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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2401590

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2401590

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2401590
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 février 2024, le préfet des Yvelines demande au tribunal de mettre fin à l'astreinte prononcée à l'encontre de l'État au regard de l'obligation de présenter une offre effective de logement à M. A B.

Il soutient que l'État doit être regardé comme s'étant acquitté de son obligation dès lors que M. B a mis fin prématurément à l'accompagnement social prescrit par la commission de médiation.

Par un mémoire enregistré le 25 mars 2024, M. B doit être regardé comme concluant au rejet de la requête.

Il soutient qu'il n'a pas refusé le principe de l'accompagnement social qui lui était proposé mais qu'ayant fait part, à la directrice de l'association chargée de son accompagnement social, du comportement abusif de l'accompagnant, celle-ci lui a indiqué qu'il pouvait poursuivre l'accompagnement social auprès d'une autre association.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- l'ordonnance n° 2307051 du 1er février 2024 du tribunal administratif de Versailles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article R. 778-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation dispose que le demandeur de logement social qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire devant la juridiction administrative un recours tendant à ce qu'il soit ordonné à l'État d'exécuter la décision de la commission.

2. Par sa décision du 24 février 2022, la commission de médiation du département des Yvelines a reconnu M. B comme prioritaire et devant se voir proposer un logement et a préconisé un accompagnement social et un diagnostic social. Saisi sur le fondement des dispositions précitées, le tribunal, par une ordonnance du 1er février 2024, a prononcé à l'encontre de l'État une astreinte de 500 euros par mois complet de retard à compter du 1er mars 2024 à verser au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement en cas de non-exécution de l'injonction de présenter une offre effective de logement à M. B.

3. L'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation prévoit que tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, elle doit être versée au fonds deux fois par an, toute astreinte versée en application du jugement la prononçant restant acquise au fonds. En vertu de l'article R. 778-8 du code de justice administrative, le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance sur la liquidation de l'astreinte. À cette fin, il lui appartient de prendre en compte la période d'inexécution de l'injonction par le fait de l'administration. Il peut toutefois, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant de l'astreinte dû, ou, exceptionnellement, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte dans les limites résultant des dispositions précitées de l'article L. 441-2-3-1.

4. Par ailleurs, un comportement de nature à faire obstacle à l'exécution par le préfet de la décision de la commission de médiation peut délier l'administration de l'obligation de résultat qui pèse sur elle. Lorsque, sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la commission de médiation détermine des mesures d'accompagnement social qu'elle estime nécessaires, le refus de suivre un tel accompagnement social est un comportement de nature à délier l'administration de l'obligation de résultat qui pèse sur elle.

5. Le préfet des Yvelines expose que M. B a prématurément mis fin à la mesure d'accompagnement social, le 15 mars 2023, faisant ainsi obstacle à l'exécution de la décision de la commission de médiation. Toutefois la commission de médiation des Yvelines n'avait, dans sa décision du 24 février 2022, que " préconisé un accompagnement social et un diagnostic social ", sans fixer de mesure d'accompagnement particulière. En outre, il ne résulte de l'instruction que l'intéressé aurait été averti des conséquences en cas d'absence d'adhésion et de participation à cette procédure. Dans ces conditions, la circonstance que M. B a mis fin à la mesure d'accompagnement social, le 15 mars 2023 ne constitue pas un comportement faisant obstacle à l'exécution par le préfet de la décision de la commission de médiation. Par suite, la requête du préfet des Yvelines doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du préfet des Yvelines est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 18 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. Rollet-Perraud

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401590

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