LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2305673

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2305673

vendredi 19 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2305673
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre
Avocat requérantBOISSY AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles a été saisi par la société Allianz IARD d’une demande de condamnation de la commune d’Itteville au paiement de cotisations d’assurance impayées, pour un montant total de 111 023,64 euros, au titre de quatre contrats résiliés par la commune le 22 décembre 2021. La commune a justifié cette résiliation par un motif d’intérêt général, lié à la nécessité de procéder à une mise en concurrence périodique, et a invoqué l’irrégularité des contrats en l’absence de clause limitant leur durée, en méconnaissance de l’article L. 2112-5 du code de la commande publique. Le tribunal a rejeté l’intégralité des demandes de la société Allianz IARD, considérant que la résiliation pour motif d’intérêt général était fondée et que la société ne démontrait pas l’existence des préjudices allégués.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés le 12 juillet 2023, les 29 avril et 22 mai 2025, la société Allianz IARD, représentée par Me Hourblin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune d’Itteville à lui verser la somme de 111 023,64 euros au titre de l’exécution des contrats d’assurance n°57562992, n°58691155, n°58503999, n°48318289, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 7 mars 2022, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter du présent jugement ;

2°) de mettre à la charge de la commune d’Itteville la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les cotisations dues au titre des quatre contrats d’assurance conclus avec la commune n’ont pas été versées, et cette dernière est donc redevable de la somme de 111 023,64 euros ;
- les courriers que la commune lui a adressés le 22 décembre 2021, visant à ne pas renouveler les quatre contrats précités, n’ont pu avoir pour effet de mettre un terme à leur exécution ;
- ces courriers n’étaient ni fondés ni justifiés par un motif intérêt général ; à titre subsidiaire, la présence d’une clause irrégulière ne pouvait valablement justifier la résiliation du contrat dès lors que l’administration dispose d’un pouvoir de modification unilatérale ;
- le cas échéant, elle est fondée à réclamer l’indemnisation des préjudices résultant de la résiliation unilatérale fautive des quatre contrats d’assurance ; elle est également fondée, dans l’hypothèse d’une résiliation unilatérale fondée sur un motif d’intérêt général valable, à réclamer une indemnisation au titre de son manque à gagner, lequel doit être évalué :

- s’agissant du contrat portant sur la flotte automobile, par les primes qui auraient dû être versées entre le 1er janvier et le 6 octobre 2022, soit le terme de ce contrat ;

- s’agissant du contrat « matériel de production et gestion », par les primes qui auraient dû être versées entre le 1er janvier 2022 et le 11 janvier 2023 ;

- s’agissant du contrat dit « auto missions », par les primes qui auraient dû être versées entre le 1er janvier et le 28 novembre 2022 ;

- s’agissant du contrat « multi risques commune » par les primes qui auraient dû être versées entre le 1er janvier et le 28 novembre 2022.


Par trois mémoires en défense enregistrés le 26 août 2024, et les 10 et 30 mai 2025, la commune d’Itteville, représentée par Me Dubois, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Allianz IARD au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les quatre contrats d’assurance ont été résiliés pour un motif d’intérêt général, compte tenu de la nécessité de procéder à une mise en concurrence périodique, et la société Allianz n’est pas fondée à réclamer les cotisations dues au titre de leur exécution ;
- les quatre contrats en cause étaient irréguliers en l’absence de clause limitant leur durée, en méconnaissance de l’article L. 2112-5 du code de la commande publique ; en outre, compte tenu de leur date de souscription, il était nécessaire de procéder à une nouvelle mise en concurrence ;
- la société Allianz ne démontre pas l’existence des préjudices qu’elle invoque ; elle n’établit pas l’existence d’un manque à gagner d’une part, lequel correspond au bénéfice net qu’aurait généré la poursuite des contrats jusqu’à leur terme, ni l’existence d’un gain manqué d’autre part, enfin, elle ne justifie pas de dépenses ou de pertes subies au titre de la résiliation des contrats ;
- le principe selon lequel il est interdit à l’administration de verser une libéralité (Conseil d’État, 19 mars 1971, n° 79962, Sieurs Mergui), ainsi que le principe du paiement après service fait, font obstacle au versement d’une indemnisation en l’espèce ;
- à titre subsidiaire, la société Allianz avait été informée de l’intention de la commune de ne pas renouveler les quatre contrats dans le respect du délai de préavis de deux mois prévu par leurs stipulations ;
- à titre infiniment subsidiaire, les prétentions indemnitaires de la société Allianz sont disproportionnées.


Par une ordonnance du 2 juin 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 25 juin 2025.


Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
le code de la commande publique ;
le code de justice administrative.







Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Geismar,
- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique.




Considérant ce qui suit :

1. La société Allianz IARD et la commune d’Itteville ont conclu quatre contrats d’assurance, un contrat n°57562992 souscrit le 13 janvier 2017 pour les « matériels de production et gestion », un contrat n°58691155 souscrit le 29 janvier 2017, couvrant les agents utilisant leur véhicule personnel lors de déplacements professionnels, un contrat n°58503999, souscrit le 7 octobre 2017, pour la flotte automobile de la commune, ainsi qu’un contrat n°48318289, souscrit le 23 août 2021, portant sur une assurance « dommages aux biens et responsabilité générale ». La société Allianz IARD demande la condamnation de la commune d’Itteville à lui verser la somme globale de 111 023,64 euros, qui correspond aux cotisations dues en exécution de ces contrats.

2. D’une part, il résulte de l’instruction que par quatre courriers adressés le 22 décembre 2021, par lettres recommandées avec accusés de réception, à la société requérante, la commune d’Itteville a résilié définitivement au 31 décembre suivant chacun des quatre contrats mentionnés au point 1 compte tenu du lancement d’une procédure d’appel d’offres visant à conclure de nouveaux marchés publics ayant le même objet. Si la société Allianz, par des courriers du 29 décembre 2021 a indiqué s’opposer à ces décisions de résiliation, il est constant qu’elle n’a alors introduit aucune action contentieuse tendant à la reprise des relations contractuelles. Par suite, elle n’est pas fondée à solliciter, sur le fondement de la responsabilité contractuelle pour faute, le paiement des cotisations dues en exécution de ces quatre contrats, unilatéralement résiliés par la commune d’Itteville.

3. D‘autre part, et en tout état de cause, si la société Allianz IARD entend également demander l’indemnisation de son manque à gagner du fait de la résiliation des contrats pour un motif d’intérêt général sur le fondement de l’article L. 6 du code de la commande publique, elle se borne à se prévaloir d’un manque à gagner correspondant aux cotisations qu’elle aurait perçues en exécution des contrats jusqu’à leur échéance annuelle. Néanmoins, contrairement à ce que soutient la requérante, alors même que le système d’assurance repose sur la mutualisation du risque, le gain dont elle a potentiellement été privée et dont elle serait fondée à demander l’indemnisation s’entend uniquement de la marge nette qu’elle aurait retirée de l’exécution des contrats. Or, elle ne produit aucun élément permettant de calculer la marge nette dont elle aurait ainsi été privée, et ne justifie pas qu’une telle marge, qui ne peut être assimilée au montant des rémunérations qu’elle aurait perçues, aurait nécessairement existé, compte tenu tant de ses charges courantes que de ses obligations contractuelles. Ainsi, elle n’allègue pas que les cotisations qu’elle aurait perçues seraient supérieures aux primes qu’elle aurait dû verser en exécution de ces contrats et n’apporte aucun élément relatif aux charges qu’elle aurait supportées. Dès lors, la société Allianz IARD n’établit pas l’existence et le montant d’un préjudice certain, résultant d’un manque à gagner consécutif à la résiliation anticipée des quatre contrats conclus avec la commune d’Itteville.


4. Il résulte de ce qui précède que la société Allianz IARD n’est pas fondée à demander la condamnation de la commune d’Itteville.

5. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la société Allianz IARD soit mise à la charge de la commune d’Itteville. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la société requérante la somme que la commune réclame à ce même titre.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Allianz IARD est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d’Itteville sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera communiqué à la société Allianz IARD et à la commune de d’Itteville.


Délibéré après l'audience du 11 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Cayla, présidente,
M. Bélot, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2025.


La rapporteure,

signé

M. Geismar


La présidente,

signé

F. CaylaLa greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions