LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2308865

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2308865

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2308865
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationMagistrat Crandal
Avocat requérantAARPI ANDOTTE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 27 octobre 2023, le 22 avril, le 5 mai et le 25 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Ogier, demande au tribunal :

1° ) de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du président du conseil départemental des Yvelines du 30 juin 2023 et du 22 avril 2024 refusant sa prise en charge administrative en qualité de jeune majeur ;

3°) d'enjoindre au département de réexaminer sa situation dans un délai de quatre jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du département la somme de 1 500 euros au titre des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 au bénéfice de Me Ogier, qui s'engage à renoncer au bénéfice de la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Il soutient qu'il remplit les conditions prévues par l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, qu'il ne dispose ni d'hébergement ni de ressources.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2024 à 19 h 11, le conseil départemental des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que sa décision est parfaitement légale dès lors que la prise en charge du jeune majeur est facultative, que le requérant a refusé l'aide en vue d'assurer sa présence régulière sur le territoire français et son autonomie financière, que plusieurs de ses parents vivent en région parisienne et que le critère d'absence de soutien familial suffisant n'est pas rempli en ce qui le concerne.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- loi n° 2022-140 du 7 février 2022 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Crandal, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 8 octobre 2024, en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de M. Crandal ;

- les observations de Me Crusoé, substituant Me Ogier, représentant M. A, qui a maintenu les conclusions de la requête par les mêmes moyens, ajoutant que les moyens du conseil départemental sur la scolarité étaient rendus inopérants par la modification de la loi intervenue en 2022 et que le conseil départemental ne rapportait pas la preuve d'une possibilité de prise en charge par sa famille au jour du jugement ;

- le conseil départemental des Yvelines ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien, né le 19 juillet 2005, est entré en France en 2021, alors qu'il était encore mineur. Il a fait l'objet d'un placement provisoire à partir du 12 avril 2022 auprès de l'Aide sociale à l'enfance des Yvelines et d'une prise en charge par le conseil départemental des Yvelines sur décision du juge des enfants du tribunal judiciaire de Versailles du 9 août 2022 jusqu' à la date de sa majorité, le 19 juillet 2023. M. A a demandé une aide provisoire au département des Yvelines en sollicitant le bénéfice d'un contrat jeune majeur. Par une décision du 30 juin 2023, le président du conseil départemental des Yvelines a rejeté cette demande. M. A demande l'annulation de cette décision. Par courrier du 22 avril 2024, M. A a formé un recours gracieux demandant au président du conseil départemental des Yvelines de lui accorder le bénéfice du contrat jeune majeur, qui a fait l'objet d'un rejet implicite. Le requérant demande au tribunal d'annuler les décisions du président du conseil départemental des Yvelines.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité de la décision du 30 juin 2023 :

3. Aux termes de l'article L. 222-5 code de l'action sociale et des familles : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : / () 5° Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, y compris lorsqu'ils ne bénéficient plus d'aucune prise en charge par l'aide sociale à l'enfance au moment de la décision mentionnée au premier alinéa du présent article. / Peuvent être également pris en charge à titre temporaire, par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance, les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants. / Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés au 5° et à l'avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée ".

4. Il résulte de ces dispositions que, depuis l'entrée en vigueur du I de l'article 10 de la loi n° 2022-140 du 7 février 2022 relative à la protection des enfants dont elles sont issues, les jeunes majeurs de moins de vingt-et-un ans, ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité, bénéficient d'un droit à une nouvelle prise en charge à titre temporaire par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisant.

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance ou mettant fin à une telle prise en charge, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.

6. Il résulte de l'instruction que M. A, entré sur le territoire français à l'âge de 16 ans a fait l'objet d'une mesure de placement jusqu'à sa majorité auprès des services de l'aide sociale à l'enfance du département des Yvelines par une décision du juge des enfants du tribunal judiciaire de Versailles du 9 août 2022. La décision du département des Yvelines est motivée par le refus de M. A d'intégrer une filière professionnelle qui ne lui permettrait pas d'être régularisé sur le territoire français, par le défaut de suivi sérieux de sa scolarité qui ne lui permettrait pas d'intégrer un cycle supérieur et par l'aide que pourraient lui apporter dans ses futures démarches plusieurs membres de sa famille sur le territoire français. Si elle est également motivée par le fait que l'intéressé n'est pas isolé sur le territoire et dépourvu de solution de logement dès lors qu'une tante, un oncle et deux de ses cousins résident en Seine-et-Marne et en Essonne, il ne résulte pas de l'instruction que ces derniers hébergeraient et pourvoiraient aux besoins du requérant. Au contraire, le rapport de l'intervenante socio-éducative du 16 juin 2023 indique que la tante du requérant refuse de s'occuper du requérant. Il est, par ailleurs, constant que M. A, actuellement scolarisé en classe de 1ère professionnelle est dépourvu de ressources et ne dispose d'aucun soutien familial en France. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que le président du conseil du départemental des Yvelines, en refusant de poursuivre au-delà de sa majorité la prise en charge dont il a besoin, a méconnu les dispositions précitées du 5° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et familiale.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 30 juin 2023 par laquelle le président du conseil départemental des Yvelines a rejeté la demande de contrat jeune majeur de M. A doit être annulée et que ce dernier doit être admis au bénéfice de l'aide sociale à l'enfance en qualité de jeune majeur. Cette annulation entraîne par voie de conséquence l'annulation de la décision implicite de rejet du recours du 22 avril 2024.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

8. Conformément aux pouvoirs du juge tels que rappelés au point 5 et aux motifs d'annulation retenus, il y a lieu de renvoyer M. A devant le département des Yvelines afin qu'il précise, s'il ne l'a déjà fait, les modalités de sa prise en charge par son service de l'aide sociale à l'enfance jusqu'au 31 août 2025, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

9. M. A a été provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Ogier avocate de M. A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Ogier d'une somme de 1 500 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, ladite somme sera versée à M. A.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La décision du 30 juin 2023 par laquelle le président du conseil départemental des Yvelines a rejeté la demande de M. A tendant à la conclusion d'un contrat jeune majeur est annulée.

Article 3 : La décision par laquelle le président du conseil départemental des Yvelines a rejeté implicitement le recours gracieux contre sa décision du 30 juin 2023 refusant la conclusion d'un contrat jeune majeur avec M. A est annulée.

Article 4 : M. A est admis au bénéfice de l'aide sociale à l'enfance en qualité de jeune majeur.

Article 5 : M. A est renvoyé devant le département des Yvelines afin qu'il précise, s'il ne l'a déjà fait, les modalités de sa prise en charge par son service de l'aide sociale à l'enfance jusqu'au 31 août 2025, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 6 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Ogier, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, le conseil départemental des Yvelines versera à Me Ogier la somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, ladite somme de 1 500 euros sera versée à M. A.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au département des Yvelines et à Me Ogier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

J-M CrandalLa greffière,

signé

S. Paulin

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2208885

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions