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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408590

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408590

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408590
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B A, qui contestait une saisie administrative à tiers détenteur émise pour le recouvrement d’une somme de 1 921 euros. La requête a été jugée manifestement irrecevable, car le requérant n’a pas produit l’acte attaqué malgré une demande de régularisation, en méconnaissance des articles R. 412-1 et R. 421-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, les moyens soulevés, relatifs à la régularité formelle des poursuites, relèvent de la compétence du juge de l’exécution en application de l’article L. 281 du livre des procédures fiscales, et non du tribunal administratif.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 octobre 2024, M. C B A demande au tribunal d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur émise le 5 septembre 2024 par la trésorerie de l'Essonne pour le paiement d'une somme de 1 921 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ". Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser ".

2. M. B A demande l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur émise par la trésorerie de l'Essonne " Amendes-Taxes Urb " pour le recouvrement de la somme de 1 921 euros, décision qui lui aurait été révélée par un courrier de son établissement bancaire du 6 septembre 2024 l'informant de l'existence de cet avis. Si le requérant soutient n'avoir jamais reçu le titre de perception correspondant et ne pas savoir à quoi correspond cette somme, il n'a, malgré la demande de régularisation qui lui a été adressée et dont il a accusé réception le 14 octobre 2024, produit ni l'acte qu'il conteste, alors qu'il s'agit d'une décision écrite et formalisée, ni justifié d'une démarche pour en obtenir communication auprès de la trésorerie de l'Essonne ou même de son établissement bancaire.

3. Au surplus, aux termes de l'article L.281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1' Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2' A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation de paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1°, devant le juge de l'exécution () ".

4. M. B A se borne à faire valoir qu'il n'a reçu aucun courrier préalable l'informant de l'existence de cette créance, ni lettre de relance qui lui aurait permis de la payer. De tels moyens, qui se rattachent à la régularité en la forme des poursuites, doivent être écartés comme portés devant une juridiction incompétente pour en connaître, en vertu des dispositions précitées de l'article L.281 du livre des procédures fiscales.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B A est manifestement irrecevable et peut être rejetée en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B A.

Fait à Versailles, le 30 décembre 2024.

Le président de la 5ème chambre,

Signé

F. Doré

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2308873

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