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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2404024

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2404024

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2404024
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat L'Hermine

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête en excès de pouvoir de M. A... visant à annuler la décision de la commission de médiation des Yvelines qui avait refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. Le tribunal a jugé que le rejet par la commission était légal, car fondé sur l'incomplétude du dossier du requérant, qui n'avait pas fourni les pièces justificatives obligatoires demandées, conformément aux articles L. 441-2-3 et R. 441-14 du code de la construction et de l'habitation. La solution retenue est que le requérant doit former un nouveau recours amiable complet devant la commission pour que sa situation soit réexaminée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 mai 2024, M. B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 20 février 2024 par laquelle la commission de médiation du département des Yvelines a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement ;

2°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de saisir la commission de médiation de ce département afin qu’elle réexamine sa demande.

Il soutient qu’il a été expulsé de son logement en juillet 2023 et qu’il réside dans un logement de 9 m² dans un centre d’hébergement d’urgence où il ne peut pas recevoir ses enfants.


Par un mémoire, enregistré le 20 août 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par le requérant n’est pas fondé.


Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
le code de la construction et de l’habitation ;
le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme L’Hermine, première conseillère, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.


La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.



Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique, le rapport de Mme L’Hermine a été entendu.

Aucune des parties n’était présente ou représentée.

La clôture de l’instruction a été prononcée après appel de l’affaire à l'audience.


Considérant ce qui suit :

M. A... a saisi, le 2 janvier 2024, la commission de médiation du département des Yvelines d’un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement en application des dispositions de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Par une décision du 20 février 2024, dont M. A... demande l’annulation, la commission de médiation a rejeté son recours.

Aux termes du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation : « II.- La commission de médiation (…) peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (…) »

Aux termes de l’article R. 441-14 du même code : « La commission est saisie par le demandeur dans les conditions prévues au II ou au III de l'article L. 441-2-3. La demande, réalisée au moyen d'un formulaire répondant aux caractéristiques arrêtées par le ministre chargé du logement et signée par le demandeur, précise l'objet et le motif du recours, ainsi que les conditions actuelles de logement ou d'hébergement du demandeur. Elle comporte, selon le cas, la mention soit de la demande de logement social déjà enregistrée assortie du numéro unique d'enregistrement attribué au demandeur, sauf justification particulière, soit de la ou des demandes d'hébergement effectuées antérieurement. Le demandeur fournit, en outre, toutes pièces justificatives de sa situation. Les pièces justificatives à fournir obligatoirement sont fixées par l'arrêté précité. La réception du dossier, dont la date fait courir les délais définis aux articles R. 441-15 et R. 441-18, donne lieu à la délivrance par le secrétariat de la commission d'un accusé de réception mentionnant la date du jour de la réception de la demande. Lorsque le formulaire n'est pas rempli complètement ou en l'absence de pièces justificatives obligatoires, le demandeur en est informé par un courrier, qui fixe le délai de production des éléments manquants, délai pendant lequel les délais mentionnés aux articles R. 441-15 et R. 441-18 sont suspendus ».

Pour refuser de reconnaître M. A... comme prioritaire et devant être logé en urgence, la commission de médiation s’est fondée sur la circonstance que le requérant n’a pas répondu à la demande de pièces obligatoires qui lui a été adressée le 9 janvier 2024. Si le requérant soutient que sa demande de logement doit être déclarée prioritaire dès lors qu’il a été expulsé de son logement en juillet 2023 et qu’il réside dans un logement de 9 m² dans un centre d’hébergement d’urgence où il ne peut pas recevoir ses enfants, il ne conteste pas utilement le motif opposé par la commission de médiation des Yvelines, à savoir l’incomplétude de son dossier. Il lui appartient, s’il s’y croit fondé, de former de nouveau un recours amiable devant la commission de médiation des Yvelines et de lui transmettre l’ensemble des pièces obligatoires à l’appui de son recours. Le moyen doit dès lors être écarté.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet des Yvelines.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2026.

La magistrate désignée,

signé

M. L’Hermine
La greffière,

signé

S. Paulin


La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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