mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2307726 |
| Type | Décision |
| Formation | Magistrat Connin |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48SI par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux, ainsi que les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées le 25 décembre 2017 et le 8 décembre 2018 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- les décisions de retrait de points attaquées, consécutives aux infractions constatées le 25 décembre 2017 et le 8 décembre 2018, ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été préalablement délivrées ;
- la réalité de ces infractions n'est pas établie ;
- la décision attaquée référencée 48SI invalidant son permis de conduire est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions de retrait de points en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 janvier 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 février 2025.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées le 25 décembre 2017 et le 8 décembre 2018, ces conclusions étant dépourvues d'objet compte tenu du caractère définitif de la décision référencée 48SI constatant l'invalidité du permis de conduire de M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Connin, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat statuant seul a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions du 1° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Connin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée 48SI, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B A pour solde de points nul. Ce dernier a formé le 11 mai 2023 un recours gracieux, reçu le 9 juin 2023, qui a été rejeté que par une décision implicite née le 9 août 2023. Il demande au tribunal l'annulation de la décision référencée 48SI, ensemble la décision implicite du 9 août 2023 portant rejet de son recours gracieux, ainsi que des décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées le 25 décembre 2017 et le 8 décembre 2018.
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " L'article R. 421-5 du même code précise que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "
3. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative que le destinataire d'une décision administrative individuelle dispose, pour déférer cette décision devant la juridiction administrative, d'un délai de deux mois à compter de sa notification qui n'est opposable qu'à la condition que les délais et les voies de recours aient été indiqués dans cette notification. Pour l'application de ces dispositions, les décisions référencées 48SI constatant la perte de validité du permis de conduire pour solde de points nul, dont l'administration n'est pas en mesure d'éditer des copies, doivent être regardées, sauf preuve contraire, comme conformes au modèle qui sert de base à leur édition automatisée par l'Imprimerie nationale, lequel comporte la mention des délais et voies de recours.
4. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'avis de réception produit en défense, que la décision attaquée référencée 48SI a été présentée le 10 mars 2020 à l'adresse de M. A par le préposé du service postal qui a laissé, conformément à la réglementation en vigueur, un avis de mise en instance du pli. Ainsi, alors même que le pli recommandé a été retourné au service expéditeur, faute d'avoir été retiré dans le délai imparti, la décision qu'il contenait doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à l'intéressé. Ce dernier n'apporte pas la preuve, dont la charge lui incombe, que cette décision ne comportait pas la mention des délais et voies de recours. Le délai de recours prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative a donc commencé à courir le 10 mars 2020, date du dépôt de l'avis de mise en instance du pli. Ainsi, les conclusions de M. A, enregistrées au greffe du tribunal le 19 septembre 2023, tendant à l'annulation de la décisions référencée 48SI ont été présentées tardivement. La circonstance que le requérant a formé un recours gracieux le 11 mai 2023, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux ouvert contre cette décision, est sans incidence à cet égard. Par suite, le ministre de l'intérieur est fondé à soutenir que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision référencée 48SI sont irrecevables.
5. D'autre part, des conclusions tendant à l'annulation d'une décision du ministre de l'intérieur portant retrait de points d'un permis de conduire sont dépourvues d'objet si la décision par laquelle ce ministre a constaté la perte de validité de ce permis pour solde de points nul est devenue définitive.
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement que la décision référencée 48SI constatant la perte de validité du permis de conduire de M. A était devenue définitive à la date d'enregistrement de la requête. Dès lors, les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées le 25 décembre 2017 et le 8 décembre 2018 étaient, dès leur introduction, dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
N. Connin
La greffière,
Signé
S. Traoré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N° 1901371
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