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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406732

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406732

lundi 3 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406732
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantBEDOIS BEKISSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 août 2024, Mme D... E..., représentée par Me Bedois, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative :

1°) de désigner un expert, chirurgien général et digestif, chargé de se prononcer sur l’aggravation de son état de santé depuis la date de consolidation déterminée dans le rapport d’expertise judiciaire déposé le 5 février 2020 et sur les préjudices qui en découlent et qui n’ont pas été indemnisés dans le cadre du jugement du tribunal administratif de Versailles du 26 avril 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- par un jugement du 26 avril 2022, devenu définitif, le tribunal administratif de Versailles a condamné l’ONIAM à lui verser la somme de 165 095,22 euros au titre de la solidarité nationale en réparation de son préjudice résultant d’un accident médical non fautif, ainsi qu’une rente trimestrielle de 4 326 euros au titre de la prestation de compensation du handicap et du besoin d’assistance par une tierce personne à compter de la date de notification du jugement ;
- son état de santé physique et psychologique s’est dégradé depuis la date de consolidation déterminée au 3 juin 2018 par un rapport d’expertise du 5 février 2020 intervenu à l’occasion de la précédente instance ;
- la mesure d’expertise est utile pour se prononcer sur l’évolution de son état de santé depuis le 3 juin 2018.


Par un mémoire en défense enregistré le 14 août 2024, l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Roquelle-Meyer, formule ses réserves et protestations d’usage quant au bien-fondé de sa mise en cause et sur la mesure d’expertise demandée, demande au juge des référés de compléter la mission de l’expert selon les termes de son mémoire et de réserver les dépens.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions tendant à la désignation d’un expert :

1. Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction ». L’utilité d’une mesure d’instruction ou d’expertise qu’il est demandé au juge des référés d’ordonner sur le fondement de ces dispositions doit être appréciée, d’une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d’autres moyens et, d’autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l’intérêt que la mesure présente dans la perspective d’un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

2. Il résulte de l’instruction que l’état de santé de Mme E... a été déterminé comme consolidé à compter du 3 juin 2018 par un rapport d’expertise judiciaire du 5 février 2020. Toutefois, il ressort des pièces produites au dossier, notamment de certificats médicaux postérieurs au rapport d’expertise du 5 février 2020, que Mme E... fait état, entre autres, d’une perte d’autonomie notable et du développement de nouveaux symptômes n’ayant pas été relevé dans ce rapport.

3. L’expertise demandée par Mme E..., qui vise à déterminer l’aggravation de son état de santé depuis le 3 juin 2018 et les préjudices qui en découlent et qui n’ont pas été indemnisés dans le cadre du jugement du tribunal administratif de Versailles du 26 avril 2022, entre dans le champ d’application des dispositions précitées de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l’expert comme il est précisé à l’article 1er de la présente ordonnance.








Sur les frais d’instance :

4. Il n’y a pas lieu, dans le cadre de la présente procédure qui ne tend qu’au prononcé d’une mesure d’instruction, de se prononcer sur les conclusions présentées par Mme E... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E


Article 1er : M. B... A... exerçant au service chirurgie digestive de l’hôpital Européen Georges Pompidou 20, rue Leblanc, 75015 Paris, est désigné en qualité d’expert.
Il aura pour mission de :

1°) Se faire communiquer tous documents relatifs à l’état de santé de Mme E... et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de son intervention au centre hospitalier d’Orsay le 15 mai 2017 et lors des interventions ultérieures et le rapport d’expertise judiciaire déposé le 5 février 2020 ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l’examen sur pièces du dossier médical de Mme E... ainsi qu’éventuellement à son examen clinique ;

2°) décrire l’état de santé de Mme E... ainsi que, de façon détaillée, l’ensemble des préjudices de toutes natures, dont elle est atteinte ; faire apparaître les évolutions de cet état de santé depuis le rapport d’expertise déposé le 5 février 2020 ;

3°) se prononcer sur les causes de l’aggravation éventuelle de son état de santé, notamment si cette aggravation résulte de son âge, de la prise de traitement antérieur, ou toute circonstance extérieure, ou encore si elle résulte directement des conséquences de l’accident médical initial relevé dans le rapport d’expertise médical déposé le 5 février 2020 ;

4°) dire si l’état de Mme E... est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l’affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

5°) décrire la nature et l’étendue des préjudices subis par Mme E... depuis la date de consolidation relevée dans le rapport d’expertise médical déposé le 5 février 2020, en distinguant la part imputable éventuellement à l’aggravation des conséquences de l’accident médical initial relevé dans le rapport d’expertise médical déposé le 5 février 2020 ;

6°) de fixer la date de consolidation et de dégager en les spécifiant les éléments propres à justifier une indemnisation au titre des souffrances endurées, les répercussions sur les conditions de l’existence notamment sur le plan professionnel, social et personnel, le préjudice esthétique et le préjudice d’agrément, ainsi que tout autre élément de nature à permettre au tribunal de se prononcer sur les préjudices subis ;

7°) de manière générale, faire toutes constatations et formuler toutes observations utiles à la juridiction du fond susceptible d’être saisie éventuellement.

Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : L’expertise aura lieu en présence de Mme E... et de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Article 4 : L’expert avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l’expertise conformément aux dispositions de l’article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 5 : Le rapport d’expertise sera déposé au greffe par voie électronique, dans les conditions prévues à l’article R. 621-6-5 du code de justice administrative, dans un délai de 6 mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de son état de vacations, frais et honoraires. Des copies du rapport seront notifiées aux parties intéressées par l’expert et, avec leur accord, par voie électronique dans les conditions prévues à l’article R. 621-7-3 du même code.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... E..., à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et M. B... A..., expert.


Fait à Versailles, le 3 février 2025.


Le juge des référés,
Signé
E. Jauffret


La République mandate et ordonne à la préfète de l’Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies à droit commun, contre les parties privées, à pourvoir à l'exécution à la présente ordonnance.











































REPUBLIQUE FRANCAISE



ORDONNANCE DU

12 mai 2025
Dossier n° : 2406732-16
(à rappeler dans toutes correspondances)
Madame D... E... c/ OFFICE NATIONAL D'INDEMNISATION DES ACCIDENTS MEDICAUX

TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE VERSAILLES


Le premier vice-président,


Vu la procédure suivante :
Par une décision en date du 3 février 2025, le premier vice-président, a, sur la requête n° 2406732-16, présentée par Mme D... E..., ordonné une expertise et désigné le docteur B... A..., en qualité d’expert.

Par une lettre enregistrée au greffe le 25 mars 2025, le docteur B... A..., expert, sollicite une allocation provisionnelle de 2 160 euros.

Par une décision en date du 10 avril 2024, le bureau d’aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Versailles a admis Mme D... E... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
le code de justice administrative, et, notamment, son article R. 621-12 ;
le décret 2020-1717 du 28 décembre 2020.

La présidente du tribunal a désigné M. C..., premier vice-président, comme magistrat chargé des questions d’expertise et du suivi des opérations d’expertise en application de l’article R. 621-1-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 621-13 du code de justice administrative : « Lorsque l’expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal (...) en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires (...). Dans les cas mentionnés au premier alinéa, il peut être fait application des dispositions des articles R. 621-12 et R. 621-12-1 ». Aux termes de l’article R. 621-12 du code de justice administrative : « Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement, ou, au Conseil d’Etat, le président de la section du contentieux peut, soit au début de l’expertise, soit au cours de l’expertise ou après le dépôt du rapport et jusqu’à l’intervention du jugement sur le fond, accorder aux experts et aux sapiteurs, sur leur demande, une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de leurs honoraires et débours. Il précise la ou les parties qui devront verser ces allocations. Lorsque l’expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, cette allocation provisionnelle est, en principe, mise à la charge de la partie qui a demandé le

N° 2406732
2
prononcé de la mesure d’expertise. Toutefois, pour des raisons d’équité, elle peut être mise à la charge d’une autre partie ou partagée entre les parties. La décision ne peut faire l’objet d’aucun recours. » ;

Par une décision du bureau d’aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Versailles en date du 10 avril 2024, Mme D... E... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Dès lors, les frais d’expertise doivent être avancés par le comptable de la direction générale des finances publiques (art. 116 du décret 2020-1717 du 28 décembre 2020).

Il y a lieu de verser à l’expert une allocation provisionnelle de 2 160 euros à la charge de l’Etat.


ORDONNE


Article 1er : Il est accordé au docteur B... A... une allocation provisionnelle de 2 160 euros à valoir sur le montant des honoraires et débours devant être ultérieurement taxés.

Article 2 : Cette allocation provisionnelle sera versée par l’Etat.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... E..., au docteur B... A... et à la cour d’appel de Versailles service du SAR.

Fait à Versailles, le 12 mai 2025.

Le premier vice-président, Signé
R. C...















RM

ORDONNANCE DU
23 février 2026
Dossier n° : 2406732-16
(à rappeler dans toutes correspondances)
Madame D... E... c/ OFFICE NATIONAL D'INDEMNISATION DES ACCIDENTS MEDICAUX
REPUBLIQUE FRANCAISE
_________
TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE VERSAILLES
_________
Le 1er vice-président,




Vu la procédure suivante :


Par une ordonnance de référé en date du 3 février 2025, le premier vice-président a ordonné une expertise et désigné M. B... A... en qualité d’expert sur la requête n° 2406732-16 présentée par Mme D... E....


Par une ordonnance en date du 12 mai 2025, une allocation provisionnelle de 2 160 euros TTC à valoir sur le montant des frais d’expertise a été accordée à M. B... A....

Le rapport d’expertise établi par M. B... A... a été déposé au greffe du tribunal le 3 février 2026, accompagné de l’état de ses vacations, frais et débours.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision du 2 octobre 2024 par laquelle la présidente du tribunal a donné délégation à M. C..., premier vice-président, en application de l’article R. 222-21-1 du code de justice administrative

Considérant ce qui suit :

1. En application des articles R. 621-11 et R. 761-4 du code de justice administrative, les experts ont droit à des honoraires ainsi qu’au remboursement de leurs frais, qui doivent être liquidés par ordonnance du président du tribunal administratif. Dans les circonstances de l’espèce, eu égard, s’agissant des honoraires, aux difficultés des opérations d’expertise, à l’importance, à l’utilité et à la nature du travail fourni par l’expert ainsi qu’aux diligences mises en œuvre par celui-ci pour respecter le délai qui lui était imparti et, s’agissant des frais et débours, au vu des justificatifs produits, il y a lieu d’allouer à l’expert les sommes détaillées ci-dessous :


- Honoraires :
2 520,00 euros

_____________

Total : 2 520,00 euros

TVA 20% : 504,00 euros

_____________

Total TTC : 3 024,00 euros

Allocation provisionnelle : 2 160,00 euros
____________

Total restant dû TTC : 864,00 euros


2. En application de l’article R. 621-13 du même code, lorsque l’expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, les frais et honoraires d’expertise sont, en principe, mis à la charge de la partie qui a demandé le prononcé de la mesure d’expertise à moins que, pour des raisons d’équité, ils soient mis à la charge d’une autre partie ou partagés entre les parties par décision du président de la juridiction. Il y a lieu, en l’espèce, de mettre ces frais et honoraires à la charge de l’Etat.


3. Par une décision en date du 10 avril 2024, Mme D... E... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Dès lors, les frais d’expertise doivent être avancés par l’Etat (comptable de la direction générale des finances publiques : articles 116 et 124 du décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020).


ORDONNE

Article 1er : Les frais et honoraires de l’expertise confiée à M. B... A... par l’ordonnance visée ci-dessus sont liquidés à la somme de 3 024 euros toutes taxes comprises. De cette somme, devra être déduite la somme de 2 160 euros déjà versée au titre de l’allocation provisionnelle

Article 2 : Les frais et honoraires mentionnés à l’article 1er sont mis à la charge de l’Etat.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... E..., à l’Etat, et à M. B... A..., expert.



Fait à Versailles, le 23 février 2026.

Le 1er vice-président,

Signé

R. C...




Conformément à l’article R. 621-13 du code de justice administrative, cette ordonnance est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun.



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