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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406834

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406834

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406834
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par le préfet des Yvelines pour mettre fin à l’astreinte imposée à l’État en vue d’obliger l’administration à proposer un hébergement à Mme A B. Le tribunal a constaté que Mme B avait signé un bail en avril 2022 et refusé une proposition de logement de transition en juin 2024, au motif qu’elle disposait déjà d’un logement. En application des articles L. 441-2-3-1 et L. 411-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, le juge a estimé que l’État s’était acquitté de son obligation. Par conséquent, il a ordonné qu’il n’y a pas lieu de liquider définitivement l’astreinte, sous réserve des sommes déjà versées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 août 2024, le préfet des Yvelines demande au tribunal de mettre fin à l'astreinte prononcée à l'encontre de l'Etat pour exécution de l'obligation de présenter une offre effective d'hébergement à Mme A B.

Il soutient que Mme A B, qui a signé un bail en date du 23 avril 2022, a refusé le 27 juin 2024 une proposition de logement de transition faite par la SIAO.

La requête a été communiquée au Mme C A B qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- l'ordonnance n° 2205160 du 6 janvier 2023 du tribunal administratif de Versailles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, en application de l'article R. 778-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le II de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable à la date du jugement ayant prononcé l'injonction sous astreinte, prévoit que le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et qui n'a pas été accueilli, dans un délai fixé par décret, dans l'une de ces structures peut introduire devant la juridiction administrative un recours tendant à ce qu'il soit ordonné à l'Etat d'exécuter la décision de la commission.

2. Par sa décision du 13 janvier 2022, la commission de médiation du département des Yvelines a reconnu Mme A B comme prioritaire et devant être accueillie dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Le tribunal, par une ordonnance du 6 janvier 2023, a prononcé à l'encontre de l'Etat une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 6 février 2023, à verser au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement en cas de non-exécution de l'injonction de présenter une offre effective d'hébergement à Mme A B.

3. D'une part, l'article L. 411-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation prévoit que tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, elle doit être versée au fonds deux fois par an, toute astreinte versée en application du jugement la prononçant restant acquise au fonds. En vertu de l'article R. 778-8 du code de justice administrative, le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance sur la liquidation de l'astreinte. A cette fin, il lui appartient de prendre en compte la période d'inexécution de l'injonction par le fait de l'administration. Il peut toutefois, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant de l'astreinte dû, ou, exceptionnellement, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte dans les limites résultant des dispositions de l'article L. 441-2-3-1.

4. D'autre part, lorsque le demandeur a refusé un hébergement ou un logement qui lui avait été proposé à la suite de la décision de la commission, la juridiction ne peut adresser une injonction à l'administration, ni à plus forte raison, liquider une astreinte, que si l'offre rejetée n'était pas adaptée aux besoins et capacités de l'intéressé tels que définis par la commission ou si, bien que cette offre fût adaptée, le demandeur a fait état d'un motif impérieux de nature à justifier son refus. Enfin, le préfet peut se trouver délié de l'obligation qui pèse sur lui en vertu d'une décision de la commission de médiation et d'un jugement lui enjoignant d'exécuter cette décision si, par son comportement, l'intéressé a fait obstacle à cette exécution.

5. Le préfet des Yvelines expose que Mme A B est locataire d'un appartement situé au Chesnay et produit ce sens le bail d'habitation signé le 23 avril 2022. En outre, il résulte de l'instruction que Mme A B a refusé, le 27 juin 2024, un proposition d'accueil dans une structure d'hébergement au motif qu'elle dispose déjà d'un logement et qu'elle souhaiterait avoir un logement plus grand au Chesnay. Dans ces conditions, l'Etat doit être regardé comme s'étant acquitté de son obligation avant la date limite fixée par l'ordonnance du 6 janvier 2023. Par suite, il n'y a pas lieu de procéder, à titre définitif, à la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2205160 du 6 janvier 2023, sous réserve des sommes éventuellement déjà versées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu, à titre définitif, de liquider l'astreinte mise à la charge de l'État, prononcée par l'ordonnance n° 2205160 du 6 janvier 2023.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et à Mme C A B.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 3 octobre 2024.

La magistrate désignée,

signé

J. Sauvageot

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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