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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406024

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406024

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406024
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantFALAH

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles rejette la requête d'un ressortissant ivoirien demandant l'annulation d'une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour. Le tribunal juge la requête irrecevable, estimant qu'une simple demande de rendez-vous en ligne pour un titre d'admission exceptionnelle au séjour ne constitue pas une demande de titre de séjour formelle au sens du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Par conséquent, aucun délai de décision implicite de rejet n'a pu commencer à courir, rendant l'action en annulation sans objet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, M. A... B..., représenté par Me Falah, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l’Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros toutes taxes comprises au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 12 de la déclaration universelle des droits de l’homme ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2026, la préfète de l'Essonne conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Elle soutient qu’il n’y a pas lieu de statuer sur la requête en l’absence de décision implicite de rejet.

Par un courrier du 21 janvier 2026, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l’inexistence d’une décision implicite de rejet intervenue sur la demande de M. B... à la date d’introduction de la requête.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertaux ;
- et les observations de Me Falah, représentant M. B....


Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant ivoirien né le 17 décembre 1993, a déposé, sur l’application en ligne « démarches simplifiées », une demande de rendez-vous auprès des services de la préfecture de l’Essonne en vue d’y déposer une demande d’admission exceptionnelle au séjour. En l’absence de réponse à sa demande, il sollicite, par la présente requête, l’annulation de la décision implicite de rejet de la préfète de l’Essonne.

D’une part, aux termes de l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté ». Les arrêtés pris pour l’application de ces dispositions, figurant à l’annexe 9 du même code, ne prévoient pas que la demande d’admission exceptionnelle au séjour puisse être effectuée par téléservice. Aux termes de l’article R. 431-3 du même code : « La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture ».

D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ». Et aux termes de l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que M. B... a présenté, le 21 juillet 2022, via la plateforme « démarches simplifiées », une demande de rendez-vous pour le dépôt d’une demande d’admission exceptionnelle au séjour. Si la pièce produite démontre qu’il a engagé la procédure en vue de se voir délivrer un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour en préfecture, elle ne saurait attester du dépôt d’une demande de titre de séjour au sens de l’article R. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile précité, seul à même de déclencher le délai de quatre mois prévu par les dispositions de l’article R. 432-1 du même code s’agissant d’une catégorie de titre dont la demande par téléservice n’est pas possible. Il ne ressort d’ailleurs pas des pièces du dossier que l’intéressé aurait été mis en possession du récépissé mentionné à l’article R. 431-12 du même code attestant qu’il aurait été admis à souscrire une demande de délivrance de titre de séjour. Il s’ensuit que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. B..., qui sont dirigées contre une décision inexistante, sont irrecevables et doivent être rejetées, ainsi que celles, par voie de conséquence, à fin d’injonction et présentées au titre des frais liés à l’instance.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la préfète de l'Essonne.


Délibéré après l'audience du 2 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Danielian, présidente,
Mme Benoist, conseillère,
M. Bertaux, conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2026.


Le rapporteur,
Signé
H. Bertaux

La présidente,
Signé
I. Danielian

La greffière,

Signé
V. Retby
La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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