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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406332

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406332

lundi 29 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406332
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCLAIRANCE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2024, la société Marjan Hessamfar et Joe Verons Architectes associés, représentée par Me Rigoreau, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le marché de substitution conclu par la commune de Poissy avec la société THF-ES portant sur la mission DET pour la construction d'un groupe scolaire pour la ZAC Rouget de Lisle à Poissy, notifié le 1er juillet 2024 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Poissy de lui confier la reprise de la mission DET ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Poissy une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle se trouve privée d'une partie de ses missions et qu'il existe en l'état de multiplicité des maîtres d'oeuvre cocontractants un risque de confusion quant aux assurances mobilisables ;

- il y a un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée : le courrier de notification vise un CCAG erroné ; le marché de substitution ne comporte aucun motif en méconnaissance de l'article R. 2122-1 du code de la commande publique ; les griefs du maître d'ouvrage ne sont assortis d'aucune justification et ne sont pas établis ; le maître d'ouvrage s'abstient de lui permettre de suivre le marché de substitution ; la mission de base présente en principe un caractère indivisible, or en lui retirant la phase DET, le maître d'ouvrage risque de compromettre la cohérence et la continuité de l'exécution du marché de maîtrise d'œuvre.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lutz, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. La société Marjan Hessamfar et Joe Verons Architectes associés, titulaire d'un marché de maîtrise d'oeuvre pour la construction d'un groupe scolaire pour la ZAC Rouget de Lisle à Poissy, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution du marché de substitution conclu par la commune de Poissy avec la société THF-ES sur la mission DET et notifié le 1er juillet 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "

3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de l'acte soit suspendue.

4. Pour justifier d'une situation d'urgence, la société requérante, qui fait valoir qu'elle se trouve privée d'une partie de ses missions, qu'il existe, en l'état de multiplicité des maîtres d'oeuvre cocontractants, un risque de confusion quant aux assurances mobilisables, et qu'elle n'est pas en mesure de suivre l'exécution de ce marché, ne justifie pas d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à l'emploi dans l'entreprise, à sa situation financière ou à son expertise technique. Elle ne justifie pas davantage d'un intérêt général auquel l'exécution de ce marché pourrait porter atteinte. Ainsi, en l'état de l'instruction et alors qu'il appartient à la société requérante de fournir les éléments permettant au juge d'apprécier concrètement les effets de l'acte en litige sur sa situation, la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, dès lors, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requête tendant à la suspension du contrat attaqué, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Marjan Hessamfar et Joe Verons Architectes associés est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Marjan Hessamfar et Joe Verons Architectes associés.

Fait à Versailles, le 29 juillet 2024.

La juge des référés,

signé

F. Lutz

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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