base " des informations portées à (sa) connaissance ", dont la teneur n'est pas précisée ainsi que les 32 pages de documents comptables, bilans et comptes de résultats, présentées sans aucun ordre de classement, dont il n'est pas même allégué qu'ils auraient été déposés à l'appui des déclarations fiscales de l'entreprise et qui n'identifient pas la rémunération du gérant mais seulement " la rémunération du personnel ", ne suffisent pas à démontrer le caractère exagéré des impositions supplémentaires réclamées à M. B. Au demeurant, pour l'année 2017, le requérant qui conteste l'imposition en faisant valoir que ses rémunérations étaient inférieures à celles qui ont été imposées entre ses mains, se prévaut d'une rémunération de 85 000 euros, alors qu'il a été imposé sur un revenu de 74 916 euros. Par suite les conclusions des requêtes de M. B tendant à la décharge partielle des impositions supplémentaires à l'impôt sur le revenu des années 2014 à 2017, à supposer que l'intéressé ait entendu présenter de telles conclusions, ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.
6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de M. B doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Rodolphe Féral, président,
- M. Dariusz Kaczynski, premier conseiller,
- Mme Sara Ghiandoni, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
D. Kaczynski
Le Président,
Signé
R. FéralLe greffier,
Signé
C. Gueldry
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2303168-2303169
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