mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2308401 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat Crandal |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 octobre 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 23 septembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental des Yvelines a confirmé sa décision du 13 septembre 2023, portant diminution du montant de son allocation de revenu de solidarité active pour un mois, suivie de sa radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA).
Elle soutient que la préparation de son projet professionnel la retenait au Maroc, qu'elle a été dans l'incapacité d'entrer en relation avec le service faute de pouvoir le joindre par téléphone et de donner la raison de son absence au rendez-vous qui lui a été fixé, que cette situation la place dans un état de stress qui a des répercussions sur sa santé physique et mentale et qu'elle a à sa charge deux enfants et un père invalide.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2024 à 17 h 54, le conseil départemental des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requérante ne s'est pas présentée à deux rendez-vous obligatoires au regard de son parcours d'insertion professionnelle les 13 mars et 4 juillet 2023, ce qui le fondait à prendre la décision de réduction de 50 % de son allocation de RSA pendant un mois et la décision de radiation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Crandal, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience sur ce litige en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Lors de l'audience publique du 8 octobre 2024, en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, a été entendu :
- le rapport de M. Crandal ;
- les parties ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B bénéficiait du revenu de solidarité active depuis octobre 2018. Par décision du 9 décembre 2019, le conseil départemental de Yvelines a réduit l'allocation de RSA versée à Mme B pendant un mois pour avoir fait défaut sans justification à un rendez-vous avec son référent pour son projet professionnel. En février 2023, elle a conclu un contrat d'engagements réciproques avec le département des Yvelines. Elle ne s'est pas présentée au rendez-vous fixé le 13 mars 2023 en visio-conférence avec l'organisme chargé de lui dispenser une formation sur son projet d'auto-entreprise, ni au rendez-vous fixé avec son référent le 4 juillet 2023 pour assurer un accompagnement social et professionnel adapté à ses besoins. Elle n'a pas présenté d'excuses pour ses défaillances. Le 5 septembre 2023, l'équipe pluridisciplinaire a rendu son avis. Le président du conseil départemental a informé la requérante, le 13 septembre 2023, de sa décision de réduire le montant de son allocation de RSA sur un mois avant radiation le mois suivant. Le département a rejeté, par décision du 28 septembre 2023, le recours gracieux formé par Mme B qui demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés (). / Cette suspension ne peut intervenir sans que le bénéficiaire, assisté à sa demande par une personne de son choix, ait été mis en mesure de faire connaître ses observations aux équipes pluridisciplinaires mentionnées à l'article L. 262-39 dans un délai qui ne peut excéder un mois () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-38 de ce code : " Le président du conseil départemental procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme d'une période, définie par décret, sans versement du revenu de solidarité active () / Après une radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active à la suite d'une décision de suspension prise au titre de l'article L. 262-37, le bénéfice du revenu de solidarité active dans l'année qui suit la décision de suspension est subordonné à la signature préalable du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ou de l'un des contrats prévus par les articles L. 262-35 et L. 262-36 du présent code ". Aux termes de l'article R. 262-40 du même code : " Le président du conseil départemental met fin au droit au revenu de solidarité active et procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, selon les cas : / () 3° Au terme de la durée de suspension du versement décidée en vertu du 2° de l'article R. 262-68 lorsque la radiation est prononcée en application de l'article L. 262-38 () ", c'est-à-dire pour une durée qui peut aller d'un à quatre mois.
3. Il résulte de ces dispositions que le président du conseil départemental est en droit de suspendre le versement du revenu de solidarité active et de procéder à la radiation de l'intéressé de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme de la durée de suspension qu'il a fixée lorsque le bénéficiaire, sans motif légitime, soit fait obstacle à l'établissement ou au renouvellement du contrat mentionné à l'article L. 262-36 du code de l'action sociale et des familles par son refus de s'engager à entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale, soit ne respecte pas le contrat conclu. En revanche, il ne peut légalement justifier une décision de suspension et de radiation par la circonstance que le bénéficiaire n'aurait pas accompli des démarches d'insertion qui ne correspondraient pas aux engagements souscrits dans un contrat en cours d'exécution.
4. Il résulte de l'instruction que la requérante, bénéficiaire du RSA, a signé à ce titre un contrat d'engagements réciproques avec le département des Yvelines. Elle ne conteste pas qu'elle n'a pas donné suite aux deux rendez-vous qui lui ont été proposés. Compte tenu de ce qui vient d'être exposé, le président du conseil départemental des Yvelines, en estimant que l'intéressée, de son fait et sans motif légitime, n'avait pas respecté le contrat susmentionné, était fondé à prendre la décision de radiation de Mme B.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
J-M CrandalLa greffière,
signé
S. Paulin
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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