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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2500456

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2500456

jeudi 23 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2500456
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantONILLON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2025, M. C A, maintenu au centre de rétention administrative de Palaiseau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2025 par lequel le préfet du Val d'Oise l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente, a été prise en violation de son droit à être entendu, est insuffisamment motivée, a méconnu son droit à mener une vie privée et familiale normale et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car il réside de manière stable chez son employeur et travaille de manière déclarée, qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public, n'ayant pas pris part au vol de carburant qui lui est reproché ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale pour les mêmes motifs que l'obligation de quitter le territoire français et est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire a été signée par une personne incompétente, est insuffisamment motivée, est illégale car fondée sur une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français illégale, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français a été signée par une personne incompétente, est insuffisamment motivée, est illégale car fondée sur une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français illégale, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Par un mémoire, enregistré le 22 janvier 2025, le préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme D, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 janvier 2025, qui s'est tenue en présence de M. Rion, greffier :

- le rapport de Mme D,

- les observations de Me Onillon, avocate commise d'office représentant M. A, assisté de M. B, interprète en langue moldave, qui indique renoncer expressément aux moyens de légalité externe et n'invoquer que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation à l'encontre du refus de délai de départ volontaire, car il a remis aux autorités son passeport moldave, et qu'il est titulaire d'une carte d'identité roumaine, qui est chez un ami, et, à l'encontre de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français, le moyen tiré de la disproportion de cette décision, car il ne représente aucune menace pour l'ordre public, qu'il avait un logement et a fait le nécessaire pour s'intégrer en France ;

- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent, ni représenté ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Entrée sur le territoire français en 2020 selon ses déclarations, M. A, né le 4 août 1991 à Chisinau (Moldavie), demande l'annulation de l'arrêté en date du 15 janvier 2025 par lequel le préfet du Val d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

2. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; //".

3. D'une part, le requérant, qui a été interpellé en placé en garde à vue pour des faits de vol de carburant en réunion, représente une menace pour l'ordre public. D'autre part, n'ayant pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et ne justifiant pas travailler régulièrement en France sous couvert d'une autorisation de travail, il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Le préfet était ainsi fondé à refuser d'assortir l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est maintenu sur le territoire français en situation irrégulière et n'a pas accompli de démarches pour obtenir un titre de séjour. En outre, il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement en date du 12 octobre 2021 prise par le préfet de la Seine-et-Marne. Ainsi, en prononçant à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an le préfet du Val d'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Val d'Oise.

Lu en audience publique le 23 janvier 2025.

La magistrate désignée,

signé

Ch. D Le greffier,

signé

T. Rion

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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