vendredi 6 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2402860 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | LUBELO-YOKA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et un mémoire ampliatif, enregistrés le 4 avril 2024 et le 15 mai 2024, M. A B, représenté par Me Lubelo-Yoka, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Plaisir à lui verser la somme de 3 000 euros à titre d'indemnités en raison de l'irrégularité de la procédure de non renouvellement de contrat ;
2°) de requalifier ses contrats à durée déterminée de vacataire en contrats d'agent non-titulaire entre décembre 2018 et décembre 2023 ;
3°) de condamner la commune de Plaisir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la décision à venir, à lui verser l'indemnité de licenciement évaluée sur la base de la rémunération indiciaire brute qu'il aurait dû percevoir en qualité d'agent non-titulaire ;
4°) de condamner la commune de Plaisir à lui verser la somme de 20 000 euros pour recours abusif au contrat à durée déterminée ;
5°) de condamner la commune de Plaisir à lui verser la somme de 10 000 euros au titre de dommages et intérêt pour motif illégitime de non-renouvellement de contrat ;
6°) de condamner la commune de Plaisir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la décision à venir :
- à établir sa rémunération sur la base indiciaire, comprenant différentes primes et indemnités ;
- à lui verser les sommes correspondant aux compléments de salaires non perçus au titre de son statut d'agent non-titulaire ainsi que les indemnités de congés payés non perçues sur les cinq années de la durée de son contrat ;
- à régulariser ses bulletins de paie ainsi que l'attestation de pôle emploi ;
7°) de condamner la commune de Plaisir à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des troubles causés dans ses conditions d'existence ;
8°) de condamner la commune de Plaisir à lui verser les intérêts au taux légal sur la somme totale à compter du 6 décembre 2023, date de réception par l'administration de la demande indemnitaire préalable ;
9°) de mettre à la charge de la commune de Plaisir la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Maitre, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour statuer selon la procédure prévue par cet article.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".
2. M. A B a été engagé par la commune de Plaisir à compter du 21 décembre 2018 en contrat à durée déterminée de vacataire en vue d'assurer les fonctions de régisseur placier du marché communal. Par une décision du 15 novembre 2023, le maire de Plaisir a décidé de ne pas renouveler le contrat de travail arrivant à échéance le 20 décembre 2023. Par la présente requête M. B demande au tribunal de condamner la commune de Plaisir à l'indemniser du préjudice résultant du non-respect du délai de prévenance dans le cadre du non renouvellement de son contrat, de requalifier son contrat de vacataire en contrat d'agent non-titulaire et d'ordonner à la commune de Plaisir de lui verser les droits et indemnités qu'il aurait dû percevoir en cette qualité, et de condamner la commune de Plaisir à indemniser ses préjudices résultant du refus de renouvellement illégitime de son contrat de travail et du recours abusif au contrat à durée déterminée.
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
4. D'une part, alors qu'elle tend essentiellement au paiement d'une somme d'argent, la requête présentée par M. B n'est pas accompagnée d'une décision prise par la commune de Plaisir sur une demande indemnitaire préalablement formée devant elle. A cet égard, le courrier du 4 décembre 2023, ainsi que la lettre de relance du 15 janvier 2024, s'ils peuvent être regardés comme une contestation par M. B du non-renouvellement de son contrat et des conditions dans lesquelles il a été employé comme vacataire, ne présentent pas le caractère d'une demande indemnitaire préalable tendant à la réparation des conséquences dommageables des faits invoqués par le requérant à l'appui de son recours contentieux à savoir, le non-respect du délai de prévenance pour le non renouvellement de son contrat, l'illégalité de ce non-renouvellement, l'illégalité du recours à des contrats de vacataire ainsi que le recours abusif au contrat à durée déterminée. Par un courrier en date du 9 avril 2024, le tribunal a invité le requérant à régulariser sa requête dans un délai deux mois en joignant la copie de sa réclamation indemnitaire préalable, M. B n'a pas régularisé sa requête dans le délai imparti.
5. D'autre part, la requête présentée par M. B ne peut être regardée comme tendant à l'annulation d'une décision de l'administration refusant de requalifier son contrat de travail de vacataire en contrat d'agent non-titulaire, alors que, par son courrier du 4 décembre 2023, le requérant ne peut être regardé comme ayant formulé une telle demande en se bornant à demander la " régularisation " de sa situation " en pérennisant le temporaire selon des modalités qui restent à définir ". Par suite, les conclusions tendant, à titre principal, à ce que le tribunal requalifie le contrat de travail du requérant ne sont manifestement pas au nombre de celles qu'il appartient à la juridiction administrative d'accueillir.
6. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B.
Une copie en sera adressée à la commune de Plaisir.
Fait à Versailles, le 6 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
B. Maitre
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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