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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2307218

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2307218

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2307218
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationMagistrat Crandal

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de Mme B contestant un indu de prime d'activité de 274,64 euros. La requête a été jugée irrecevable car la requérante avait saisi le tribunal avant d'avoir formé le recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours amiable, conformément à l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale. Le recours amiable, effectué postérieurement à l'enregistrement de la requête, ne pouvait régulariser la procédure. La décision initiale de la caisse d'allocations familiales a été remplacée par celle prise sur recours amiable, mais le tribunal n'a pas été saisi de cette dernière décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 septembre 2023 et le 24 mai 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler un courriel de la caisse d'allocations familiales des Yvelines non daté mettant à sa charge un indu de prime d'activité de 274,64 euros. Elle demande d'enjoindre la caisse d'allocations familiales à lui rembourser la somme mise à sa charge sous astreinte selon le barème en vigueur par jour écoulé depuis le dépôt de sa requête en cas de non-paiement à partir du jour du jugement.

Elle soutient :

1°) que le seul signalement par ses soins de son déménagement ne devait pas affecter son droit à l'aide personnalisée au logement sans qu'elle ait à effectuer de nouvelle demande ;

2°) qu'aucune notification de la retenue du forfait logement effectuée sur le versement de sa prime d'activité ne lui a été adressée ce qui devrait motiver l'annulation de la créance ;

3°) elle a été privée du droit de contester l'indu et de demander un échelonnement de son paiement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

En application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par courrier du tribunal du 26 septembre 2024 que la solution du litige était susceptible de reposer sur le moyen soulevé d'office de l'irrecevabilité de la requête dès lors que le recours administratif préalable obligatoire exigé par l'article L.845-2 du code de la sécurité sociale est postérieur à la date d'enregistrement de la requête. Le délai de réponse était fixé au 2 octobre 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Crandal, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Lors de l'audience publique du 8 octobre 2024, en présence de Mme Paulin greffière d'audience, a été entendu :

- le rapport de M. Crandal ;

- les parties ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R.772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B est bénéficiaire de la prime d'activité. En mai 2022, elle a signalé un changement d'adresse et a sollicité le bénéfice de l'allocation logement. Cependant, elle n'a pas transmis l'attestation de loyer complétée par le bailleur avant de signaler qu'elle occupait un nouveau logement. A la réception de cette dernière, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a procédé à une régularisation des droits comportant un rappel de prime d'activité pour la période de février à avril 2023 d'un montant de 639,18 € et une compensation immédiate d'un trop-perçu de prime d'activité pour la période d'août 2022 à janvier 2023 d'un montant de 274,62 €. Un échange de courriels avec la caisse d'allocations familiales s'en est suivi en juillet 2023. Mme B a fait enregistrer sa requête au tribunal administratif de Versailles pour contester cet indu le 2 septembre 2023. Par courrier du 17 septembre 2023, Mme B a adressé son recours administratif préalable obligatoire. La caisse d'allocations familiales y a apporté une réponse explicite par un courrier du 2 janvier 2024.

2. Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. ".

3. Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision relative à un indu de prime d'activité doit obligatoirement, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant l'autorité compétente. Seule la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire est susceptible d'être déférée devant le tribunal, en ce qu'elle se substitue à la décision initiale. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme B a formé son recours administratif préalable obligatoire pour demander l'annulation de la décision mettant à sa charge un indu de prime d'activité le 13 septembre 2023 après que sa requête fut enregistrée au tribunal. Ainsi que les parties en ont été informées par courrier du tribunal du 26 septembre 2024, pris en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, il s'ensuit que sa requête est irrecevable et ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.:

Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité des hommes et des femmes et au directeur de la caisse d'allocations familiales des Yvelines.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

Jean-Michel Crandal

La greffière,

signé

Stéphanie PaulinLa République mande et ordonne à la ministre des ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité des hommes et des femmes en en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2307218

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