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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406772

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406772

mardi 20 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406772
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCORDIER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la demande d’expertise in futurum présentée par la société Reolian Multitec sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. La société sollicitait la désignation d’un expert pour déterminer les responsabilités dans les retards de chantier et chiffrer son préjudice, dans le cadre d’un litige indemnitaire déjà pendant devant le juge du fond. Le juge des référés a estimé que la mesure n’était pas utile, dès lors que le juge du fond, déjà saisi, peut ordonner une telle expertise dans le cadre de ses pouvoirs d’instruction. La requête a donc été rejetée, sans qu’il soit besoin de statuer sur les dépens.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, la société Reolian Multitec, représentée par Me Cordier, demande au juge des référés de :

1°) désigner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, un expert chargé de déterminer les différentes imputabilités dans les retards de chantiers, de procéder au chiffrage du préjudice subi et devant être indemnisé et à la vérification de l'état des ouvrages ;

2°) réserver les dépens.

Elle soutient que :

- l'expertise sollicitée se rattache à une requête indemnitaire au fond qui a été introduite le 10 octobre 2023 et portant sur l'indemnisation des pertes et surcoûts subis ;

- la désignation d'un expert est utile afin de déterminer les circonstances ayant conduit aux retards de chantier, de déterminer l'imputabilité de ces retards et, si plusieurs personnes en sont responsables, la responsabilité respective de ces dernières dans les retards constatés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, Mme Dely, première vice-présidente, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1. L'article R. 532-1 du code de justice administrative dispose que : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de ces dispositions doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

2. La société Reolian Multitec a formé un recours devant le juge du fond, enregistré au greffe du tribunal sous le n° 2308350, en cours d'instruction, pour demander la condamnation de l'Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes Le Manoir, la société Sextant Architecture et la société CRX à lui verser la somme de 1 047 754,93€ TTC au titre des préjudices subis. Par la présente requête, elle demande qu'une expertise soit ordonnée afin notamment de déterminer les différentes imputabilités dans les retards de chantiers, de procéder au chiffrage du préjudice subi et devant être indemnisé et à la vérification de l'état des ouvrages. Or, la société Reolian Multitec ne justifie ainsi d'aucune circonstance particulière conférant à la mesure du juge des référés un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge du fond, saisi de la requête n° 2308350, pourra ordonner, s'il l'estime nécessaire, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction. Dès lors, l'expertise demandée ne peut être regardée comme une mesure utile au sens des dispositions précitées. Par suite, les conclusions présentées par la société Reoalian Multitec tendant à ce qu'une mesure d'expertise soit ordonnée doivent être rejetées.

Sur les dépens :

3. Dans le cadre d'une expertise ordonnée en référé, il appartient au seul président du tribunal de désigner, par ordonnance, la partie qui assumera la charge des frais et honoraires en application du premier alinéa de l'article R. 621-13 du code de justice administrative. Il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne ni de la réserver pour le futur.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n° 2406772 de la société Reolian Multitec est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Reolian Multitec, à l'Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes Le Manoir, à la société Sextant Architecture, à la société CRX et à la société SERO.

Fait à Versailles, le 20 août 2024.

La première vice-présidente,

Signé

I. Dely

La République mandate et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies à droit commun, contre les parties privées, à pourvoir à l'exécution à la présente décision.

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