Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé-liberté, rejette la demande d'une ressortissante algérienne visant à enjoindre la préfecture de traiter sans délai sa demande de renouvellement de carte de séjour et de lui délivrer un titre provisoire. Le juge estime que la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas remplie, l'intéressée ne justifiant pas d'une menace concrète et imminente sur son emploi dans un délai de quarante-huit heures. La requête est donc rejetée en application de l'article L. 522-3 du même code, sans instruction ni audience.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 février 2026, Mme B... A... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative d’enjoindre à la préfecture des Yvelines de procéder sans délai au traitement de sa demande et de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou tout document provisoire lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et de son droit au travail, sous astreinte si nécessaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... A..., ressortissante algérienne, née le 22 mai 1986 à Tizi-Ouzou, est titulaire d’une carte de résident qui a expiré le 4 octobre 2025. A la suite d’un blocage sur la plateforme de l’administration numérique des étrangers en France (ANEF), elle n’a pu déposer une demande renouvellement de sa carte de résident que le 5 janvier 2026. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de procéder sans délai au traitement de sa demande et de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou tout document provisoire lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et de son droit au travail
2. D’une part, aux termes des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». D’autre part, en vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. La condition d’urgence posée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative s’apprécie objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement de ces dispositions doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.
4. Pour justifier de l’urgence, Mme A... soutient que faute d’avoir produit une attestation de prolongation d’instruction avant le 13 février 2026, son employeur risque de rompre son contrat de travail. Toutefois, elle ne produit aucun document de nature à démontrer que son employeur aurait entamé à son encontre, de manière effective et concrète, une procédure de suspension ou de rupture de son contrat de travail, ni même qu’une telle procédure serait susceptible d’être engagée de manière effective dans les prochaines quarante-huit heures. Dans ces conditions, et alors que Mme A... peut, si elle s’y estime fondée, saisir le juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative afin qu’il soit enjoint au préfet des Yvelines de lui délivrer une autorisation de prolongation d’instruction, elle ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant une situation d’urgence impliquant qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.
5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de faire application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de Mme A....
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Versailles, le 16 février 2026.
La juge des référés,
Ch. Degorce
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.