Le Tribunal Administratif de Versailles, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'une saisie bancaire. Le requérant n'a pas démontré l'urgence de la situation ni soulevé un doute sérieux sur la légalité de la décision de saisie. La juridiction applique les articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative pour motiver son rejet.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 février 2026, M. B... A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension immédiate de la saisie de 566,89 euros sur son compte bancaire ;
2°) d’enjoindre au trésor public de notifier la levée de saisie à sa banque ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2601109 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Maitre pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
A l’appui de sa requête tendant à ce que soit suspendu l’exécution d’une saisie pratiquée sur son compte bancaire par le trésor public, M. A... ne justifie pas de ce que cette décision, qui au demeurant n’est pas produite par le requérant, est susceptible de lui causer un préjudice grave et immédiat de nature à caractériser une situation d’urgence ni ne soulève de moyen propre à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
Par suite, la requête, qui ne répond à aucune des conditions posées par l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être que rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Versailles, le 9 février 2026.
Le juge des référés,
B. Maitre
La République mande et ordonne au ministre de l’économie et des finances en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.