mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408912 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL YDES - LYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2024, le département de l'Essonne, représenté par Me Caron, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1°) de désigner un expert chargé de déterminer la cause des désordres ayant affecté les travaux de restructuration du collège Denis Diderot, situé au 56 ter rue de Longjumeau à Massy (91300) ;
2°) d'ordonner à l'expert de déposer un pré-rapport ;
3°) de réserver les dépens et notamment les frais d'expertise.
Il soutient que :
-le 12 juin 2018, le département a confié un marché public de maitrise d'œuvre à un groupement de société composé des sociétés Alterea et Equateur Architecture, en vue d'exécuter les travaux de restructuration du collège Denis Diderot ;
-les travaux sont aujourd'hui interrompues en raison de plusieurs séries de désordres : des fuites sont apparues et de l'amiante a été découverte en toiture ayant fait naitre un désaccord sur la société responsable ; des défauts non résorbés sont apparues sur la façade extérieure des bâtiments ; les volets roulants en aluminium dysfonctionnent sans qu'il y ait un accord sur la source du problème ; les revêtements de sol sont affectés d'importants défauts ;
-l'expertise est utile afin d'établir contradictoirement l'origine de ces désordres et d'exercer des actions contentieuses ultérieureurment.
La requête a été communiqué aux sociétés Essonne Amenagement, Equateur Architecture, Alterea, AC Environnement, MN Environnement, Hanny, Sogefi, BTP Consultants, Mutuelle des architectes français, QBE Europe SA/NV et AXA France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2024, la société BTP Consultants et la société Equateur Architecture, représentées par Me Malardé), formulent leurs protestations et réserves d'usage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, M. Jauffret, premier conseiller, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à la désignation d'un expert :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de ces dispositions doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
2. L'expertise demandée par le département de l'Essonne vise à déterminer la nature et les causes de désordres apparus dans le cadre des travaux de restructuration du collège Denis Diderot, situé au 56 ter rue de Longjumeau à Massy (91300), et consistant en l'apparition de fuites en toiture et l'apparition tardive d'amiante en toiture du bâtiment B et potentiellement du bâtiment C, des défauts non résorbés affectant les façades extérieures des bâtiments B et C, le fonctionnement des volets roulants et des désordres affectant les revêtements de sols, de déterminer la nature et les coûts des travaux qui sont nécessaires pour remédier à ces désordres, et de chiffrer les préjudices qu'il a subis. La mesure sollicitée présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à la demande du département de l'Essonne et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1 de la présente ordonnance.
Sur les conclusions tendant au dépôt d'un pré-rapport :
4. Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de la mesure qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du caractère contradictoire de la procédure. L'établissement d'un pré-rapport ne constitue qu'une modalité opérationnelle de l'expertise. Il appartient donc à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Les conclusions de la requête tendant à ce que l'expert dépose un pré-rapport, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux dépens :
5. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il n'appartient pas au juge des référés de réserver les dépens de la mesure d'expertise qu'il ordonne. Par suite, les conclusions relatives à la réserve des dépens ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er : M. B A, domicilié à NTU-Consult 26, rue Yves le Coz à Versailles (78000) est désigné en qualité d'expert.
Il aura pour mission de :
1°) se faire remettre tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission et entendre tous sachants ;
2°) se rendre sur les lieux, après avoir convoqué les parties, et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres mentionnés dans la requête, affectant le collège Denis Diderot, situé au 56 ter rue de Longjumeau à Massy ;
3°) préciser l'étendue et les conséquences des désordres constatés ; réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination ;
4°) donner un avis motivé sur les causes et origines de chaque désordre et malfaçons, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
5°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier aux désordres, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ; prévoir la durée des travaux et en chiffrer le coût, sur la base de devis communiqués par les parties à l'expertise ;
6°) préconiser, le cas échéant, les mesures d'urgence provisoires à mettre en œuvre afin d'éviter, pendant les opérations d'expertise, une aggravation des désordres ;
7°) fournir tous éléments techniques et de fait permettant à la juridiction du fond ultérieurement saisie de se prononcer sur les responsabilités et imputabilités respectives des parties, sur les dommages matériels et sur les préjudices subis.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : L'expertise aura lieu en présence des sociétés Essonne Amenagement, Equateur Architecture, Alterea, AC Environnement, MN Environnement, Hanny, Sogefi, BTP Consultants, Mutuelle des architectes français, QBE Europe SA/NV et AXA France.
Article 4 : L'expert avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe par voie électronique, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 du code de justice administrative, dans un délai de 6 mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de son état de vacations, frais et honoraires. Des copies du rapport seront notifiées aux parties intéressées par l'expert et, avec leur accord, par voie électronique dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée au président du conseil départemental de l'Essonne, aux sociétés Essonne Amenagement, Equateur Architecture, Alterea, AC Environnement, MN Environnement, Hanny, Sogefi, BTP Consultants, Mutuelle des architectes français, QBE Europe SA/NV et AXA France et M. B A, expert.
Fait à Versailles, le 3 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Jauffret
La République mandate et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies à droit commun, contre les parties privées, à pourvoir à l'exécution à la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026