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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406343

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406343

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406343
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL PAREYDT-GOHON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juillet 2024, la société Agence Technologique de Communications (ATC), représentée par Me Mascaras, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert, en vue de vérifier la présence de nuisibles (cafards) dans l'ensemble des locaux du Centre Hospitalier Sud Francilien (CHSF) sis 40 Avenue Serge Dassault à Corbeil-Essonnes (91), d'en déterminer l'origine et la cause et de donner son avis sur les moyens et travaux nécessaires pour y remédier et sur les préjudices en résultant.

Elle soutient que :

- elle a conclu un contrat de concession de service avec le CHSF en vue d'assurer l'acquisition et l'installation des équipements visant à exploiter une activité commerciale de type distributeurs automatiques, cafétéria et presse auprès des usagers du CHSF ; par un protocole transactionnel en date du 26 octobre 2023, les parties ont modifié la redevance due par le concessionnaire au concédant en fonction du chiffre d'affaires mensuel réalisé par mois par la société ATC ; les parties ont soulevé un problème de nuisibles et la société ATC a sollicité l'intervention de la société 3D et de la société SAMSIC 3D pour une désinfection des locaux en janvier 2024 et juin 2024 qui ont effectué un traitement par gel ; malgré les diligences effectuées par la société ATC, le CHSF a, en date du 28 juin 2024, résilié le contrat de concession ;

- la résiliation porte gravement atteinte aux intérêts de la société ATC qui subit une perte d'exploitation importante, outre la perte des investissements qu'elle a réalisé dans le cadre de l'exécution du contrat de concession ; la source de la présence des nuisibles n'a pas été identifiée et malgré l'intervention de la société et la fermeture des locaux exploités par la société ATC depuis le 5 juin 2024, les cafards sont toujours présents dans l'ensemble des locaux du CHSF ; la société ATC justifie prendre l'ensemble des mesures d'hygiène conformément à ses engagements contractuels, elle a également contacté une société pour mettre en place un audit régulier agroalimentaire ;

- la désignation d'un expert est utile afin de déterminer l'origine des désordres sur tous les bâtiments et non seulement sur les locaux exploités par la société ATC, la résiliation du contrat de concession lui fait subir un préjudice financier important évalué à 64 170 euros HT.

Par un mémoire enregistré le 23 août 2024, le Centre Hospitalier Sud Francilien (CHSF), représenté par Me Pareydt, demande au juge des référés à titre principal de rejeter la requête de la société ATC comme infondée et à titre subsidiaire de modifier le périmètre de la mission confiée à l'expert et de mettre à la charge de la société ATC la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1.

Par un mémoire enregistré le 5 septembre 2024, la société ATC, représentée par Me Mascaras, persiste dans ses précédentes écritures et demande au juge des référés de rejeter l'ensemble des demandes du Centre Hospitalier Sud Francilien.

Par un mémoire enregistré le 12 septembre 2024, le CHSF, représenté par Me Pareydt, persiste dans ses précédentes écritures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, M. Jauffret, premier conseiller, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de ces dispositions doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

2. L'expertise demandée par la société ATC a pour objet de vérifier la présence de nuisibles (cafards) dans l'ensemble des locaux du CHSF sis 40 Avenue Serge Dassault à Corbeil-Essonnes (91), d'en déterminer l'origine et la cause et de donner son avis, d'une part, sur les moyens et travaux nécessaires pour y remédier et d'autre part sur les préjudices en résultant. La société requérante, qui se borne à produire les déclarations de son dirigeant, faisant état de la présence de nuisibles dans l'ensemble des locaux du centre hospitalier, ne justifie pas en quoi la mesure d'expertise demandée présenterait un intérêt dans la perspective du litige principal l'opposant au CHSF, lequel a, le 28 juin 2024, résilié pour faute le contrat de concession dont elle bénéficiait en vue d'assurer l'acquisition et l'installation des équipements visant à exploiter dans les locaux du CHSF une activité commerciale de type distributeur automatiques, cafétéria et presse auprès des usagers, alors que cette résiliation est intervenue au motif de manquements graves aux règles d'hygiène et de sécurité, notamment le retard pris pour désinfecter les locaux à la suite de la constatation d'une prolifération de nuisibles dans la cafétéria, les conditions d'hygiène (saleté) de la cuisine ainsi que des zones de vente et de stockage, le manque de formation du personnel aux règles d'hygiène et l'absence de traçabilité des produits. Dès lors, l'expertise demandée ne peut être regardée comme une mesure utile au sens des dispositions précitées. Par suite, les conclusions présentées par la société ATC tendant à ce qu'une mesure d'expertise soit ordonnée doivent être rejetées.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

3. Il n'y a pas lieu, dans le cadre de la présente procédure qui ne tend qu'au prononcé d'une mesure d'instruction, de faire droit aux conclusions présentées par le Centre Hospitalier Francilien Sud sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Agence Technologique de Communications est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions du CHSF est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société ATC et au Centre Hospitalier Sud Francilien.

Fait à Versailles, le 16 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Jauffret

La République mandate et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies à droit commun, contre les parties privées, à pourvoir à l'exécution à la présente ordonnance.

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