jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408867 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP SEBAN ET ASSOCIES |
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la justification par le demandeur de son inscription au rôle de la commune de Savigny-sur-Orge ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
1. Par un courrier du 2 juillet 2024, M. B D a demandé au maire de la commune de Savigny-sur-Orge d'engager une action en justice à l'encontre de M. C pour des faits de prise illégale d'intérêts et de soustraction de bien public. Par une décision implicite, la collectivité a rejeté cette demande. M. D demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 2132-5 du code général des collectivités territoriales, l'autorisation d'exercer cette action à ses risques et périls.
2. Aux termes de l'article L. 212-2 du code de justice administrative : " Les tribunaux administratifs se prononcent sur l'exercice, par les contribuables, des actions appartenant à certaines collectivités territoriales et à leurs établissements publics, dans les conditions fixées par le code général des collectivités territoriales ". Par ailleurs, l'article L. 2132-5 du code général des collectivités territoriales dispose que : " Tout contribuable inscrit au rôle de la commune a le droit d'exercer, tant en demande qu'en défense, à ses frais et risques, avec l'autorisation du tribunal administratif, les actions qu'il croit appartenir à la commune, et que celle-ci, préalablement appelée à en délibérer, a refusé ou négligé d'exercer ".
3. Lorsqu'il examine une demande présentée par un contribuable sur le fondement de ces dispositions, il appartient au tribunal administratif, statuant comme autorité administrative, de vérifier, sans se substituer au juge de l'action, et au vu des éléments qui lui sont fournis, que l'action envisagée présente un intérêt matériel suffisant pour la commune et qu'elle a une chance de succès. L'intérêt de la commune ne peut s'entendre que de ses intérêts matériels, à l'exclusion notamment de ses intérêts moraux.
4. Au cas particulier, M. D soutient qu'à l'occasion de l'instruction d'une précédente demande d'autorisation de plaider, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles sous le n°2308526, qui tendait à ce que M. D soit autorisé à exercer, au nom de la commune, une action en justice à l'encontre de M. C, maire de la commune pour la commission des délits de prise illégale d'intérêts et de soustraction de bien public du fait de l'utilisation irrégulière de véhicules municipaux, M. C a engagé une somme de 2 400 euros au nom de la commune correspondant aux honoraires d'un cabinet d'avocat ayant produit des observations en défense. M. D expose que, ce faisant, le maire a commis les infractions de soustraction de bien public et de prise illégale d'intérêts dès lors qu'il a personnellement engagé l'argent de la commune pour faire obstacle à ce qu'une autorisation de plaider puisse être obtenue par un contribuable contre lui.
5. Toutefois, eu égard au montant du budget communal primitif 2023 adopté par une délibération du conseil municipal de Savigny-sur-Orge du 30 mars 2023, qui s'élève à la somme de 72 926 000 euros, la somme de 2 400 euros sur laquelle porte l'autorisation de plaider présentée par M. D ne présente pas un intérêt matériel suffisant au sens de l'article L. 2132-5 du code général des collectivités territoriales.
6. En outre, la circonstance alléguée que la commune serait également fondée à solliciter le versement de dommages-intérêts de la personne du maire pour la commission de ces délits ne saurait, à elle seule, permettre que la plainte que M. D souhaite se voir autoriser à déposer en lieu et place de la commune soit regardée comme présentant un intérêt matériel suffisant pour cette dernière.
7. Par suite, la demande ne satisfaisant ainsi pas à l'une au moins des conditions auxquelles est subordonnée l'autorisation d'agir en justice en lieu et place de la commune, elle doit être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner si les autres conditions auxquelles cette autorisation est subordonnée sont remplies.
D E C I D E :
Article 1er : La demande de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B D, à la commune de Savigny-sur-Orge et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré le 12 décembre 2024 en formation administrative comprenant :
Mme Jeanne Sauvageot, présidente,
Mme Florence Lutz, première conseillère,
Mme Charlotte Degorce, première conseillère.
La présidente de la 1ère chambre
signé
J. SauvageotLa première conseillère,
signé
F. LutzLa première conseillère,
signé
Ch. Degorce
Cette décision du tribunal administratif statuant comme autorité administrative peut faire l'objet, en application de l'article R. 2132-3 du code général des collectivités territoriales, d'un pourvoi devant le Conseil d'Etat formé, à peine de déchéance, dans le mois qui suit sa notification.
N°2408867
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026