LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2401954

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2401954

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2401954
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL DELSOL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de l'association Fédération nationale CAP Mariage, qui contestait un avis fiscal négatif refusant le bénéfice des réductions d'impôt pour dons. Le tribunal a jugé irrecevable la demande d'annulation de la première décision du 6 juin 2023, car elle a été remplacée par une décision confirmative du 3 janvier 2024 suite à un recours administratif préalable, conformément aux articles L. 80 B et L. 80 CB du livre des procédures fiscales. Seule cette seconde décision est susceptible d'un recours contentieux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 mars 2024 et le 18 novembre 2024, l’association Fédération nationale CAP Mariage, représentée par Me Butstraen et Me Para, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’avis négatif du 6 juin 2023 de la direction départementale des finances publiques des Yvelines rendu sur sa demande de rescrit portant sur le bénéfice du dispositif de réduction d’impôt prévu par les dispositions des articles 200 et 238 bis du code général des impôts ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- elle exerce des activités revêtant un des caractères mentionnés aux articles 200 et 238 bis du code général des impôts ;
- les dispositions des articles 200 et 238 bis du code général des impôts doivent être interprétées de façon large ;
- elle exerce une activité d’éducation dès lors que les rencontres qu’elle organise ont un contenu pédagogique affirmé et qu’elle assure une transmission des savoirs au profit du grand public ;
- elle exerce une activité à caractère social dès lors qu’elle participe à la mise en œuvre du volet « prévention » des politiques d’accompagnement des familles, en œuvrant en faveur de la prévention des conflits intrafamiliaux et des ruptures des liens familiaux ;
- elle exerce une activité à caractère familial dès lors qu’elle tend à favoriser la prise de conscience par les futurs couples des enjeux du mariage afin qu’ils puissent s’engager et fonder une famille en toute connaissance de cause.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2024, la direction départementale des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués à l’appui de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l’instruction a été fixée au 1er octobre 2025 à midi.

Un mémoire complémentaire enregistré pour l’association Fédération nationale CAP Mariage le 4 février 2026, n’a pas été communiqué.

Les parties ont été informée par lettre du 3 février 2026, en application de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d’office le moyen tiré de l’irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'avis défavorable émis le 6 juin 2023, l'avis émis le 3 janvier 2024 par le collège territorial de Nanterre s'étant substitué à la prise de position initiale de l'administration fiscale.

Une réponse à ce moyen d’ordre public a été enregistrée pour l’association Fédération nationale CAP Mariage le 4 février 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Lutz,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :


L’association Fédération nationale CAP mariage a été créée le 28 juin 2011. Le 23 novembre 2022, elle a déposé un questionnaire auprès de l’administration fiscale afin de savoir, dans le cadre de la procédure de rescrit prévue à l’article L. 80 C du livre des procédures fiscales, si elle remplissait les conditions légales pour établir des reçus de dons aux œuvres ouvrant droit à réduction d’impôt pour les particuliers et entreprises sur le fondement des articles 200 et 238 bis du code général des impôts. Le service a rendu une décision défavorable le 6 juin 2023 au motif que ses activités ne se rapportaient à aucune des finalités d’activités expressément et limitativement visées par les articles 200 et 238 bis du code général des impôts. L’association a alors formé un recours administratif préalable en saisissant le collège territorial de Nanterre d’une demande de second examen de rescrit, mais le collège a confirmé la position de l’administration par décision du 3 janvier 2024. L’association doit être regardée comme demandant au tribunal l’annulation de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d’annulation de la décision du 6 juin 2023 :


Aux termes de l’article L. 80 B du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable au litige : « La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi ». Aux termes de l’article L. 80 CB du même livre : « Lorsque l'administration a pris formellement position à la suite d'une demande écrite, précise et complète déposée au titre des 1° à 6° ou du 8° de l'article L. 80 B ou de l'article L. 80 C par un redevable de bonne foi, ce dernier peut saisir l'administration, dans un délai de deux mois, pour solliciter un second examen de cette demande, à la condition qu'il n'invoque pas d'éléments nouveaux (…) ». Lorsqu’une prise de position en réponse à une demande relevant de l’article L. 80 B ou de l’article L. 80 C du livre des procédures fiscales présente le caractère d’une décision susceptible d’un recours pour excès de pouvoir, le contribuable auteur de la demande qui entend la contester doit saisir préalablement l’administration dans les conditions prévues à l’article L. 80 CB du même livre précité. La décision par laquelle l’administration fiscale prend position à l’issue de ce second examen se substitue à sa prise de position initiale. Seule cette seconde prise de position peut être déférée au juge de l’excès de pouvoir.


L’association requérante a interrogé l’administration sur sa situation au regard du régime fiscal du mécénat prévu aux articles 200 et 238 bis du code général des impôts, en application des dispositions de l’article L. 80 C du livre des procédures fiscales précitées. Le service a rendu un avis défavorable le 6 juin 2023. Puis, l’association a formé un recours administratif préalable en saisissant le collège territorial de Nanterre d’une demande de second examen de rescrit le 12 juillet 2023. Le collège a rendu son avis négatif le 3 janvier 2024. L’association requérante est seulement recevable à demander devant le tribunal, par la voie du recours pour excès de pouvoir, l’annulation de la décision du 3 janvier 2024 par laquelle l’administration fiscale a répondu défavorablement à la demande de rescrit et a ainsi arrêté sa position définitive. Par suite, les conclusions tendant à l’annulation de l’avis initial du 6 juin 2023 sont irrecevables.


Sur les conclusions aux fins d’annulation de la décision du 3 janvier 2024 :


Aux termes de l’article 200 du code général des impôts, dans sa version applicable à la date de la décision contestée : « 1. Ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant les sommes prises dans la limite de 20 % du revenu imposable qui correspondent à des dons et versements, y compris l'abandon exprès de revenus ou produits, effectués par les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B, au profit : / (…) b) D'œuvres ou d'organismes d'intérêt général ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, (…) ». Aux termes de l’article 238 bis du même code, dans sa version applicable au litige : « 1. Ouvrent droit à une réduction d'impôt les versements effectués par les entreprises assujetties à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés au profit : / (…) a) D'œuvres ou d'organismes d'intérêt général ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel (…) ».

D’une part, il est constant que la Fédération nationale CAP Mariage ne fonctionne pas au bénéfice d’un cercle restreint ou limité de personnes, n’exerce pas une activité lucrative et que les versements effectués par les donateurs procèdent d’une intention libérale et sont dépourvus de contrepartie directe ou indirecte.


D’autre part, pour fonder sa réponse défavorable à la demande de rescrit formulée par l’association requérante, le service a estimé que l’activité de cette dernière ne présentait pas un caractère éducatif, social ou familial. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment des statuts de l’association Fédération nationale CAP Mariage que cette association a pour objet la valorisation du mariage civil par l’accompagnement et l’information des futurs mariés et la constitution d’un réseau d’associations participant à cette mission. Le support de présentation présenté aux futurs époux dans le cadre des actions de l’association requérante comporte ainsi des informations précises sur les articles du code civil applicables au mariage, sur les différents régimes matrimoniaux et sur la cérémonie du mariage civil. Par ailleurs, les séances de formation comportent une sensibilisation des futurs époux aux implications concrètes du mariage civil sur leur vie conjugale et familiale en vue de la protection, selon les termes mêmes des statuts, des « intérêts matériels et moraux de la famille ». Par suite, c’est à tort que l’administration a estimé que la Fédération nationale CAP mariage ne remplissait pas les conditions prévues pour bénéficier du régime instauré par les dispositions précitées des articles 200 et 238 bis du code général des impôts.


Il résulte de ce qui précède que l’association requérante est fondée à demander l’annulation de la décision attaquée.


Sur les frais liés au litige :


Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 800 euros à verser à la Fédération nationale CAP mariage au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :


Article 1er : La décision du 3 janvier 2024 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des Yvelines a estimé que l’association Fédération nationale CAP Mariage ne pouvait pas bénéficier du régime fiscal prévu aux articles 200 et 238 bis du code général des impôts est annulée.

Article 2 : L’Etat versera à l’association Fédération nationale CAP Mariage une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l’association Fédération nationale CAP Mariage et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.



Délibéré après l'audience du 9 février 2026, à laquelle siégeaient :

- Mme Sauvageot, présidente,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Ghiandoni, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2026.



La rapporteure,

signé

F. Lutz La présidente,

signé

J. Sauvageot

La greffière,

signé

C. Delannoy


La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions