mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2402508 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | AARPI LOIRÉ - HENOCHSBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 25 mars ainsi que les 3 et 8 avril 2024, la société Colas France, représentée par Me Henochsberg, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la procédure de passation du lot n°1 du marché public portant sur les travaux d'aménagement des espaces publics et réseaux du quartier de l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Germain-en-Laye la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les articles R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique ont été méconnus dès lors qu'elle n'a pas eu communication de ses notes et de celles de l'attributaire s'agissant des sous-sous-critères pondérés au sein du cadre de mémoire technique ;
- les articles R. 2143-6 à R. 2143-10 ainsi que l'article R. 2144-7 du code de la commande publique, ainsi que l'article 12 du règlement de la consultation, ont été méconnus ; plus précisément, deux membres du groupement (Eurovia et Paveco) ont omis de produire les éléments relatifs à l'emploi de salariés étrangers, ainsi que la société Signature, sous-traitante ;
- le pouvoir adjudicateur a modifié les éléments d'appréciation tels qu'annoncés dans le règlement de la consultation ; d'une part, pour le sous-critère n° 1.3 relatif aux " moyens dédiés à la réalisation des travaux ", son offre a été dévaluée au motif que " les délais de fournitures pour chaque type de matériaux " n'étaient pas présentés, alors que cet élément n'était pas exigé par le règlement de la consultation et le cadre de mémoire technique ; d'autre part, le sous-sous-critère 2.2 " planning des travaux (pertinence et optimisation, méthode de coordination avec les autres lots, durée prévisionnelle des différentes phases du chantier) " dès lors que ni l'optimisation, ni la durée prévisionnelle des différentes phases, ni la méthode de coordination proposée n'ont été analysées ;
- le pouvoir adjudicateur a dénaturé son offre, et cette dénaturation est susceptible d'avoir lésé ses intérêts :
- son offre comportait les " circulations piétonnes aux abords du chantier ", dès lors qu'y figuraient des plans de repérage des tranches avec les dates de livraison des espaces publics et les circulations piétonnes aux abords du chantier ; les illustrations montrent les dispositions prévues pour la circulation des piétons dans chaque phase ;
- son offre comportait également les jalons de réalisation, visibles au sein du planning prévisionnel et listés dans le mémoire technique ; en outre, la coordination avec les autres lots est détaillée et les marges sur les délais de réalisation sont détaillées phase par phase ;
- son offre comportait également " le mode opératoire pour des travaux sur dalle et pour le respect du calepinage des revêtements en pierre naturelle " contrairement aux mentions figurant dans le courrier l'informant du rejet de son offre ; ce moyen a néanmoins été abandonné lors de l'audience publique ;
- son offre comportait les CV détaillés de tous les intervenants, lesquels font apparaitre tant les entreprises dont ils relèvent que leurs qualifications ;
- son offre comprenait la présentation des mesures de protection collective ;
- son offre présentait la gestion des flux tiers et de la gêne aux usagers et riverains.
Par un mémoire distinct enregistré le 26 mars 2024, la société Colas France a mentionné les motifs de son refus de soumettre au débat contradictoire des pièces jointes à sa requête et communiquées au greffe du tribunal selon les modalités prévues aux articles R. 412-2-1 et R. 611-30 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2024, la commune de Saint-Germain-en-Laye, représentée par Me Palmier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Colas France en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'attributaire a bien produit l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de la commande publique, du code du travail et du règlement de la consultation ;
- les candidats connaissaient la pondération des sous éléments permettant d'apprécier les différents sous-critères, qui étaient précisés dans le cadre du mémoire technique ;
- la ville n'a pas modifié les éléments d'appréciation tels qu'ils étaient annoncés ; d'une part, les délais d'approvisionnement des différents fournisseurs proposés par les candidats ne constituent pas un élément sans lien avec l'appréciation des moyens dédiés à la réalisation des travaux ; d'autre part, la prise en compte de cet élément est insusceptible d'avoir lésé la société Colas France ;
- l'offre de la société Colas France n'a pas été dénaturée ;
- la société Colas France n'a pas produit les plans s'agissant de la circulation des piétons pour chaque phase, mais a uniquement remis des plans repérant les circulations de chantier, de riverains et d'engins de secours, sans apporter de détail ou de plan spécifique pour les cheminements piétons ;
- la société Colas France n'a pas détaillé les jalons de réalisation, ni la coordination avec les autres lots, ni les marges éventuelles sur les délais de réalisation au sein du planning, bien qu'elle ait fait figurer certains éléments au sein d'autres passages de son mémoire technique ;
- la ville a bien pris en compte, en dépit de la formulation maladroite du courrier du 22 mars 2024, la description du mode opératoire pour les travaux sur dalle et pour le respect du calepinage des revêtements en pierre naturelle, mais a considéré que sa présentation était succincte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Geismar, première conseillère, pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 avril 2024 à 10 heures, tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Geismar ;
- les observations de Me Henoschsberg, reprenant ses écritures :
- l'offre de la société Colas France a été dénaturée s'agissant de cinq éléments qui ont été considérés absents de son offre, alors que celle-ci les mentionnait, impliquant que le pouvoir adjudicateur a commis des erreurs de fait : elle a bien mentionné les circulations piétonnes envisagées, les jalons de chantier ont bien été prévus dans son offre et dans le planning fourni, elle a présenté l'ensemble des intervenants avec leurs qualifications et leur société d'appartenance, elle a indiqué les mesures de protection collective prévues pour les équipes et a également fait mention des moyens dédiés à la protection des tiers et à la gêne des riverains ; la dénaturation de son offre est susceptible de l'avoir lésée ;
- a cet égard, la société Colas informe la juge des référés qu'elle abandonne le moyen tiré de la dénaturation de son offre s'agissant des travaux sur dalle et pour le respect du calepinage des revêtements en pierre naturelle, au vu des mentions portées sur le rapport d'analyse des offres ;
-les éléments d'appréciation utilisés par la ville ont été modifiés d'autant plus que le cadre de mémoire technique était particulièrement précis s'agissant des attendus des offres ;
- certaines attestations prévues par l'article 12 du règlement de la consultation et des dispositions du code du travail qui y sont visées sont manquantes : deux cotraitants et un sous-traitant n'ont pas fourni la liste de leurs salariés étrangers, ni d'attestation sur l'honneur certifiant qu'il n'en employait pas ;
- les moyens invoqués permettent potentiellement l'annulation de la totalité de la procédure du lot n°1, le cas échéant une annulation au stade de l'analyse des offres ;
- les observations de Me Monaji, reprenant également ses écritures :
- les éléments d'appréciation des sous-critères n'ont pas été modifiés : la qualité des matériaux a bien été prise en compte par la ville qui a reporté des éléments littéraux mettant en lumière les points fort de chacune des offres, et le délai de fourniture de matériaux n'est pas sans lien avec les moyens permettant la réalisation de travaux ; au demeurant, cet élément n'a pas lésé la société requérante ; s'agissant du critère lié aux planning et son optimisation, l'offre de la requérante était moins précise et ne comprenait pas la question de la coactivité ;
- les qualifications des intervenants et leur société d'appartenance ne figuraient pas dans l'organigramme ;
- les moyens doivent être rejetés, le cas échéant, seule une annulation au stade de l'analyse des offres devrait être prononcée.
La clôture de l'instruction a été différée à 16h30, uniquement en ce qui concerne la liste des documents exigés par l'article 12 du règlement de la consultation, plus précisément la liste nominative des salariés étrangers émanant de deux cotraitants et d'un sous-traitant et qui seraient, à ce stade de la procédure, manquants.
S'agissant des autres éléments du débat, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, à 11h05.
Un mémoire en production de pièces, comportant la liste nominative des salariés étrangers du groupement attributaire, et l'attestation sur l'honneur correspondante, a été présenté par la commune de Saint-Germain-en-Laye le 8 avril 2024 à 16h06.
Ce mémoire et les pièces qu'il comporte ont été communiqués à la société Colas France.
Un autre mémoire, contenant des pièces soumises au secret des affaires, a été présenté par la commune de Saint-Germain-en-Laye le 8 avril 2024 et n'a pas été communiqué.
Une note en délibéré a été présentée par la commune de Saint-Germain-en-Laye le 9 avril 2024.
Une note en délibéré a été présentée par la société Colas France le 10 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Saint-Germain-en-Laye a lancé une procédure d'appel d'offres afin de conclure un marché public de travaux relatif à l'aménagement des espaces publics et réseaux du quartier de l'hôpital. Ce marché, composé de quatre lots, comporte un lot n°1 intitulé " voirie et réseaux divers (VRD), pierre naturelle et maçonnerie ". La société Colas France, au sein d'un groupement associant la société Tersen et la société Oise environnement Travaux publics, a candidaté à ce lot. Toutefois, par un courrier du 13 mars 2024, la commune l'a informée que l'offre de son groupement n'était pas retenue. Saisie d'une demande de précisions de la part de la société Colas France, la commune, par un courrier du 22 mars 2024, a apporté des explications complémentaires s'agissant de la comparaison entre son offre, et celle de l'entreprise attributaire, la société Razel-Bec. La société Colas France demande au juge du référé précontractuel, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler la procédure de passation du lot n°1.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.
En ce qui concerne les pièces soustraites au débat contradictoire :
4. Aux termes de l'article R. 611-30 du code de justice administrative : " Lorsqu'une partie produit une pièce ou une information dont elle refuse la transmission aux autres parties en invoquant la protection du secret des affaires, la procédure prévue par l'article R. 412-2-1 est applicable. ". Selon l'article R. 412-2-1 du même code : " Lorsque la loi prévoit que la juridiction statue sans soumettre certaines pièces ou informations au débat contradictoire ou lorsque le refus de communication de ces pièces ou informations est l'objet du litige, la partie qui produit de telles pièces ou informations mentionne, dans un mémoire distinct, les motifs fondant le refus de transmission aux autres parties, en joignant, le cas échéant, une version non confidentielle desdites pièces après occultation des éléments soustraits au contradictoire. Le mémoire distinct et, le cas échéant, la version non confidentielle desdites pièces, sont communiqués aux autres parties. / Les pièces ou informations soustraites au contradictoire ne sont pas transmises au moyen des applications informatiques mentionnées aux articles R. 414-1 et R. 414-2 mais sont communiquées au greffe de la juridiction sous une double enveloppe, l'enveloppe intérieure portant le numéro de l'affaire ainsi que la mention : "pièces soustraites au contradictoire-Article R. 412-2-1 du code de justice administrative". / Si la juridiction estime que ces pièces ou informations ne se rattachent pas à la catégorie de celles qui peuvent être soustraites au contradictoire, elle les renvoie à la partie qui les a produites et veille à la destruction de toute copie qui en aurait été faite. Elle peut, si elle estime que ces pièces ou informations sont utiles à la solution du litige, inviter la partie concernée à les verser dans la procédure contradictoire, le cas échéant au moyen des applications informatiques mentionnées aux articles R. 414-1 et R. 414-2. Si la partie ne donne pas suite à cette invitation, la juridiction décide des conséquences à tirer de ce refus et statue sans tenir compte des éléments non soumis au contradictoire. / Lorsque des pièces ou informations mentionnées au premier alinéa sont jointes au dossier papier, celui-ci porte de manière visible une mention signalant la présence de pièces soustraites au contradictoire. Ces pièces sont jointes au dossier sous une enveloppe portant la mention : "pièces soustraites au contradictoire-Article R. 412-2-1 du code de justice administrative ". / Lorsqu'un dossier comportant des pièces ou informations soustraites au contradictoire est transmis à une autre juridiction, la présence de telles pièces ou informations est mentionnée de manière visible sur le bordereau de transmission. ".
5. En l'espèce, les pièces communiquées par la société Colas France dans son mémoire distinct correspondent à son mémoire technique. Ces documents révèlent des informations susceptibles de mettre en évidence son positionnement stratégique dans un secteur sur lequel elle est en concurrence directe avec la société attributaire, qui a la qualité d'observateur à l'instance. Elle est donc fondée à soutenir que leur soumission au débat contradictoire porterait atteinte au secret des affaires. Si la juge du référé précontractuel peut néanmoins se fonder sur les éléments contenus dans ces pièces dans la réponse apportée aux moyens et arguments des parties, la motivation de son ordonnance sera nécessairement adaptée pour ne pas porter atteinte à ce secret.
En ce qui concerne l'information aux candidats évincés et l'obligation de transparence :
6. Aux termes de l'article L. 2181-1 du code de la commande publique : " Dès qu'il a fait son choix, l'acheteur le communique aux candidats et aux soumissionnaires dont la candidature ou l'offre n'a pas été retenue, dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ". Selon l'article R. 2181-1 du même code : " L'acheteur notifie sans délai à chaque candidat ou soumissionnaire concerné sa décision de rejeter sa candidature ou son offre. ". Et R. 2181-3 du même code dispose que : " La notification prévue à l'article R. 2181-1 mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre : 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre ; 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1. ". Enfin, aux termes de l'article R. 2181-4 de ce code : " A la demande de tout soumissionnaire ayant fait une offre qui n'a pas été rejetée au motif qu'elle était irrégulière, inacceptable ou inappropriée, l'acheteur communique dans les meilleurs délais et au plus tard quinze jours à compter de la réception de cette demande : 1° Lorsque les négociations ou le dialogue ne sont pas encore achevés, les informations relatives au déroulement et à l'avancement des négociations ou du dialogue ; 2° Lorsque le marché a été attribué, les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue. ".
7. L'information sur les motifs du rejet de son offre dont est destinataire l'entreprise en application des dispositions précitées a, notamment, pour objet de permettre à la société non retenue de contester utilement le rejet qui lui est opposé devant le juge du référé précontractuel saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative. Par suite, l'absence de respect de ces dispositions constitue un manquement aux obligations de transparence et de mise en concurrence. Cependant, un tel manquement n'est plus constitué si l'ensemble des informations mentionnées aux articles R. 2181-3 et R. 2181-4 précités du code de la commande publique a été communiqué au candidat évincé à la date à laquelle le juge des référés statue et si le délai qui s'est écoulé entre cette communication et la date à laquelle le juge statue a été suffisant pour permettre à ce candidat de contester utilement son éviction.
8. Il résulte de l'instruction que le courrier du 13 mars 2024 adressé par la ville de Saint-Germain-en-Laye à la société requérante, pour lui notifier le rejet de l'offre de son groupement, mentionnait le nom de la société Razel-Bec comme attributaire, les notes globales et les notes sur chacun des trois critères de sélection du lot n°1 ainsi que son classement, en troisième position. Ce courrier comportait également le délai de suspension de la signature du marché. De plus, par un second courrier du 22 mars 2024, la ville a apporté des précisions à la société Colas France. Outre la mention du montant de l'offre proposée par l'attributaire, la commune a indiqué l'ensemble des notes attribuées aux sous-critères, son classement au regard de ces notes, ainsi que des explications et les notes correspondantes de l'attributaire, et son classement. La société requérante a ainsi obtenu communication des informations de nature à lui permettre de connaître les motifs de rejet de son offre et de contester utilement son éviction. Dès lors, la commune de Germain-en-Laye a satisfait en l'espèce à l'obligation d'information des soumissionnaires évincés fixée par les articles R. 2181-1 et R. 2181-3 précités du code de la commande publique et le moyen tiré de ce qu'elle aurait méconnu ses obligations découlant du principe de transparence en matière d'information des soumissionnaires évincés doit être écarté.
En ce qui concerne la fourniture des documents exigés par le code de la commande publique et le règlement de la consultation :
9. Aux termes de l'article R. 2143-3 du code de la commande publique : " Le candidat produit à l'appui de sa candidature : / 1° Une déclaration sur l'honneur pour justifier qu'il n'entre dans aucun des cas mentionnés aux articles L. 2141-1 à L. 2141-5 et L. 2141-7 à L. 2141-11 notamment qu'il satisfait aux obligations concernant l'emploi des travailleurs handicapés définies aux articles L. 5212-1 à L. 5212-11 du code du travail () ". Selon l'article R. 2143-7 du même code : " L'acheteur accepte comme preuve suffisante attestant que le candidat ne se trouve pas dans un cas d'exclusion mentionné à l'article L. 2141-2, les certificats délivrés par les administrations et organismes compétents. () ". Et l'article R. 2144-7 du code de la commande publique prévoit que : " Si un candidat ou un soumissionnaire se trouve dans un cas d'exclusion, ne satisfait pas aux conditions de participation fixées par l'acheteur, produit, à l'appui de sa candidature, de faux renseignements ou documents, ou ne peut produire dans le délai imparti les documents justificatifs, les moyens de preuve, les compléments ou explications requis par l'acheteur, sa candidature est déclarée irrecevable et le candidat est éliminé ". En outre, l'article R. 2143-8 de ce code précise que : " Le candidat produit, le cas échéant, les pièces prévues aux articles R. 1263-12, D. 8222-5 ou D. 8222-7 ou D. 8254-2 à D. 8254-5 du code du travail. ". Sur ce point, l'article D. 8254-2 du code du travail dispose que : " La personne à qui les vérifications prévues à l'article L. 8254-1 s'imposent se fait remettre, par son cocontractant, lors de la conclusion du contrat, la liste nominative des salariés étrangers employés par ce dernier et soumis à l'autorisation de travail prévue à l'article L. 5221-2. Cette liste, établie à partir du registre unique du personnel, précise pour chaque salarié : 1° Sa date d'embauche ; 2° Sa nationalité ; 3° Le type et le numéro d'ordre du titre valant autorisation de travail. " et l'article D. 8254-4 de ce code précise que : " Sauf en ce qui concerne les particuliers, la liste nominative des salariés étrangers soumis à autorisation de travail est adressée tous les six mois, jusqu'à la fin de l'exécution du contrat. ".
10. En outre, l'article 12.2 du règlement de la consultation, applicable au marché, intitulé " documents à produire par l'attributaire et ses sous-traitants " prévoit que : " conformément aux articles R. 2143-11 et 2144-7 du code de la commande publique, après attribution du marché, l'acheteur invitera par voie électronique le soumissionnaire retenu à produire, dans un délai maximum de dix jours à compter de la réception de la demande, les éventuelles pièces de candidats ou d'offres manquantes complémentées des documents suivants : () l'attestation d'assurance de responsabilité obligatoire (), le certificat attestant de la souscription des déclarations et les paiements correspondants aux impôts lités ci-après, délivré par l'administration fiscale dont relève le candidat (), le certificat délivré pour le paiement des cotisations auprès des organismes de sécurité sociale (), la liste nominative des travailleurs étrangers employés pour la réalisation des prestations attendus () ". Selon l'article 12.3 de ce règlement de la consultation : " Si le candidat retenu ne peut produire les justificatifs prévus par les articles R. 2143-6 à R. 2143-10 du code de la commande publique et par le code du travail dans le délai fixé, la candidature est déclarée irrecevable et le candidat est éliminé. L'élimination du candidat sera alors prononcée par l'acheteur qui présentera la même demande au soumissionnaire suivant selon l'ordre d'arrivée des offres retenues au classement final. () ".
11. Il résulte de ces dispositions que le candidat auquel il est envisagé d'attribuer le marché doit produire, notamment, des documents attestant qu'il est à jour de ses obligations fiscales et sociales, et, qu'à défaut, sa candidature doit être rejetée.
12. La commune de Saint-Germain-en-Laye fait valoir en défense que la société Razel-Bec, attributaire du lot n°1 en cause, a produit les attestations d'assurance, de régularité fiscale, les déclarations sociales, les attestations de versement des cotisations, ainsi que ces mêmes documents en ce qui concernent les autres membres du groupement et son sous-traitant. La commune produit à l'instance les documents correspondants ainsi qu'une copie du courriel par lequel elle a sollicité ces pièces à l'attributaire. En outre, elle a produit dans un second temps les documents concernant les listes nominatives des salariés étrangers, ou l'attestation sur l'honneur correspondante, de l'ensemble des membres du groupement attributaire et de son sous-traitant. Le moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne les éléments d'appréciation des sous-sous-critères :
13. Le pouvoir adjudicateur définit librement la méthode de notation pour la mise en œuvre de chacun des critères de sélection des offres qu'il a définis et rendus publics. Il peut ainsi déterminer tant les éléments d'appréciation pris en compte pour l'élaboration de la note des critères que les modalités de détermination de cette note par combinaison de ces éléments d'appréciation. Une méthode de notation est toutefois entachée d'irrégularité si, en méconnaissance des principes fondamentaux d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, les éléments d'appréciation pris en compte pour noter les critères de sélection des offres sont dépourvus de tout lien avec les critères dont ils permettent l'évaluation ou si les modalités de détermination de la note des critères de sélection par combinaison de ces éléments sont, par elles-mêmes, de nature à priver de leur portée ces critères ou à neutraliser leur pondération et sont, de ce fait, susceptibles de conduire, pour la mise en œuvre de chaque critère, à ce que la meilleure note ne soit pas attribuée à la meilleure offre, ou, au regard de l'ensemble des critères pondérés, à ce que l'offre économiquement la plus avantageuse ne soit pas choisie. Il en va ainsi alors même que le pouvoir adjudicateur, qui n'y est pas tenu, aurait rendu publique, dans l'avis d'appel à concurrence ou les documents de la consultation, une telle méthode de notation.
S'agissant du sous-sous-critère 2.2 au sein du sous-critère 2 " planning et phasage " :
14. Le sous-critère 2 " planning et phasage " comportait un sous-sous-critère 2.2 intitulé " planning des travaux (pertinence et optimisation, méthode de coordination avec les autres lots, durée prévisionnelle des différentes phases du chantier) ". La société requérante fait valoir que les quatre éléments d'appréciation tels qu'ainsi annoncés n'ont en réalité pas été analysés par la commune de Saint-Germain-en-Laye. Toutefois, il résulte des extraits du rapport d'analyse des offres que la commune a porté son appréciation sur la pertinence du planning des travaux proposé par rapport à celui figurant au dossier de consultation des entreprises, et a pris en compte les jalons et la coordination avec les autres lots. La circonstance que le rapport d'analyse des offres, qui a pour objet de synthétiser le contenu de l'offre au regard des sous-sous-critères, et de porter une appréciation, ne fasse pas référence, expressément, à l'ensemble des éléments et notamment la " méthode de coordination " proposée, ou ne qualifie pas l'offre de la requérante au regard de " l'optimisation " du planning proposé n'implique ni que le pouvoir adjudicateur a modifié la portée de ce sous-sous-critère, ni qu'il n'a pas pris en compte, pour l'appréciation de ce sous-sous-critère, ces mêmes éléments, dès lors que les retranscriptions qui y figurent, succinctes certes, sont en rapport avec eux.
S'agissant du sous-sous-critère n°3.3 au sein du sous-critère 1.3 " moyens dédiés à la réalisation des travaux " :
15. Il résulte de l'instruction et de l'extrait du rapport d'analyse des offres que le pouvoir adjudicateur a retenu plusieurs éléments dans le cadre de son appréciation du sous-sous-critère 3.3 intitulé " qualités et caractéristiques des matériaux ainsi que la liste des fournisseurs susceptibles d'être proposés : 3 points " au sein du sous-critère 3 " moyens dédiés à la réalisation des travaux ", lui-même pondéré à 10%. Il résulte notamment du courrier transmis par la commune à la requérante le 22 mars 2024, que celle-ci a obtenu la note de 6,5/10 au sous-critère 3 précité. Le rapport d'analyse des offre précise sur ce point, s'agissant de la rubrique " description du contenu " de l'offre de la société requérante, que cette dernière présentait " correctement les fournisseurs pressentis pour chaque type de matériaux sans en préciser les délais de fournitures associés ", en émettant ensuite l'appréciation suivante : " présentation correcte des matériaux et fournisseurs proposés ". Le rapport montre également, dans la rubrique relative à la " description du contenu " de l'offre de l'attributaire que ce dernier " présente bien l'ensemble des fournisseurs pressentis pour chaque type de matériaux en précisant les délais de fournitures associés ", et en portant l'appréciation suivante " excellente présentation des matériaux et fournisseurs proposés ". Ainsi, il ne résulte pas de ces éléments qu'en apportant la précision relative aux délais de fournitures au sein de la seule rubrique " description du contenu " des offres, le pouvoir adjudicateur ait modifié la teneur de son sous-sous-critère en y ajoutant un élément d'appréciation. En outre, alors même que la société requérante a obtenu une note sensiblement inférieure à celle de la société attributaire, il n'apparaît pas que cette différence d'appréciation serait uniquement relative au délai de livraison des fournitures et que cet élément aurait été affecté d'une pondération propre. Enfin, au demeurant, ce même élément, relatif aux délais de livraison des fournitures, n'est pas dépourvu de tout lien avec l'appréciation de ce sous-sous-critère, qui est inséré au sein d'un sous-critère relatif à l'analyse des " moyens dédiés ", par les candidats, à la réalisation des travaux. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que l'appréciation de ce sous-sous-critère aurait été modifiée.
16. Par suite, il ne résulte pas de l'instruction que le pouvoir adjudicateur ait modifié ou méconnu les critères annoncés aux candidats, leur portée, ou leur importance, ni le principe de transparence.
En ce qui concerne la dénaturation de l'offre de la société Colas France :
17. Il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.
18. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du mémoire technique soustrait au contradictoire selon la procédure décrite ci-dessus, que les plans produits par la société Colas France, pour chaque phase des travaux, comportaient plusieurs plans de circulation, notamment pour le chantier, les secours et les riverains. Toutefois, et ainsi que l'a relevé le pouvoir adjudicateur, les plans ne comprenaient pas les repères précis des circulations piétonnes pour chaque phase, bien que certains contenaient la précision qu'un balisage et qu'une sécurisation, sur certains cheminements nominativement désignés, seraient réalisés. Ainsi, le rapport d'analyse des offres ne laisse pas apparaitre une dénaturation de l'offre de la société requérante sur ce point.
19. En deuxième lieu, la société Colas France fait valoir que son offre détaillait les jalons de réalisation au sein du planning prévisionnel, ainsi que la coordination avec les autres lots et la présentation des marges sur délais, et considère que le pouvoir adjudicateur n'a pas pris en compte ces éléments, conduisant à la dénaturation de son offre. Il résulte des extraits du rapport d'analyse des offres que le pouvoir adjudicateur, s'agissant du sous-sous-critère 2.2 " planning des travaux " au sein du sous-critère " planning et phasage " a relevé que la société Colas France avait produit un " planning des travaux pertinent " bien que " assez général " en précisant qu'une " mise en lumière des jalons et un focus sur la coordination avec les autres lots " étaient manquants. La commune a alors considéré que cette société avait ainsi produit une " présentation correcte du planning des travaux ". Ce faisant, le pouvoir adjudicateur n'a pas considéré que l'offre de la société requérante avait totalement omis d'évoquer la question des jalons et de la coordination avec les autres lots, mais a estimé que ces éléments n'étaient pas suffisamment valorisés. En outre, il résulte de l'étude du sous-sous-critère suivant, à savoir le n° 2.3 " analyse du chemin critique, respect des délais jalons () ", pour lequel la commune a estimé que la société Colas présenté une analyse du chemin critique et du respect des délais jalons, que ces éléments, en tant qu'ils figurent dans ce mémoire technique, ont été pris en compte. Il ne résulte donc pas de l'instruction que les termes de l'offre de la société Colas France aient été manifestement altérés.
20. En troisième lieu, la société Colas France soutient que son offre a également été dénaturée, au motif qu'elle n'aurait pas précisé, s'agissant de l'ensemble des intervenants, leur répartition au sein du groupement, ni leurs qualifications. Plus précisément, le rapport d'analyse des offres indique, s'agissant de la description du contenu de l'offre, que : " le candidat présente bien l'ensemble des intervenants et leurs CV dans un organigramme mais sans aucune précision sur la répartition des entreprises entre Colas et ses cotraitants. Le candidat ne présente pas les qualifications de chacun. ". Il résulte du mémoire technique de la société requérante que celle-ci a bien fourni, à l'appui de son offre, les CV de ses équipes, lesquels précisent, outre leurs formations et leurs expériences professionnelles, le nom de leur employeur, et ainsi le membre du groupement dont ils relèvent. Toutefois, l'organigramme qu'elle a produit à l'appui de son offre ne précise pas l'entreprise d'appartenance des personnes qui y sont désignés. Or, le rapport d'analyse des offres, s'il critique la présentation de l'organigramme, a bien visé les CV fournis, lesquels font apparaitre les qualifications des équipes, a évalué ce sous-sous-critère en indiquant que la société Colas France avait produit " une présentation correcte de l'organigramme et de la composition des équipes ". Dès lors, il résulte de l'instruction que le pouvoir adjudicateur a bien pris en compte, outre l'organigramme qu'il a estimé insuffisamment détaillé, les CV des salariés, lesquels font apparaitre les éléments d'appréciation utiles. Il en résulte que l'offre de la société Colas France n'a pas été dénaturée.
21. En quatrième lieu, la société requérante soutient que son offre a été dénaturée au motif que le pouvoir adjudicateur n'aurait pas pris en compte ses développements s'agissant des mesures de protection collectives qu'elle proposait. Le rapport de présentation indique, s'agissant de la description du contenu de son offre, que celle-ci aurait fait " l'impasse de ses mesures de protection collectives " des équipes. Le pouvoir adjudicateur lui a ainsi attribué la note de 25/100. Or, il résulte du point 5 de son mémoire technique portant sur les dispositifs prévus en termes d'hygiène et de sécurité, qu'il concernait tant les mesures de protection individuelles, ainsi que l'a relevé le rapport d'analyse des offres, bien qu'ayant estimé les données fournies trop succinctes, que les mesures de protection collectives visant à assurer la sécurité du personnel. Dans ce cadre, plusieurs actions préventives sont décrites en vue notamment d'identifier les contraintes particulières propres au chantier, et des mentions évoquent la préparation à d'éventuels accidents sur site. S'il est regrettable que la rubrique précitée évoque " l'impasse " faite sur les mesures de protection collectives, le rapport d'analyse des offres conclut sur ce sous-sous-critère que la présentation des mesures proposées, tant individuelles que collectives, était insuffisante. Au demeurant, il résulte de l'instruction que le pouvoir adjudicateur a utilisé cette expression " faire l'impasse " pour décrire des éléments présents mais au contenu jugé insuffisant. Au regard de l'appréciation ainsi portée par le pouvoir adjudicateur, il ne résulte pas de l'instruction que ce dernier aurait procédé à une déformation grossière du contenu de l'offre de l'intéressée assimilable à une dénaturation de son offre technique.
22. En cinquième lieu, la société Colas France soutient que son offre a été dénaturée au motif que le pouvoir adjudicateur a estimé qu'elle n'abordait pas les moyens relatifs à la gestion des flux tiers et à la gestion de la gêne aux usagers et riverains. Le rapport d'analyse des offres indique sur ce point, au sein de la rubrique portant sur le contenu de son offre que celle-ci " présente les moyens mis en œuvre pour le balisage du chantier et sa signalisation, [mais] fait l'impasse sur la gestion des flux tiers et de la gêne aux usagers et riverains ". Il résulte du mémoire technique que la société requérante a présenté les mesures qu'elle mettrait en place dans le cadre de la gestion de la gêne aux usagers au stade de la préparation du chantier, ainsi que, notamment, les mesures à accomplir pendant les travaux. Toutefois, une partie de sa présentation s'appuie sur les équipements de signalisation et de balisage du chantier, et, si les autres éléments ainsi évoqués peuvent être, pour certains, associés à la question de la gestion des flux tiers et de la gêne aux usagers et riverains, ils apparaissent assez généraux et peu détaillés. Or, le pouvoir adjudicateur, qui a conclu sur ce sous-sous-critère que la société avait émis une " présentation correcte des mesures de protection des tiers " n'apparait pas s'être mépris sur la teneur de l'offre soumise à son appréciation.
23. Il résulte de ce qui précède que la société Colas France n'est pas fondée à soutenir que son offre a été dénaturée.
24. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par la société Colas France doit être rejetée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
25. Le sens de la présente ordonnance fait obstacle à ce qu'une somme, demandée par la requérante, soit mise à la charge de la commune de Saint-Germain-en-Laye. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Colas France la somme que la commune réclame au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Colas France est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Germain-en-Laye tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Colas France, à la commune de Saint-Germain-en-Laye ainsi qu'à la société Razel-Bec.
Fait à Versailles, le 10 avril 2024.
La juge des référés,
signé
Mme Geismar
La République mande et ordonne au Préfet des Yvelines en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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