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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2402936

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2402936

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2402936
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat L'Hermine

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles rejette la requête de M. B... visant à annuler le rejet implicite de son recours amiable par la commission de médiation. Le tribunal estime que le requérant, bien que bénéficiaire de l'AAH et vivant avec son père malade, n'apporte pas la preuve qu'il se trouve dans l'une des situations de logement prévues par l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, condition nécessaire pour obtenir la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, M. A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 4 avril 2024 par laquelle la commission de médiation du département de l’Essonne a implicitement rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement.

Il soutient qu’il bénéficie de l’allocation aux adultes handicapés, qu’il vit avec son père insuffisant cardiaque et respiratoire qui devra quitter son logement à terme, qu’il a toujours été hébergé par de la famille.


La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne qui n’a pas produit de mémoire.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de la construction et de l’habitation ;
le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme L’Hermine, première conseillère, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.


La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique, le rapport de Mme L’Hermine a été entendu.

Aucune des parties n’était présente ou représentée.

La clôture de l’instruction a été prononcée après appel de l’affaire à l'audience.


Considérant ce qui suit :

M. B... a saisi, le 4 janvier 2024, la commission de médiation du département de l’Essonne d’un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement en application des dispositions de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Par une décision du 4 avril 2024, dont M. B... demande l’annulation, la commission de médiation a rejeté son recours.

Aux termes du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation : « II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (…) ».

Il résulte des dispositions précitées que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation et qu’il satisfait à l’un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.

Si M. B... fait valoir qu’il sera conduit à quitter le logement qu’il occupe avec son père qui présente une insuffisance cardiaque et respiratoire puisque ce dernier ne pourra pas rester dans ce logement et qu’il bénéficie de l’allocation aux adultes handicapés, il n’établit pas, par cette argumentation et par les pièces qu’il produit, remplir l’une des conditions, prévues au deuxième alinéa du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation.
Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la préfète de l’Essonne.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2026.

La magistrate désignée,

signé

M. L’Hermine
La greffière,

signé

S. Paulin

La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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