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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2601408

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2601408

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2601408
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSIMON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'une décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge estime que la requérante, qui a séjourné irrégulièrement en France pendant près de quatre ans avant de déposer sa demande, ne justifie pas de l'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. La requête est donc rejetée en application de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il soit besoin d'examiner le sérieux du moyen de légalité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 février 2026, Mme B... A..., représentée par Me Simon, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite née du silence gardé par le préfet des Yvelines sur sa demande de délivrance de titre de séjour, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de la convoquer et d’enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Simon en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l’Etat.

Vu :
- la requête enregistrée le 30 janvier 2026 sous le n° 2601279 par laquelle Mme A... demande l’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., ressortissante mauritanienne née le 12 janvier 1999 à Bagodine, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour, le 10 juin 2025. Elle a été convoquée au guichet de la préfecture des Yvelines le 7 janvier 2026. Toutefois, l’agent au guichet a refusé d’enregistrer sa demande au motif que son dossier était incomplet. Par la présente requête, Mme A... demande au juge des référés la suspension de l’exécution de cette décision.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Pour justifier de l’urgence, Mme A... soutient qu’elle est confrontée à l’impossibilité de faire enregistrer sa demande de titre de séjour et qu’elle se trouve privée de toute possibilité de régulariser sa situation alors que, exerçant un métier en tension depuis près de trois ans, elle est bien fondée à solliciter un titre de séjour. Toutefois, il résulte de l’instruction qu’elle est entrée sur le territoire français en octobre 2021 sous couvert d’un visa de court séjour et qu’elle s’y est maintenue irrégulièrement sans solliciter la délivrance d’un titre de séjour avant le 10 juin 2025, soit pendant près de quatre ans. Dans ces conditions, Mme A... ne justifie pas, comme il lui incombe de le faire, de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente du jugement statuant sur sa requête à fin d’annulation de la décision du 7 janvier 2025. Il s’ensuit que la condition d’urgence posée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée, en l’état de l’instruction, comme remplie.

5. L’une des deux conditions prévues par l’article L. 521-1 du code de justice n’étant pas remplie, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A... en toutes ses conclusions, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu’il y ait lieu, en l’absence d’urgence, de l’admettre à l’aide juridictionnelle provisoire.


O R D O N N E :

Article 1er : Mme A... est admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Versailles, le 16 février 2026.


La juge des référés,



Ch. Degorce


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.




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