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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407892

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407892

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407892
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantCABINET LANDAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet des Yvelines a décidé son transfert aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile.

Elle soutient :

- que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle risque un traitement inhumain de la part des autorités espagnoles et qu'elle n'a que sa sœur pour toute famille, qui réside en France.

Le préfet des Yvelines, représenté par Me Hafdi, a produit des pièces enregistrées le 17 septembre 2024.

Il doit être regardé comme soutenant que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour se prononcer sur les litiges mentionnés aux articles L. 776-1, L. 776-2,

L. 771-1 à L. 777-3 et R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 26 septembre 2024 en présence de M. Ileboudo, greffier :

- le rapport de Mme Gosselin, magistrat désigné ;

- les observations de Me Landais représentant Mme A non présente, en présence de M. C interprète, qui reprend les termes de la requête et soutient au surplus d'une part qu'il est impossible de connaître l'identité de la personne de la préfecture qui a interrogé Mme A et donc sa compétence et d'autre part que le dossier n'a pas fait l'objet d'un examen individuel dès lors que Mme A est régulièrement considérée grammaticalement comme un homme dans le compte rendu de cet entretien ;

- les observations de Me Hafdi qui reprend également le contenu des pièces produites, rappelle la jurisprudence du tribunal en matière de compétence et conclut au rejet de la requête.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, de nationalité mauritanienne, née le 2 mai 2000 à Tachott (Mauritanie), a déposé une demande d'asile le 12 juillet 2024 ; la consultation des données de l'unité centrale Eurodac lors de l'instruction de cette demande a révélé qu'elle a franchi irrégulièrement la frontière espagnole en venant d'un pays tiers et y a déjà demandé l'asile le 15 juin 2024. Les autorités espagnoles, saisies par le préfet des Yvelines le 23 juillet 2024 d'une demande de reprise en charge de l'intéressé ont donné leur accord implicite pour la réadmission de la requérante. Par arrêté du 4 septembre 2024, le préfet des Yvelines a décidé de remettre Mme A aux autorités espagnoles ; cette dernière demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le résumé de l'entretien individuel de Mme A s'est déroulé avec un agent qualifié de la préfecture, dès lors que ce document comporte le tampon de la préfecture et qu'aucun élément du dossier ne conduit à remettre en doute la qualification de cet agent. Dans ces conditions, les services du préfet des Yvelines, et en particulier les agents recevant les étrangers, doivent être regardés comme ayant la qualité, au sens de l'article 5 précité du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, de " personne qualifiée en vertu du droit national " pour mener l'entretien prévu à cet article. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier que les conditions dans lesquelles l'entretien s'est déroulé auraient privé Mme A de la possibilité de faire valoir toute observation utile ou n'auraient pas permis d'en assurer la confidentialité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne peut qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, la circonstance que l'agent rédacteur dudit résumé ait alternativement employé les pronoms personnels " il " et " elle " ne constitue qu'une erreur de plume et n'est pas de nature à indiquer un défaut d'examen dès lors qu'aucun élément figurant dans ce résumé n'est contesté par la requérante.

4. Enfin, Mme A soutient qu'elle n'a pour toute famille que sa sœur ainée qui réside en France. Toutefois, ces éléments, à les supposer établis, ne sont pas de nature à faire obstacle aux dispositions rappelées au point 4 ci-dessus.

5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Yvelines du 4 septembre 2024. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet des Yvelines.

Lu en audience publique le 2 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

C. Gosselin Le greffier,

Signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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