Le Tribunal administratif de Versailles rejette par ordonnance la requête de Mme B... visant à enjoindre à la préfète de l'Essonne de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour. La juridiction estime que les conclusions, qui se bornent à une demande d'injonction et à un examen des manquements, sont manifestement irrecevables. Elle rappelle, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, que le juge ne peut se substituer à l'administration ou lui adresser des injonctions en dehors des cas prévus par la loi, notamment lors d'une demande d'annulation.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2025, Mme A... B... demandeau tribunal :
1°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour dans les plus brefs délais ;
2°) d’examiner les manquements de la préfète de l’Essonne à ses obligations légales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
En vertu des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative les présidents de tribunal administratif peuvent rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser.
En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n’appartient pas à la juridiction administrative d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins que l’annulation d’une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d’une personne publique à verser une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d’administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l’annulation d’un acte administratif prononcée à titre principal.
En se bornant à adresser au tribunal des conclusions à fin d’injonction et à fin d’examen « des manquements de la préfecture à ses obligations légales concernant le traitement des demandes administratives », Mme B... ne soumet au juge, qui ne peut faire œuvre d’administrateur et se substituer à l’administration, aucune conclusion à fin d’annulation ou de condamnation. De telles conclusions sont manifestement irrecevables. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Copie en sera transmise pour information à la préfète de l’Essonne.
Fait à Versailles, le 13 février 2026.
La présidente,
J. Grand d’Esnon
La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.